Les journalismes

Le dessin de presse : "baromètre de la liberté d'expression"

Publié by on 14:36 in CULTURE, Genres, Nouvelles pratiques | 0 comments

Le dessin de presse : "baromètre de la liberté d'expression"

Depuis sa démocratisation au début des années 90, le dessin de presse a connu de grandes transformations. Drôle, accessible et percutant. Figure emblématique dans ce domaine, Plantu -dessinateur à Le Monde- a été la cible d’attaques virulentes et polémiques. Comme lui, ils sont nombreux à se battre pour la liberté d’expression et la pérennité du dessin de presse dans le monde.

Le dessin de presse se veut libre. Sa liberté est d’ailleurs son essence. C’est donc tout naturellement qu’il est sujet à polémique. Nombreux sont les dessinateurs à avoir fait les frais de critiques et de tentatives de censure. Les affaires en rapport avec des dessins de presse ayant choqué les lecteurs posent le problème d’une liberté d’expression inhérente à cette pratique. Est-ce nécessaire de rappeler les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo en 2007 ? Et leur impact sur la communauté musulmane. Ces dernières années ont été le théâtre de nombreuses réactions communautaires au sujet du dessin de presse. Plantu -dessinateur à Le Monde- a subi plusieurs plaintes suite à des dessins estimés choquant, ou portant atteinte à la dignité d’autrui. En 2008,  la CGT s’en prend au dessinateur au sujet d’une œuvre comparant un syndicaliste refusant aux employés d’aller travailler le dimanche à un musulman intégriste interdisant à un enfant d’aller à l’école. En mars 2009, des catholiques s’en prennent à l’éditorialiste ; en cause, une critique du Pape Benoit XVI et son attitude face à la question du port du préservatif en Afrique. Le dessin de presse, lorsqu’il fait mouche, s'attire les foudres des communautés, des syndicats, des lobbys, et celà quasiment à chaque fois.

Dans un monde médiatique dominé par l’image et la vidéo, le dessin de presse apparaît comme un objet du passé, bien qu’il soit toujours au centre d’enjeux informatifs visuels. Le débat est complexe, et répondre à “Peut-on tout dessiner ?” revient à s’interroger sur les limites de la liberté d’expression par l’humour. Car c’est ce dont il s’agit la plupart du temps : d’humour. Le dessinateur est investi d’une mission : prendre des faits d’actualité, et les transformer en quelque chose de drôle et d’intelligible pour le plus grand nombre. Ceux  qui sont visés, se servent en revanche d’une autre arme tout aussi indiscutable : l’offense. C’est ce qu’il se passe lorsque Plantu dessine le Pape ou Mahomet. Les instances religieuses sont généralement les premières à monter au créneau. Toute la problématique est là. Quand le dessinateur “attaque” il est essentiel de savoir à qui dessert le dessin.

Intégristes VS dessinateurs

Souvent l’humour utilisé par les illustrateurs de l’actualité emprunte un ton décalé, acerbe, tranchant et donc révélateur. Qu’est ce qui favorise cette indignation communautaire face aux éditorialistes du dessin de presse ? Certains évoquent un climat de bien-pensance généralisé, d’autres pensent au contraire qu’il y a de véritables atteintes à l’intégrité des institutions visées par Plantu et ses confrères. Selon Plantu son métier est  un  “baromètre de la liberté d’expression”, essentiel à tout système démocratique.
Beaucoup de lecteurs du Monde attendent le dessin du jour du célèbre dessinateur. Mais, quand ce dernier est interviewé en 2006 par son propre journal, il déclare qu’il y a “de plus en plus une chape de plomb qui tombe sur les dessinateurs et sur les humoristes quand on parle de religion”. Il faut dès lors comprendre qu’il existe des sujets plus sensibles que d’autres. La pratique du dessin ainsi que son espace graphique de liberté posent la question de la responsabilité. Comme l’énonce Ronald Searle, dessinateur de presse anglais “la caricature est un art mineur qui comporte des responsabilités majeures”. Reste à savoir de quel type de responsabilité il s’agit : morale ? Juridique ? Le problème des dessinateurs est qu’aujourd’hui les marges de manœuvre éditoriales sont réduites, avec l’apparition croissante de sujets “tabous”. “Si on veut connaître le baromètre de la liberté d’expression, il ne faut pas aller voir le Premier ministre, mais le dessinateur de presse”. Définition clairvoyante de Plantu, sur un art qui commente par son trait, les contours de la société.

 

Sarah Belnez, Elisabeth Vetter, Alexandre La Monaca

Mark Lee Hunter : "L'investigation, c'est la curiosité non satisfaite"

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Mark Lee Hunter : "L'investigation, c'est la curiosité non satisfaite"

Les nouvelles voies du journalisme d'investigation ont été au coeur d'un débat, tenu lors d'un atelier professionnel aux Assises 2014 du Journalisme. A cette occasion, Mark Lee Hunter, journaliste et enseignant à l'Université de Paris II, s'est battu bec et ongles pour se faire entendre : "Le journalisme d'investigation n'est pas mort mais prend une nouvelle forme."  Auteur d'un Manuel du journaliste d'investigation, cet américain installé à Paris depuis 32 ans estime que cet aspect du métier représente "une énorme opportunité pour les journalistes." Rencontre.

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"Il y a un réel avenir dans le journalisme d'enquête"

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"Il y a un réel avenir dans le journalisme d'enquête"

L'investigation était au cœur des discussions le vendredi 17 octobre à Metz. Les intervenants présents à la table ronde faisaient preuve d'un optimisme rassurant.

La difficile équation de la vulgarisation scientifique

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La difficile équation de la vulgarisation scientifique

Comment rendre accessible efficacement l'information scientifique ? Alors que le public voit souvent dans la science un moyen de se divertir plus que de se cultiver, il semble important de développer de nouvelles méthodes de communication. Ces questions ont été débattues lors de l’atelier "Vulgariser l’information scientifique : quelles règles, quelles précautions ?" dans le cadre des Assises du journalisme.

Journalistes et chercheurs interviennent chacun leur tour. Avec, parfois, des désaccords. (Crédit photo : Obsweb)

Journalistes et chercheurs interviennent chacun leur tour. Avec parfois, des désaccords. (Crédit photo : Aurélien Glabas)

Il existe traditionnellement une défiance mutuelle entre journalistes et chercheurs. Les premiers ont encore parfois tendance à voir les seconds comme des savants fous à lunettes, tandis que ces derniers estiment ne pas dépendre de la presse pour transmettre l’information. "C’est en partie faux, ils en ont besoin et ne peuvent pas diffuser l’information seuls", rectifie Cécile Michaut, journaliste scientifique. "Le journaliste doit prendre du recul par rapport au chercheur. Il doit mener une vraie enquête, interroger plusieurs sources et montrer ce que le chercheur ne dévoile pas. Vulgariser, c’est remettre en contexte et clarifier.", ajoute-t-elle. En apparence, l’information scientifique paraît plus compliquée à gérer que pour les autres domaines. "Ce n’est pas le cas. Un sujet économique peut être tout aussi difficile à expliquer. Un bon journaliste doit d’abord bien informer, quel que soit le sujet", corrige Aline Richard, directrice de la rédaction du magazine La Recherche.

Diffuser de la confiance

Bien informer, une mission complexe compte tenu de l’attitude de la population sur le sujet. En effet, selon Jean-Marc Galan, spécialiste en vulgarisation scientifique, le public place l’acquisition d’un savoir au second plan : "Les gens ne viennent jamais seuls dans les musées scientifiques. C’est souvent l’occasion d’une sortie en famille. Le contenu a généralement un aspect enfantin. Le public vient davantage pour se divertir que pour se cultiver. Les visiteurs discutent avec les chercheurs mais ne posent pas de questions", constate-t-il. La preuve avec le magazine Science et vie Junior, lu aussi bien par les enfants que par leurs parents. "Il y a un problème d’image des scientifiques. Avant de diffuser de l’information, il faut diffuser de la confiance", explique Pierre-Sofiane Kadri, de MyScienceWork.

Open Science

Une confiance qui s’installera en partie grâce à la transparence. C’est pourquoi l’Open Science évolue de plus en plus. Il s’agit de publier sur les outils numériques des données et informations scientifiques en accès libre, afin de toucher le grand public. La démarche s’inscrit donc plutôt dans une logique de diffusion de l’information au plus grand nombre plutôt qu’une vulgarisation. Chercheurs et non-chercheurs interviennent. Habitués à communiquer entre eux, les scientifiques n’ont pas la même aisance auprès des citoyens. C’est donc l’occasion pour eux de s’exprimer plus facilement et plus clairement. L’objectif n’est cependant pas de prendre la place des journalistes. Ceux-ci développent d’ailleurs des relations de plus en plus nombreuses avec les scientifiques. Les échanges s’accroissent et les rapports entre les deux parties sont en progression.

Pour aller plus loin :

Quelques sites web où exercent les intervenants, jouant sur l’accès libre à l’information :
-    MyScienceWork (Pierre-Sofiane Kadri)
-    Shakepeers (François Pacaud)
-    Hackyourphd (Célya Grusson-Daniel)

Ainsi que l'Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d'Information

Alexandre Rol