RENCONTRE AVEC

Yannick Hoffert : principal acteur du théâtre universitaire lorrain

Publié by on 11:38 in CULTURE, Rencontres | 0 comments

Yannick Hoffert : principal acteur du théâtre universitaire lorrain

Université et théâtre sont réunis à Nancy. Yannick Hoffert, responsable de diplôme et fervent défenseur de cet art,  met tout en œuvre pour faire découvrir sa passion aux étudiants, à l’échelle universitaire. (suite…)

Damien Colombo : "Se rendre indispensable"

Publié by on 11:33 in Médias, Rencontres | 0 comments

Damien Colombo : "Se rendre indispensable"

Damien Colombo, 27 ans, est animateur sur France Bleu Lorraine Nord. Il se confie sur sa fonction au sein de la radio régionale.

(suite…)

Damien Colombo, animateur polyvalent

Publié by on 10:44 in Rencontres | 0 comments

Damien Colombo, animateur polyvalent

À 27 ans, Damien Colombo a déjà 11 ans de radio à son actif, dans le milieu associatif et professionnel. Animateur football et remplaçant sur France Bleu, à Metz, il apprécie la polyvalence de sa fonction.

(suite…)

Mettre du coeur à l'ouvrage

Publié by on 12:44 in CULTURE, Rencontres | 0 comments

Mettre du coeur à l'ouvrage

Maxime Coeur a 24 ans. Il a entrepris il y a 3 ans un projet. Monter sa marque. Le concept ? Récupérer de vieilles planches de skate et en faire des créations originales. Depuis, le projet a grandi, Maxime n’officie plus dans un garage, comme à ses débuts, mais dans un véritable atelier, au coeur de l’ancien entrepôt de bus des TCRM (transports en commun de la région messine, devenu METTIS) à Metz-Blida

 

 Qu’est ce qui t’a poussé à entreprendre un tel projet ?

“ Après un CAP en menuiserie je me suis retrouvé pendant 2 ans au chômage. Et depuis longtemps j’avais envie de créer quelque chose, seulement je ne savais pas exactement quoi. Alors j’ai réfléchi. J’étais un passionné de skateboard -je le suis encore d’ailleurs -et d’art. La protection de l’environnement et le recyclage étaient des sujets importants à mes yeux également. Au début, je voulais créer une marque de skate et à ce moment j’avais seulement en tête le côté marketing. Je me suis alors dit que je savais travailler le bois, et selon moi c’était dommage de passer à côté de ça. Alors j’ai allié mes 3 passions qui sont le skate, l’art et l’écologie en une seule. De plus, pendant mes années de chômage, j’ai beaucoup voyagé, essentiellement pour skater mais aussi pour m’inspirer et prendre des idées, à droite à gauche.

Justement, quel a été le vrai déclic pour toi ?

Le déclic a certainement était le moment où j’ai découvert Haroshi, un artiste japonais qui réutilisait déjà, à l’époque, de vieilles planches pour en faire des sculptures. Moi, je suis plutôt un artisan. Mais c’est vrai qu’il m’a beaucoup inspiré. Au début je faisais des "cruiser" (tout premiers skateboard datant des 70’s) puis j’ai poussé le concept en récupérant des "board" cassées pour créer des porte-clés, des lunettes. Maintenant j’en fais aussi des coques pour smartphones. Et ça a plu aux gens, j’ai gagné des concours, collaboré avec des festivals au Luxembourg sur l’art urbain. On peut dire que c’est le Luxembourg qui m’a fait connaitre, du moins en parti.

Vidéo de présentation de la marque "Organ Skateboard" par FenschToast

Comment as-tu appris ce métier ?

On ne peut pas vraiment dire que j’ai appris ce que je fais aujourd’hui. En tout cas, ça n’est pas l’école qui me l’a enseigné. Je suis ce qu’on appelle un autodidacte. Je pense que l’on n’apprend pas à créer. J’ai vraiment appris au fur et à mesure des rencontres que je faisais. J’ai rencontré des infographistes et des designers qui m’ont bien aidés. Après avoir gagné des concours comme “Envie d’agir” l’AFP (Agence France Presse) s’est intéressé à moi. Il y aujourd’hui à peu près 300 articles dans le monde entier qui parlent de ce que je fais. Et puis avec les festivals, j’ai approché des artistes avec qui j’ai collaboré par la suite. A ce moment là j’avais déjà mon noyau dur, c’est à dire le skate, l’écologie et le bois. Maintenant, mon projet s’exporte à l’étranger, aux Etats-Unis, en Australie, en Europe…

Est-ce que tu avais imaginé ça, quand tu étais dans ton garage au tout début ?

 Non pas du tout. J’ai vraiment laissé les choses se faire, c’est venu comme ça. Je n’avais rien imaginé. Je faisais les choses comme je les sentais en fait ! Je ne pensais pas que ça allait prendre une telle ampleur, ni que les gens adhèreraient si rapidement. J’ai remarqué qu’en réalité chaque personne t’amène à une autre. Aujourd’hui, des élus viennent me voir, alors qu’avant ils se fichaient du skate ! Des magasins achètent même mes créations. Au départ, c’était vraiment pas calculé, et c’est d’autant plus valorisant. Au début je n’avais vraiment rien, même pas d’argent de côté sur mon compte. J’ai commencé dans un garage qu’un retraité a bien voulu me prêter. C’est pourquoi il faut être motivé et croire en soi.

 Qu’est ce qui te plait le plus dans ce que tu fais ?

Créer, pouvoir évoluer et grandir avec mon projet. J’aimerais sensibiliser les jeunes à l’écologie et au recyclage aussi. Pouvoir faire parti du monde de l’art me plait également. Quand on m’a appelé pour participer à un projet au centre Georges Pompidou (à Metz) j’ai halluciné ! L’aspect commercial m’intéresse, mais attention je ne coure pas après l’argent. C’est juste un défi, on ne s’improvise pas chef d’entreprise comme ça.. je suis conscient de ce qui m'arrive.  Passer de rien à tout. Du chômage, à bosser de 8h à 22h c'est ça le plus excitant !

Comment tu envisages la suite ?

Je me vois encore créer, encore produire, rencontrer des gens, enchainer les projets, bosser avec des associations. On ne devient pas comptable, communiquant ou patron du jour au lendemain. Il faut être aidé, ne pas faire d’erreur. J’ai toujours pris des précautions, toujours réfléchi. Bien sur j’ai pris des risques mais je pense aux éventualités maintenant, si c’est possible. Après, je skaterai toujours, ça c’est sur. Ca reste un plaisir, avant tout.”

Etienne Petitjean : "Mon handicap n'a jamais été un frein"

Publié by on 19:25 in Rencontres | 0 comments

Etienne Petitjean : "Mon handicap n'a jamais été un frein"

Étienne Petitjean est atteint d'une forme rare de myopathie. Une maladie génétique qui ne l'a pas empêché de réaliser sa passion. Aujourd'hui, il est responsable informatique du laboratoire de l'ATILF (analyse et traitement informatique de la langue française) à Nancy et vit comme "Monsieur tout le monde".

étienne Petitjean

À 44 ans, Étienne Petitjean valorise ses compétences et fait oublier son handicap. (Crédit photo : Marine Prodhon)

 

"Je n'ai pas pu partir aux USA, travailler dans la Silicon Valley", remarque avec le sourire, Etienne Petitjean. Un de ses rêves d'adolescent, un peu insouciant. Le quadragénaire n'aura pas laissé tomber sa passion pour autant. Après un baccalauréat B (économique et social), passionné d'informatique il crée sa propre entreprise avec une bande d'amis ! Une société consacrée à la conception de jeux vidéo, qui résistera six ans avant de tomber sous le poids économique. "Désormais je ne les confectionne plus, mais j'aime encore y jouer" souligne Etienne Petitjean.

Suite à cette expérience, il  travaille un an dans un laboratoire de recherche public en informatique et se réoriente en DUT informatique. En complément, il prend des cours du soir au conservatoire national des arts et métiers (CNAM), avec lesquels il  obtient le Graal : son diplôme d'ingénieur.

Un parcours impressionnant ! D'autant plus, lorsque l'on sait que ce même homme souffre d'une maladie génétique de dégénérescence musculaire. Un handicap qui ne lui a jamais porté préjudice dans son travail. "Mon handicap n'a jamais été un frein dans ma vie professionnelle" explique-t-il. Pour lui, il induit pourtant de s'adapter quotidiennement aux évolutions et d'anticiper les choses. Un problème s'est d'ailleurs posé lors de son recrutement sur concours pour son poste actuel. En 2003, le bâtiment ne disposait pas d'ascenseur, le CNRS en a donc fait installer un et a anticipé dans un même temps la loi sur l'accessibilité (2005).
Étienne Petitjean dispose de sa propre voiture qu'il utilise pour les loisirs. La semaine, il se rend au travail  avec le service de transport GIHP (groupement pour l'insertion des personnes handicapées), du réseau STAN, une manière pour lui de se sentir "comme monsieur tout le monde".

Loisirs et accompagnement

Étienne Petitjean compte d'autres passions que l'informatique.  C'est un fervent consommateurs de sport, collectif surtout (football, basketball, …) classique ou handisport. Il aime écouter de la musique à ses heures perdues, mais regrette de ne pouvoir en jouer du fait de son handicap. "Si j'avais pu jouer d'un instrument, j'aurais sûrement choisi la guitare électrique" affirme-t-il.

Ce responsable donne de son temps, dès qu'il le peut à un foyer d'hébergement pour travailleurs handicapés.  Il en est l'administrateur et le trésorier. Une vingtaine de personnes (soignants plus l'équipe de direction) est employée dans l'établissement. Ce système facilite la vie des étudiants en situation de handicap car ils bénéficient notamment d'accompagnement pendant les cours. "J'ai utilisé moi-même ce service quand j'étais étudiant en IUT, je pense que c'est bien de redonner du temps à quelque chose dont on a pu bénéficier" s'explique Étienne Petitjean.
À ses étudiants, craignant pour leur avenir vu le taux de chômage deux fois plus important qui touche les personnes handicapées, Etienne Petitjean a envie de dire : "Qui ne tente rien n'a rien, soyez meilleurs que les autres, montrez que la compétence professionnelle dépasse le handicap, soyez volontaire et ayez la niaque, c'est plus important que jamais".

Christophe Gomes : « Il y a un côté sauvage et animal dans le cinéma »

Publié by on 14:29 in Rencontres | 0 comments

Christophe Gomes : « Il y a un côté sauvage et animal dans le cinéma »

A 24 ans, Christophe Gomes, acteur-réalisateur dijonnais, affiche déjà une belle filmographie. Des projets plein la tête, le jeune artiste révèle une ambition à toute épreuve. Entre deux tournages, il raconte son parcours, ses envies et les obstacles qui ont jalonné sa carrière.

Crédit photo : Christian Pitot

Crédit photo : Christian Pitot

Quand et comment as-tu su que le métier d’acteur/réalisateur était fait pour toi ?

« J’ai toujours été attiré par le domaine artistique, surtout le cinéma. Déjà tout petit, je disais à ma mère ce qu’elle devait filmer pour les souvenirs de vacances avec la caméra familiale ! Je faisais toujours le spectacle. À 9 ans, j’ai commencé à faire du théâtre. À cette époque, je ne connaissais pas le métier de réalisateur. À mon adolescence, j’ai rencontré des membres d’une association regroupant des  passionnés de cinéma à Fontaine les Dijon qui m’ont beaucoup aidé. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’occasion de faire mes premiers pas derrière la caméra : j’ai adoré ça. Grâce à eux, j’ai réalisé un court métrage à 15 ans. Il y a un côté très sentimentale à construire un film. On défend un projet qui nous tient à cœur, c’est un peu comme un bébé qu’on va mettre au monde. Et en même temps, ça nous solidifie car on sait que des projets peuvent rester à l’état de projet. Il y a un vrai challenge quand on est réalisateur, et ce côté me plait. Je n’aime pas la monotonie, je ne me lasse pas de construire chaque année quelque chose. »

Comment ton entourage a réagi lorsque tu lui as annoncé vouloir faire un métier artistique ?

« Au début dans leur tête c’était plutôt un rêve de gamin. Quand on a 8 ans, les garçons veulent tous être des super héros, les petites filles des princesses et moi je voulais faire du cinéma. C’est sûr que c’est plus envisageable que d’être princesse ou cosmonaute ! Mais on voit toujours ce métier comme étant très dur d’accès donc forcément mes parents n’y croyaient pas trop. Mon père m’imaginait devenir chirurgien tandis que je faisais déjà des vidéos montages. Je reprenais des séries à la  télé et je les filmais à ma façon avec des amis du quartier. Le jour où j’ai fait mon premier court métrage, leur vision des choses a changée et ils m’ont laissé faire mes choix. »

Tu as réussi à percer dans un milieu complexe, comment t’es-tu démarqué ?

« Je pense que c’est un milieu où il faut toujours se battre et surtout avoir une aisance relationnelle avec les gens pour réussir à réunir du monde autour de soi. Le fait d’avoir tout ça, du culot, et un jeune âge, je pense que ça a donné envie aux gens de m’aider. À partir du moment où l’on commence à faire une chose, on rencontre d’autres personnes, et de nouveaux projets  voient le jour … »

Préfères-tu être devant ou derrière la caméra ?

« Ce sont deux métiers très différents mais je pense qu’en tant que comédien, pour comprendre un réalisateur, il faut avoir réalisé, et inversement. Ces deux métiers apportent des choses vraiment différentes. J’aime jouer, car ça me permet d’être sur plein de projets différents, de rencontrer plein de gens et d’apprendre beaucoup de choses en peu de temps. Quand on réalise, on s’investit sur un seul et même projet pendant plusieurs années. À terme, je souhaite uniquement réaliser, mais tant que des réalisateurs me proposeront de travailler pour eux en tant que comédien, je ne refuserai pas. »

Sur quel(s) projet(s) travailles-tu actuellement ?

« J’ai de beaux projets qui sortent comme le court-métrage « Mecs Meufs  », réalisé par Liam Engle, dans lequel j’ai un second rôle. Il a été nommé dans 20 festivals et a déjà reçu pas mal de prix.
J’ai aussi un second rôle dans le film « Un seul corps » de Sotiris Dounoukos. Il vient tout juste de sortir mais a déjà reçu le prix du meilleur court métrage à Toronto en septembre dernier. Il est actuellement diffusé un peu partout dans des festivals : en Suisse, en Suède, en Grèce, au Brésil, en Australie… J’étais très content de le présenter dans ma ville natale, à Dijon, en octobre dernier. Il sera diffusé sur paris en début d’année 2015.
J’ai également fait une apparition dans « Stripes App », le court métrage d’un ami, Tibo Pinsard, qui a monté une jeune boite de production prometteuse : « Darrowan Prod ».
J’ai aussi enfilé une perruque et un costume du 18e siècle pour un téléfilm qui sera diffusé sur Arte. C’est un docu fiction sur la vie de Elisabeth Vigée-Le brun. Nous avons tourné le teaser, le tournage du film se fera quant à lui à partir de février prochain.
Je viens également de signer un rôle assez important dans une série policière, « Paris va Bien », réalisée par Valentin Pittard. On a commencé le tournage mi-novembre pour le premier épisode de la première saison.
Coté réalisation, j’écris un court métrage sur la vie d’une artiste d’art brut. Après avoir visité grâce à des gens merveilleux qui m’entourent à Paris, dont un jeune artiste qui prépare son nouveau livre d’art en ce moment : Sebastien Desplat, des lieux uniques, des musées d’art brut, des conservatoires, j’ai eu une grande facilité d’inspiration pour écrire cette histoire. L’écriture n’est pas totalement finie, mais j’en suis très content. C’est une histoire qui me tient à cœur et que j’aimerais tourner en Bourgogne. C’est en visitant la Fabuloserie dans l’Yonne que j’ai été touché par ces artistes d’art brut qui font des choses sans prétention, sans désir d’être un artiste, mais qui le deviendront. La plupart font des choses pour occuper leur temps, pour extérioriser une souffrance. Finalement je m’y retrouve dans cette histoire, j’ai traversé des moments douloureux dans ma jeune carrière. Depuis 2 ans, je me bats pour qu’un long métrage dans lequel j’ai tourné voit le jour car une personne bloque la finalisation. Peut-être que j’ai envie d’extérioriser tout ça en créant un nouveau film qui parle plus ou moins de ce sujet… »

Du haut de tes 24 ans tu affiches déjà un beau parcours, quels sont tes objectifs ?

« C’est dur de voir à long terme dans ce métier. Idéalement j’aimerais réaliser plein de films et monter une boite de production. Pour ça, l’année prochaine je commencerai une formation pour solidifier mes connaissances au niveau juridique et administratif. Je ne sais pas encore si je monterai ma propre boite tout de suite ou si j’attendrai un peu. J’ai besoin de m’entourer, de rencontrer, d’apprendre, et c’est justement un métier où l’on apprend tous les jours. On ne sait pas toujours où aller, c’est impossible de se projeter dans ce domaine : un jour tu brilles et le lendemain on t’oublie. Il faut savoir bien s’entourer de personnes qui savent par où il faut passer pour arriver où on veut, pas des amateurs. C’est important de savoir se battre et d’être ambitieux pour réussir, c’est d’autant plus important de s’entourer de gens qui ont ce même état d’esprit. Il y a un côté sauvage et animal où il faut te battre pour vivre, pour manger, chose que tu n’as pas en tant qu’amateur. Ces gens ne vivent pas grâce au cinéma, ils sont passionnés mais ne miseront jamais sur de gros projets. »

 

 

Sarah Belnez

Germain-Hervé Mbia Yebega : des frontières à effacer

Publié by on 08:54 in CULTURE, Rencontres | 0 comments

Germain-Hervé Mbia Yebega : des frontières à effacer

Administrateur de l'Alliance francophone et chercheur à l'Observatoire politique et stratégique de l’Afrique de l'Université de la Sorbonne à Paris, Germain-Hervé Mbia Yebega est un témoin privilégié des relations inter-médias entre l'Afrique et la France. Il plaide pour des liens renforcés à la fois entre les médias d'Afrique et avec la presse française.

(Crédit Photo : Matthias Manceaux)

Germain-Hervé Mbia Yebega, membre du conseil d'administration d'Alliance Francophone. Crédit Photo : Matthias Manceaux

En quoi consiste votre travail d'administrateur de l'Alliance francophone ?

L'alliance francophone est une association, un groupement de personnes qui consiste à promouvoir les valeurs humanistes francophones de progrès, de démocratie, des droits de l'homme, des droits de la femme… Je fais partie de son conseil d'administration et je suis conseiller spécial de son président, Jean Guion.

Les médias français peuvent-ils s'implanter durablement en Afrique ?

C'est toute la question ! Notre opérateur historique est RFI (Radio France Internationale) mais deux opérateurs français veulent s'installer : Le Monde et France Culture. Ils ont déjà exprimé leurs projets pour l'Afrique. Même si France Culture a un point d'ancrage plus important, la presse française a du mal à déterminer une politique éditoriale en Afrique. Aucun de ces deux médias ne sont en mesure de dire qu'ils connaissent le terrain africain.

Le projet d'une version africaine du journal Le Monde vous apparaît-il comme une bonne ou une mauvaise chose pour la presse quotidienne d'Afrique ?

Tout va dépendre du contenu et de l'accessibilité de l'information ! C'est ce même contenu qui va déterminer la place qu'aura ce média dans la presse. Mais pour l'instant, ce n'est qu'un projet, il n'y a rien de définitif.

Croyez-vous, comme Jean Guion l'évoquait lors de la conférence, à une expansion mondiale de la langue française grâce à une coopération transcontinentale ?

La question est de savoir quel projet nous allons avoir et comment nous allons mobiliser nos ressources. Si on veut que la langue française se développe, il faut que tout le monde se donne les moyens de développer la langue française en Afrique. L'Afrique est et sera l'aire géographique qui comprendra le plus de francophones dans le monde. Si la langue française est amenée à évoluer, on ne pourra pas ignorer le continent africain ! Pour cela, tous les moyens doivent être pris. On a le cas au Burkina Faso et au Niger où les propriétaires des médias de ces pays sont déjà en interaction. C'est justement ce type de mobilisation des moyens qui permettra une meilleure coopération entre les différents pays africains.

Les centres de production des programmes télévisuels destinés à l'Afrique sont en général basés dans des pays anglophones. Quelle stratégie adopter pour les productions francophones ?

L'URTNA (l'Union des Radios et Télévisions Nationales d'Afrique) a été créée dans cette optique. C'est une association qui regroupe des médias francophones et africains ayant des projets communs. On fonde beaucoup d'espoirs sur cette organisation pour que cette coopération fonctionne mieux.

"Encore un combat à mener"

Publié by on 11:38 in Médias, Rencontres | 0 comments

"Encore un combat à mener"

Lors de la conférence "Quelle place pour les femmes dans les médias ?", Ruth Elkrief était présente aux Assises du Journalisme 2014. La journaliste du 19h sur BFM TV est intervenue sur un sujet qui la touche particulièrement. 

Ruth Elkrief

Ruth Elkrief lors de la table ronde "Quelle place pour les femmes dans les médias ?" aux Assises du journalisme 2014.

Quels sont les avantages et les inconvénients d'être une femme journaliste dans le monde politique ?

Ça a un certain avantage : je n'ai jamais ressenti d'inconvénient. Je l'ai plutôt bien vécu depuis que je suis jeune, grâce à Michelle Cotta, à Christine Ockrent, et d'autres. Ces femmes ont conquis leur place, elles sont légitimes depuis longtemps. En revanche, comme dans toute relation humaine, il y a de la séduction. Il faut être très attentive dans les rapports avec les hommes politiques et avec le pouvoir. Il est nécessaire, en tant que journaliste, de garder une distance pour accomplir le meilleur travail possible.

Vous est-il arrivé de subir une remarque sexiste lors de votre carrière ?

Je peux toujours vous raconter un épisode avec Philippe Séguin, que j'aimais beaucoup. Il était président de l'Assemblée nationale à l'époque. Il m'avait dit : "Moi, je n'écoute pas ce que vous dites, je regarde." Je travaillais à TF1 à ce moment-là. Je ne l'ai pas très bien pris, mais ça restait gentil. Globalement nous avons, tout de même, fait notre trou en tant que journalistes.

Quelle est votre plus grande victoire en tant que journaliste ?

Les interviews que j'ai réussi à réaliser. Il y a de grands moments qui, à l'instant T, comptent énormément. Même si dans l'histoire, ces interviews ne restent pas aussi importantes. J'ai interrogé François Mitterrand en 1992, je venais de commencer. Depuis ces dernières années, je reçois à peu près tous les ténors de la politique sur mon plateau. Le dernier grand moment, c'était Jérôme Lavrilleux qui s'est effondré en larmes sur mon plateau en pleine affaire Bygmalion. C'est un ensemble de grands souvenirs pour résumer.

Justement, comment avez-vous appréhendé l'interview d'Eric Zemmour il y a dix jours, lorsqu'il dénonçait la féminisation de la société ?

Je l'ai conduit sur ce terrain, je l'ai fait exprès, bien entendu. Pour moi, sa position est totalement inacceptable. Globalement, je l'ai interrogé sur deux sujets qui m'interpellaient : une forme de réhabilitation de Pétain et la dénonciation de la féminisation de la société, qui serait synonyme, pour lui, de décadence. De mon point de vue, ces propos ne sont même pas discutables. Ce n'était pas la première fois que je recevais Zemmour et que l'on débattait à ce sujet. Une fois, sur mon plateau, il a soutenu que les femmes faisaient semblant d'aimer le football alors qu'elles n'y connaissaient rien. Cette controverse est une histoire de longue date.

Pensez-vous qu'il y a encore des progrès à faire sur la féminisation du métier de journaliste ?

Certainement. Je pense qu'elles sont majoritaires aujourd'hui dans les médias. Il y a de plus en plus de femmes journalistes excellentes, motivées et engagées. C'est formidable. Cependant, il y a trop peu de femmes patronnes de presse ou à la tête des organes médiatiques. C'est un manque considérable : il y en a, certes, mais pas assez. Il y a encore un combat à mener.

Selon vous, est-ce correct  d'exprimer ses opinions politiques alors que vous êtes journaliste ?

Non, une journaliste politique ne soutient aucune campagne électorale ou autre. J'évoquais la distance un peu plus tôt, elle s'applique évidemment à ce cas de figure. Il ne s'agit absolument pas de dévoiler son point de vue ou son appartenance partisane. Et ce, en aucune manière. Néanmoins, en tant qu'éditorialiste, je peux exprimer mes opinions et mes avis à propos de la manière de gouverner des uns et des autres. C'est ma liberté éditoriale.

L’enquête assassine de Philippe Merlant

Publié by on 11:11 in Rencontres | 0 comments

L’enquête assassine de Philippe Merlant

Mais qui a tué la presse ? C’est la question que se pose Philippe Merlant tout au long de sa enquête gesticulée nommée « Le Mystère du journalisme jaune ». Le journaliste, formateur à l’Ecole des métiers de l’information et président de l’Université populaire pour une information citoyenne, s’est donné en spectacle pendant deux heures ce jeudi à l’Arsenal de Metz. Tantôt railleur, tantôt indigné, il ne mâche pas ses mots…

"Découvrir et raconter aux autres", le credo de Francis Kohn

Publié by on 11:08 in Rencontres | 0 comments

"Découvrir et raconter aux autres", le credo de Francis Kohn

Francis Kohn occupe depuis 2012 le poste de directeur de la photographie à l'AFP en France et à l'international. Après avoir fait ses armes journalistiques aux quatre coins du monde, il est rentré en France. Présent lors de la 8ème édition des Assises internationales du journalisme, il revient sur son parcours.

Francis Kohn travaille pour l'AFP depuis 1979. Crédit photo : Obsweb.

Francis Kohn travaille pour l'AFP depuis 1979. Crédit photo : Obsweb.

Quel est votre parcours ?

"J’ai commencé par des études littéraires, notamment parce que j’aime beaucoup la littérature et le cinéma. Ensuite, j’ai décidé de partir aux Etats-Unis pour faire des études de journalisme car je suis enthousiasmé par l’université américaine. Dès que j’ai fini ma scolarité, j’ai directement voulu travailler pour l’AFP. Je suis donc allé à Paris pour essayer d’y entrer, mais ce n’était pas forcément évident. J’ai donc débuté aux relations presse de l’Unesco, mais cela ne me plaisait pas du tout. Je voulais réellement faire partie de l’AFP, puisque cela me permettait faire carrière à l’étranger comme je le désirais."

Pourquoi avoir choisi de travailler à l’étranger ?

"Le journalisme c’est découvrir des choses nouvelles et les raconter aux autres. Cette profondeur m’a été offerte par l’AFP car j’ai pu rester longtemps dans un pays étranger. Par exemple, je suis allé à New-York puis je suis retourné au siège car un poste qui me permettait d’écrire pour l’étranger s’est créé. En 1982, je suis parti pour l’Amérique centrale. Je n’étais pas hispanophone donc c’était une grande nouveauté, mais j’ai pu découvrir une autre facette du travail de journaliste et cela m’a beaucoup plu. J’étais basé au Costa Rica et je voyageais souvent."

Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir en France ensuite ?

"Quand on couvre à l’étranger pour l’AFP, on est limité à 4 ou 5 ans. En 2000, je suis retourné aux Etats-Unis en tant que rédacteur en chef pour Amérique du Nord. J’y suis resté 6 ans, durant une époque passionnante : l’élection controversée de Bush, les attentats du 11 Septembre 2001 ou encore la guerre en Afghanistan. C’était donc une période très riche et très dense. Aujourd'hui, je suis directeur de la photographie à l’AFP en France et je suis heureux de la place que j’occupe. Je n’ai pas forcément envie de repartir tout de suite. Je suis parisien d’origine, donc je m’y plais. De plus, ma vie personnelle entre tout de même en compte."

Puisque vous êtes un homme d’écrit, pourquoi travailler aujourd'hui dans le milieu de la photographie ?

"J’ai toujours aimé l’image. Je prenais moi-même des photographies quand j’étais journaliste à Stockholm. Ce qui m’intéresse également, c’est la nouveauté et la curiosité. Je pense que la photographie incarne tout à fait cela."

Votre carrière a-t-elle posé problème pour votre vie privée ?

"Non, j’ai eu de la chance. Ma femme m’accompagnait à l’étranger, même si elle n’était pas toujours d’accord au départ. En revanche, je rencontrais beaucoup de gens à l’étranger et je regrettais parfois de devoir les quitter."

Vous sentez-vous épanoui aujourd'hui vis-à-vis de votre profession ?

"Complètement. J’ai une chance formidable. J’ai démarré avec un stage au Monde et un CDD à l’AFP. C’est là que j’ai su que l’AFP était fait pour moi. Ce qui me plaît dans mon métier, c’est qu’aujourd'hui encore, je fais plein de découvertes."

Propos recueillis par Adeline Divoux