Pas de récompense pour les petits sports

D’origine égyptienne, où il est devenu le deuxième sport national, le speedball tente de trouver sa place parmi les sports de raquette en France.

 

Coup droit, revers, seul le mât les oppose et les coups s’enchaînent sur un rythme intense. La vitesse est telle que l’air se fait entendre entre les claquements de raquettes.
1961. Egypte. L’histoire est anodine. Mohammed Lofti s’improvise ramasseur de balle avec son fils tennisman. Rapidement, il imagine un moyen d’éviter cette tâche ingrate. Il décide de relier la balle à un fil, lui-même fixé à un poteau. Un nouveau sport est né.

Cinquante-trois ans plus tard, dans le gymnase Poincaré, à Nancy, Florence, Valérie et Nadine jouent au speedball. Ouvert à tous de 7 à 77 ans, seul, à deux ou à quatre, il est le seul sport de raquette ambidextre (ndlr : utilisation des deux mains). En solo, le but est de réaliser un maximum de frappes dans un temps imparti. En match, anticipation dans les déplacements, endurance, souplesse et réflexes sont les qualités indispensables.

Le SLUC Nancy Speedball ouvert depuis 1985 peine à se développer. En Meurthe-et-Moselle, on dénombre seulement 40 licenciés. «  C’est compliqué de se faire entendre et médiatiser » soupire Christian Marchal, secrétaire du club. La FFEPMM (Fédération française d’enseignement physique du monde moderne) à laquelle le speedball appartient, ne soutient guère son développement. La fédération recense 90 disciplines loisir et le speedball est le seul compétitif du lot. « Nous sommes un peu le canard boiteux de la fédération » se lamente monsieur Marchal. « On a un noyau dur mais on pourrait vite abandonner ».

Une reconnaissance à penser

La manque de médiatisation aboutit au refus de la fédération il y a deux ans, de participer aux championnats du monde. Et ce malgré la présence au sein du club d’une championne du monde en titre ! Sans aucune prétention, le secrétaire affirme que le SLUC est l’un des meilleurs clubs français. Chez les juniors comme chez les vétérans, le club affiche de bons résultats. Des résultats eux-mêmes absents dans bon nombre de départements où aucun club n’existe. Christian Marchal déplore « nous sommes contraint à de longs trajets pour nos confrontations ».


30 heures de speedball pour le Téléthon

Preuve du manque de reconnaissance, le premier titre national de Florence Marchal n’est pas récompensé lors des remises de prix annuelles organisées par l’Est Républicain. « Nous n’allons pas récompenser tous les petits sports » assène-t-on à Christian Marchal « alors même que l’on récompense la pétanque, même si je n’ai rien contre ».
Petit sport, il n’en est rien, si l’on considère l’intérêt d’une psychomotricienne manifesté lors d’une présentation du speedball. Cette dernière y voit un bienfait pour ses patients. Et Christian Marchal d’ajouter « c’est peu coûteux et pas besoin d’appeler un copain pour faire un tennis ». « C’est un sport plein d’avantages mais ça n’est ni le foot, ni le basket » conclut l’ex champion de France.

Jennifer Montigny et Olivier Schneider

Author: Jennifer Montigny

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