Militants, les jeunes en première ligne

Jeremy Brzenczek, 23 ans, étudiant en Master de droit  à Nancy, milite depuis quatre ans pour le parti socialiste. A l'approche des élections municipales, le futur ex coordinateur régional des jeunes socialistes de Lorraine, livre sa vision du militantisme.

Militer, c'est quoi ?
Dans une république, l'acte politique ne se résume pas à mettre un bulletin dans l'urne. L'engagement est nécessaire. Si on ne défend pas les idées auxquelles on croit, ce n'est pas les autres qui le feront. Entre deux élections des tensions se créent et le politique retranscrit ce rapport de force. Mouvement social et parti politique sont complètement imbriqués. Un parti sans soutien ne peut rien faire. Les congés payés par exemple, ce n'est pas Léon Bloom qui les a décidé. Les syndicats ont su s'imposer.

Comment prépare t-on, chez les jeunes socialistes, une campagne pour les élections municipales ?
Dans un premier temps, l'important est d'inciter les gens à s'inscrire sur les listes électorales. Nous organisons des débats en interne avec le parti. Des commissions sur les différentes thématiques (santé, éducation, culture etc) sont mises en place au sein du groupe. Nous faisons aussi du tractage, du porte à porte. Le candidat Mathieu Klein et le parti invitent associations et citoyens à diverses réunions publiques. En décembre, notre candidat a fait une nuit blanche dans les rues de Nancy. Il est allé à la rencontre des gens qui travaillent la nuit, des pompiers, des chauffeurs de taxi...

Répartition des militants dans les principaux partis politiques français

Répartition des militants dans les principaux partis politiques français


Quels liens les jeunes socialistes entretiennent avec leur parti ?
Le mouvement des jeunes militants socialistes est un organisme autonome. Le parti peut financer certains de nos événements. En interne, nous sommes libre de nos actions. Nous définissons notre calendrier, notre programme. Le parti ne nous donne aucune consignes, ce qui n'est pas le cas par exemple chez les jeunes populaires.
Chaque fédération élit en son sein un conseil fédéral qui lui même élit un animateur fédéral. Ce dernier rencontre régulièrement les cadres du parti. De nombreux chefs du parti, ont d'ailleurs commencé leur carrière politique comme militant, Mathieu Klein, notamment.

"Les nancéiens ont envie de renouveau"

Faites vous une relation entre l'impopularité de François Hollande et l'engagement des militants ?
Lors du congrès national des jeunes socialistes à Saint-Étienne en novembre, nous avons remarqué que le nombre de militants a progressé de 6 000 à 7 000 au niveau national. En Meurthe-et-Moselle également, le nombre de militants a augmenté. Je pense que les présidentielles ont favorisé l'engagement.
Notre position est claire. Lorsqu'un projet nous paraît mauvais, nous exprimons notre mécontentement. Mais quand une proposition avance dans le bon sens, nous suggérons au parti d'aller plus loin. Par exemple, François Hollande souhaite créer 150 000 emplois jeunes, de notre côté nous militons pour en développer 300 000. De façon générale, le mouvement des jeunes socialistes est plus à gauche que le parti.

L'image de François Hollande va t-elle nuire aux prochaines élections municipales ?
Les électeurs savent faire la différence entre élections nationales et locales. Selon plusieurs observateurs Nancy devrait basculer. D'une part parce que Mathieu Klein est un candidat sérieux face au candidat de droite, d'autre part parce que nous avons de bonnes propositions. Les nancéiens ont envie de renouveau.
Il ne faut pas oublier qu'un mois plus tard, il y a les élections européennes. C'est aussi important, 60 % de nos lois proviennent de directives européennes.

Jennifer Montigny et Olivier Schneider

Author: Jennifer Montigny

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