Nouvelles pratiques

Réforme territoriale : la future dévitalisation des départements

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Réforme territoriale : la future dévitalisation des départements

Quel avenir pour les départements ?  L'adoption, par l'Assemblée nationale, en deuxième lecture le 25 novembre, du projet de loi de réforme territoriale, redécoupe la France en 13 régions, au lieu de 22 actuellement. Au delà des changements apportés par cette loi, ce sont les départements qui sont les premiers touchés par cette nouvelle répartition des compétences.

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Crédit Photo : gouvernement.fr

Une chose est sûre : ils auront moins de responsabilités. Le projet de loi vise à renforcer le pouvoir des conseils régionaux, pour mieux harmoniser les démarches administratives et ainsi faire des économies de temps, mais aussi d'argent, en diminuant le nombre de fonctionnaires territoriaux. Beaucoup de compétences des conseils généraux (collèges, aéroports, routes départementales, développement économique via des aides aux entreprises, transports, aménagement et environnement, ports) doivent être transférées vers les nouveaux conseils régionaux. En revanche, les aides aux populations démunies et aux communes les plus pauvres restent dans les compétences départementales ainsi que l'accès aux différents services publics.

Infographie départements

Crédit Infographie : Matthias Manceaux

Le rôle intercommunal se retrouve, lui aussi, renforcé. Au lieu de 5 000 habitants minimum actuellement pour obtenir un statut d'intercommunalité, la population devra être d'au moins 20 000 habitants. Une décision qui sera lourde en conséquences pour les groupements communaux actuels de moins de 20 000 habitants : ils vont devoir chercher d'autres communes potentielles pouvant rentrer dans ce dispositif. Si cet objectif ne peut être atteint d'ici 2016, alors le texte de loi prévoit un maintien du conseil départemental avec des compétences "clarifiées". Étant donné que la suppression pure et simple des départements peut être déclarée comme étant anticonstitutionnelle par le Conseil constitutionnel, le Premier ministre, Manuel Valls, cherche maintenant à créer un "réseau d'intercommunalité" qui deviendra le nouveau tissu administratif au niveau local. Certaines grandes métropoles, comme celle de Lyon par exemple, sont amenées à devenir des collectivités territoriales et à ne plus avoir le statut d'intercommunalité.

La nouvelle carte territoriale devrait normalement, à long terme, voir le jour d'ici le mois de janvier 2016. Le gouvernement actuel espère ainsi voir, d'ici l'horizon 2020, une disparition totale des départements et des futurs conseils départementaux.

Le dessin de presse : "baromètre de la liberté d'expression"

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Le dessin de presse : "baromètre de la liberté d'expression"

Depuis sa démocratisation au début des années 90, le dessin de presse a connu de grandes transformations. Drôle, accessible et percutant. Figure emblématique dans ce domaine, Plantu -dessinateur à Le Monde- a été la cible d’attaques virulentes et polémiques. Comme lui, ils sont nombreux à se battre pour la liberté d’expression et la pérennité du dessin de presse dans le monde.

Le dessin de presse se veut libre. Sa liberté est d’ailleurs son essence. C’est donc tout naturellement qu’il est sujet à polémique. Nombreux sont les dessinateurs à avoir fait les frais de critiques et de tentatives de censure. Les affaires en rapport avec des dessins de presse ayant choqué les lecteurs posent le problème d’une liberté d’expression inhérente à cette pratique. Est-ce nécessaire de rappeler les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo en 2007 ? Et leur impact sur la communauté musulmane. Ces dernières années ont été le théâtre de nombreuses réactions communautaires au sujet du dessin de presse. Plantu -dessinateur à Le Monde- a subi plusieurs plaintes suite à des dessins estimés choquant, ou portant atteinte à la dignité d’autrui. En 2008,  la CGT s’en prend au dessinateur au sujet d’une œuvre comparant un syndicaliste refusant aux employés d’aller travailler le dimanche à un musulman intégriste interdisant à un enfant d’aller à l’école. En mars 2009, des catholiques s’en prennent à l’éditorialiste ; en cause, une critique du Pape Benoit XVI et son attitude face à la question du port du préservatif en Afrique. Le dessin de presse, lorsqu’il fait mouche, s'attire les foudres des communautés, des syndicats, des lobbys, et celà quasiment à chaque fois.

Dans un monde médiatique dominé par l’image et la vidéo, le dessin de presse apparaît comme un objet du passé, bien qu’il soit toujours au centre d’enjeux informatifs visuels. Le débat est complexe, et répondre à “Peut-on tout dessiner ?” revient à s’interroger sur les limites de la liberté d’expression par l’humour. Car c’est ce dont il s’agit la plupart du temps : d’humour. Le dessinateur est investi d’une mission : prendre des faits d’actualité, et les transformer en quelque chose de drôle et d’intelligible pour le plus grand nombre. Ceux  qui sont visés, se servent en revanche d’une autre arme tout aussi indiscutable : l’offense. C’est ce qu’il se passe lorsque Plantu dessine le Pape ou Mahomet. Les instances religieuses sont généralement les premières à monter au créneau. Toute la problématique est là. Quand le dessinateur “attaque” il est essentiel de savoir à qui dessert le dessin.

Intégristes VS dessinateurs

Souvent l’humour utilisé par les illustrateurs de l’actualité emprunte un ton décalé, acerbe, tranchant et donc révélateur. Qu’est ce qui favorise cette indignation communautaire face aux éditorialistes du dessin de presse ? Certains évoquent un climat de bien-pensance généralisé, d’autres pensent au contraire qu’il y a de véritables atteintes à l’intégrité des institutions visées par Plantu et ses confrères. Selon Plantu son métier est  un  “baromètre de la liberté d’expression”, essentiel à tout système démocratique.
Beaucoup de lecteurs du Monde attendent le dessin du jour du célèbre dessinateur. Mais, quand ce dernier est interviewé en 2006 par son propre journal, il déclare qu’il y a “de plus en plus une chape de plomb qui tombe sur les dessinateurs et sur les humoristes quand on parle de religion”. Il faut dès lors comprendre qu’il existe des sujets plus sensibles que d’autres. La pratique du dessin ainsi que son espace graphique de liberté posent la question de la responsabilité. Comme l’énonce Ronald Searle, dessinateur de presse anglais “la caricature est un art mineur qui comporte des responsabilités majeures”. Reste à savoir de quel type de responsabilité il s’agit : morale ? Juridique ? Le problème des dessinateurs est qu’aujourd’hui les marges de manœuvre éditoriales sont réduites, avec l’apparition croissante de sujets “tabous”. “Si on veut connaître le baromètre de la liberté d’expression, il ne faut pas aller voir le Premier ministre, mais le dessinateur de presse”. Définition clairvoyante de Plantu, sur un art qui commente par son trait, les contours de la société.

 

Sarah Belnez, Elisabeth Vetter, Alexandre La Monaca

Cinq moyens de lutter contre les stéréotypes en journalisme

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Cinq moyens de lutter contre les stéréotypes en journalisme

Les journalistes sont souvent accusés de propager préjugés et stéréotypes. Pourtant les médias de proximité tentent d'aller à l'encontre de ce travers. Quelles pratiques développent-ils ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Le débat s'est ouvert lors des Assises Internationales du Journalisme 2014 à Metz, animé par Thierry Borde, directeur de MédiasCitoyens. (suite…)

L'information face à la barbarie

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L'information face à la barbarie

Lors des Assises Internationales du Journalisme, la conférence "Journalisme face à la barbarie" a réuni Edith Bouvier (grand reporter de guerre), Pierre Haski (Co-fondateur de Rue89), Alain le Gouguec (président de Reporter Sans Frontières) et Philippe Rochot (prix Albert-Londres 1986) pour  rendre hommage aux journalistes victimes d'exécutions.
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Robin Minchom : le journalisme à l'heure du live

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Robin Minchom : le journalisme à l'heure du live

Robin Minchom est spécialiste du journalisme digital à ScribbleLive. L'entreprise développe des outils spécifiques au traitement de l'information en direct à destination des rédactions web. Lors des Assises du journalisme 2014 à Metz, il est revenu pour Obsweb Mag sur les spécificités du live blogging.

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Cinq innovations médiatiques de l'année 2014

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Cinq innovations médiatiques de l'année 2014

Les idées originales et les nouveaux concepts de sites Internet présentés par les acteurs du renouveau de la presse multimédia ont suscité de nombreuses réactions lors des Assises internationales du journalisme 2014, certains spectateurs se montrant très sceptiques et craignant un retour en arrière.

  • HEXAGONES
Hexagone traite des sujets sociétaux, comme l'intégration de l'islam en France./ Capture d'écran

Hexagones traite des sujets sociétaux, comme l'intégration de l'islam en France.

Le site d’information créé par Thierry Gadault traite l’actualité de la France d’aujourd’hui. A travers de nombreux dossiers et reportages faits en régions, Hexagones parle à tous les Français. Pour le créateur d’Hexagones, "il ne fallait pas rentrer dans le jeu des grands sites d’actualité. L’information instantanée n’est pas rentable, il faut de l’investigation, comme le fait déjà Mediapart". Lancé en juillet 2014 à l’aide d’un financement participatif, Hexagones compte déjà 600 abonnés. Peut-être le renouveau de la presse quotidienne régionale ?

 

  • LE PARISIEN TV
Les vidéos du Parisien TV sont visionnées par millions de personnes, chaque mois./ Capture d'écran

Les vidéos du Parisien TV sont visionnées par millions de personnes, chaque mois.

"Les grands organismes de presse doivent adapter les moyens de transmission de l'information", tels sont les propos de Jean-Marie Montali, directeur adjoint de la rédaction du Parisien. Ainsi, le quotidien a décidé de créer une web TV. Hébergée via Youtube et Dailymotion, Le Parisien TV diffuse de nombreuses vidéos chaque jour, sur des thèmes d'actualité. "Aujourd'hui, il faut segmenter l'information et la rendre nette et précise. C'est pour cette raison que ces vidéos sont les plus courtes possibles", déclare Sophie Bramly, responsable du Parisien TV. Et les chiffres ont tendance à leur donner raison : chaque mois, plus de cinq millions de vues sont comptabilisées.

 

  • LIVE MAGAZINE
Cette expérience a rassemblé plus de 300 personnes au théâtre de la Gaîté-Lyrique./ Capture écran

Cette expérience a rassemblé plus de 300 personnes au théâtre de la Gaîté-Lyrique.

C'est l'ovni de cette conférence. Thomas Baumgartner, producteur à France Culture, s'est lancé dans un pari fou : créer un spectacle vivant autour de l'information. Il s'est inspiré de l'expérience "Pop Up Magazine", qui consiste à lire un magazine dans un théâtre, aux États-Unis. Pour le fondateur de cet événement, qui s'est déroulé le 29 avril dernier au théâtre de la Gaîté-Lyrique à Paris, le défi était de garder un esprit intimiste : "Nous avons demandé aux spectateurs de ne pas filmer, ni prendre de photos, raconte Thomas Baumgartner. Chaque participant est venu, gracieusement, lire un article de son choix. C'était une sorte de grande revue de presse". Les trois cents spectateurs ont découvert petit à petit le contenu de cette soirée Live Magazine. "Cette expérience devrait être renouvelée, avec un budget un peu plus élevé. Le bouche-à-oreilles a très bien fonctionné, c'est le plus important", assure le producteur de France Culture.

 

  • ULYCES
Le site propose des histoires insolites mais toujours sérieuses./ Capture écran

Le site propose des histoires insolites mais toujours sérieuses.

Julien Cadot et Nicolas Prouillac, fondateurs du site Ulyces ("éditeur d'histoires vraies"), ont créé quelque chose d'unique, d'un point de vue esthétique et rédactionnel. "Le but de notre travail est de raconter l'information avec des histoires. Nous avons pensé que ces articles pouvaient être lus au coin du feu". C'est vrai qu'il en faut du temps pour lire leurs productions : jusqu'à quarante minutes pour certaines ! Dans une logique similaire à celle des MOOK (comme XXI...). Pourtant, le public semble y prendre goût. Deux cents lecteurs se sont abonnés pour suivre ces histoires. "Quatre journalistes travaillent pour nous, mais nous traduisons également des textes. Cela nous permet d'étendre notre contenu rédactionnel". Avec des articles anglés sur l'aventure et les exploits sportifs et humains, Ulyces semble s'ouvrir à un très large public.

 

  • BRIEF.ME
Un journal web envoyé par mail tous les jours à 18 heures ? Voici l'objectif de Brief.Me./ Capture écran

Un journal web envoyé par mail tous les jours à 18 heures ? Voici l'objectif de Brief.Me.

Sorti tout droit de l'imaginaire de Laurent Mauriac, ex-journaliste à Rue89 et Libération, le site internet est en phase de rodage pour être opérationnel d'ici décembre. "Après avoir lu un article du Guardian, où le journaliste expliquait qu'il y avait une overdose d'information, j'ai compris que le lecteur arrêtait de s'informer". Laurent Mauriac, qui a réuni les fonds nécessaires grâce au financement participatif, espère combler de nouveaux (ou anciens) lecteurs avec Brief.Me. "C'est un nouveau concept, qui consiste à envoyer par mail un condensé de l'actualité. Tous les soirs, à 18 heures, les abonnés recevront une page revenant sur l'actualité du jour, un décryptage et un conseil pratique", assure le fondateur de Brief.Me. De quoi redonner le goût de la lecture et l'envie de s'informer ? L'avenir nous le dira.

Un débat dans une ambiance un peu électrique

Plusieurs personnes ont émis quelques doutes vis-à-vis des nouveautés. Une spectatrice s'est exprimée en sentant "un retour un arrière avec la théâtralisation de l'information ou encore la création d'une chaîne de télévision par un organisme de presse". Ce à quoi Sophie Bramly a répondu "comme chaque révolution médiatique, le public doit digérer internet. On verra si, après cette digestion, il en ressortira de la merde ou pas !" Un autre spectateur s'est montré très pessimiste, en expliquant "que l'audience ne sera jamais au rendez-vous avec des sites payants". Thomas Baumgartner a fait une comparaison très intéressante, en rappelant "qu'au début du streaming musical payant, avec Deezer et Spotify, personne n'y croyait. Aujourd'hui, c'est un véritable carton. Je pense que la presse suivra le même chemin". Ajoutons que le New York Times ou le Financial Times et Mediapart sont là pour démentir une vision aussi radicalement pessimiste. Les mentalités ont déjà commencé à évoluer par rapport aux débuts du tout gratuit sur internet.

La vidéo, avenir de la radio ?

Publié by on 10:22 in Mutations | 0 comments

La vidéo, avenir de la radio ?

Les stations radio ont équipé leurs studios de webcams et de caméras, depuis quelques années. À l'instar d'Europe 1, certaines radios ont fait le pari de diffuser sur internet la quasi-totalité de leurs programmes. Du côté de Radio France, la vidéo reste cantonnée à quelques rubriques ou interviews. Une apparition qui agace encore les voix historiques du service public.

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