“On ne peut pas dire que j'étudie bien”

Sophie Ravelonandro vient de Madagascar. Elle est étudiante en troisième de licence information et communication à l'Université de Rennes 2. Elle fait la plonge cinq jours par semaine au restaurant universitaire de la faculté à raison de 2h15 par jour. La précarité l'empêche de se concentrer sur son travail scolaire.

Votre situation financière vous a-t-elle obligée à vous salarier ?

“Oui, car comme je suis étrangère, je ne reçois pas de bourse. D'autant plus que les critères d'obtention sont complexes. Avant, mon frère, qui est toujours à Madagascar, m'envoyait de l'argent mais il doit s'occuper de sa famille. Il aurait pu continuer à m'en envoyer mais ça aurait été très irrégulier. J'ai besoin d'un revenu plus sûr.”

Estimez-vous que votre travail vous empêche de vous concentrer sur votre scolarité ?

“Tout à fait car j'arrive souvent en retard aux cours. Les profs sont indulgents et comprennent ma situation mais je dois ensuite rattraper les cours sur les pauses ou sur les week-ends. Parfois je demande à une amie de me les redonner mais je manque les explications. Je dois faire plus d'efforts que ceux qui écoutent en cours. On ne peut pas dire que j'étudie bien, non.”

 

Source : L'étudiant 2014

Source : L'étudiant 2014

Les problèmes financiers pourraient-ils vous poussez à arrêter les études ?

“Non. Même si c'est parfois difficile et que cela me demande plus de travail que les autres, j'ai quitté Madagascar uniquement pour les études. Il n'est vraiment pas envisageable pour moi de repartir avant d'avoir mon diplôme. Mes études sont ma priorité. Je sais aussi que si j'ai vraiment un gros problème, je peux toujours demander un peu d'aide à mon frère.”

 

Margaux TERTRE

Author: MARGAUX.T

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