Mettre du coeur à l'ouvrage

Maxime Coeur a 24 ans. Il a entrepris il y a 3 ans un projet. Monter sa marque. Le concept ? Récupérer de vieilles planches de skate et en faire des créations originales. Depuis, le projet a grandi, Maxime n’officie plus dans un garage, comme à ses débuts, mais dans un véritable atelier, au coeur de l’ancien entrepôt de bus des TCRM (transports en commun de la région messine, devenu METTIS) à Metz-Blida

 

 Qu’est ce qui t’a poussé à entreprendre un tel projet ?

“ Après un CAP en menuiserie je me suis retrouvé pendant 2 ans au chômage. Et depuis longtemps j’avais envie de créer quelque chose, seulement je ne savais pas exactement quoi. Alors j’ai réfléchi. J’étais un passionné de skateboard -je le suis encore d’ailleurs -et d’art. La protection de l’environnement et le recyclage étaient des sujets importants à mes yeux également. Au début, je voulais créer une marque de skate et à ce moment j’avais seulement en tête le côté marketing. Je me suis alors dit que je savais travailler le bois, et selon moi c’était dommage de passer à côté de ça. Alors j’ai allié mes 3 passions qui sont le skate, l’art et l’écologie en une seule. De plus, pendant mes années de chômage, j’ai beaucoup voyagé, essentiellement pour skater mais aussi pour m’inspirer et prendre des idées, à droite à gauche.

Justement, quel a été le vrai déclic pour toi ?

Le déclic a certainement était le moment où j’ai découvert Haroshi, un artiste japonais qui réutilisait déjà, à l’époque, de vieilles planches pour en faire des sculptures. Moi, je suis plutôt un artisan. Mais c’est vrai qu’il m’a beaucoup inspiré. Au début je faisais des "cruiser" (tout premiers skateboard datant des 70’s) puis j’ai poussé le concept en récupérant des "board" cassées pour créer des porte-clés, des lunettes. Maintenant j’en fais aussi des coques pour smartphones. Et ça a plu aux gens, j’ai gagné des concours, collaboré avec des festivals au Luxembourg sur l’art urbain. On peut dire que c’est le Luxembourg qui m’a fait connaitre, du moins en parti.

Vidéo de présentation de la marque "Organ Skateboard" par FenschToast

Comment as-tu appris ce métier ?

On ne peut pas vraiment dire que j’ai appris ce que je fais aujourd’hui. En tout cas, ça n’est pas l’école qui me l’a enseigné. Je suis ce qu’on appelle un autodidacte. Je pense que l’on n’apprend pas à créer. J’ai vraiment appris au fur et à mesure des rencontres que je faisais. J’ai rencontré des infographistes et des designers qui m’ont bien aidés. Après avoir gagné des concours comme “Envie d’agir” l’AFP (Agence France Presse) s’est intéressé à moi. Il y aujourd’hui à peu près 300 articles dans le monde entier qui parlent de ce que je fais. Et puis avec les festivals, j’ai approché des artistes avec qui j’ai collaboré par la suite. A ce moment là j’avais déjà mon noyau dur, c’est à dire le skate, l’écologie et le bois. Maintenant, mon projet s’exporte à l’étranger, aux Etats-Unis, en Australie, en Europe…

Est-ce que tu avais imaginé ça, quand tu étais dans ton garage au tout début ?

 Non pas du tout. J’ai vraiment laissé les choses se faire, c’est venu comme ça. Je n’avais rien imaginé. Je faisais les choses comme je les sentais en fait ! Je ne pensais pas que ça allait prendre une telle ampleur, ni que les gens adhèreraient si rapidement. J’ai remarqué qu’en réalité chaque personne t’amène à une autre. Aujourd’hui, des élus viennent me voir, alors qu’avant ils se fichaient du skate ! Des magasins achètent même mes créations. Au départ, c’était vraiment pas calculé, et c’est d’autant plus valorisant. Au début je n’avais vraiment rien, même pas d’argent de côté sur mon compte. J’ai commencé dans un garage qu’un retraité a bien voulu me prêter. C’est pourquoi il faut être motivé et croire en soi.

 Qu’est ce qui te plait le plus dans ce que tu fais ?

Créer, pouvoir évoluer et grandir avec mon projet. J’aimerais sensibiliser les jeunes à l’écologie et au recyclage aussi. Pouvoir faire parti du monde de l’art me plait également. Quand on m’a appelé pour participer à un projet au centre Georges Pompidou (à Metz) j’ai halluciné ! L’aspect commercial m’intéresse, mais attention je ne coure pas après l’argent. C’est juste un défi, on ne s’improvise pas chef d’entreprise comme ça.. je suis conscient de ce qui m'arrive.  Passer de rien à tout. Du chômage, à bosser de 8h à 22h c'est ça le plus excitant !

Comment tu envisages la suite ?

Je me vois encore créer, encore produire, rencontrer des gens, enchainer les projets, bosser avec des associations. On ne devient pas comptable, communiquant ou patron du jour au lendemain. Il faut être aidé, ne pas faire d’erreur. J’ai toujours pris des précautions, toujours réfléchi. Bien sur j’ai pris des risques mais je pense aux éventualités maintenant, si c’est possible. Après, je skaterai toujours, ça c’est sur. Ca reste un plaisir, avant tout.”

Author: Alexandre La Monaca

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