Prix Bayeux-Calvados : Trois questions à Laurence Geai, photoreporter

Samedi 10 octobre, après le vote du public, Laurence Geai, photoreporter indépendante, échange avec les participants. De ses débuts en Centre Afrique, à ses passages en Syrie ou à Gaza, elle parle de tout. Son expérience encore toute récente donne un regard neuf sur la profession de journaliste photographe de guerre. Sous ses airs de « modèle », se cache un caractère fort.

Laurence Geai à la 21 ème édition duPrix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

Laurence Geai à la 22 ème édition du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

Parmi la sélection du pré-jury, quelles sont vos préférences dans la catégorie photo pour laquelle le public vient de voter ?

Les quatre reportages sur l'Ukraine sont très bons, ce sont des images fortes. Mais pour moi, c'est important que les photos représentent le conflit. Le reportage en Centre Afrique est un bon reportage. Mais ayant couvert le conflit, je n'aime pas la façon « embeded » de le couvrir. Je ne me sens pas libre quand il s'agit de suivre l'armée française. Même si cela permet de raconter une histoire. Je trouve que c'est facile et en terme d'information, il y a plus intéressant. Les photos du Burundi sont construites. Elle sont puissantes et montrent une autre violence. Selon moi, c'est le meilleur reportage.

Vous êtes photographe indépendante, femme reporter, quelle est votre façon de travailler ?

D'abord, je prends le temps de comprendre la situation, ce qui se passe dans le pays où je vais me rendre. Je prépare tout à l'avance afin de bien définir mon angle. Le genre de sujet que j'aime faire, c'est suivre les gens. Apprendre à les connaître, les comprendre, pour mieux expliquer. Je travaille en free-lance mais parfois je suis envoyée en commande et je ne travaille pas toujours toute seule. Il y a une vraie solidarité dans le milieu, quand on est plusieurs sur une même situation, on reste ensemble, surtout quand c'est dangereux.

Que pensez-vous de la retouche photographique, un sujet qui fait débat et ce notamment en septembre dernier au festival « Visa pour l'image » à Perpignan ?

Parfois, je retouche mes photos. Quant on veut accentuer les couleurs, les contrastes, Photoshop est un vrai outil. Mais le débat porte surtout sur les éléments qu'un photographe peut enlever et faire disparaître d'une photographie. Ça je suis contre. Une bonne photo, c'est quand l’œil est attiré directement sur ce que le photographe veut nous montrer et que la légende explique parfaitement le contexte dans lequel la photo a été prise.

Portrait de Laurence Geai en trois minutes, reportage de Fanny Lepine pour Arte.

Propos recueillis par Fleuriane Tuboeuf

 

Author: FLEURIANE.T

Share This Post On

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *