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Les médias locaux de demain

Publié by on 14:17 in Nouvelles pratiques, Tout et rien | 0 comments

Les médias locaux de demain

Le renouveau de la presse 2.0 est en cours. Les nouveaux « joujoux » sont la data-visualisation, le traitement des données, les algorithmes, le robot-journalisme, les contenus éphémères, les vidéos 360° et les applications mobiles. Les nouveaux boss sont Facebook, Google et Amazon. Comment les médias lorrains s’adaptent et intègrent ces nouvelles formes de journalisme ? 

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Sur Internet, la nécessité d’être les premiers sur l’info, la presse régionale ne l’a pas. Et pourtant, il existe aujourd’hui des logiciels pour optimiser les performances, pour analyser des données, pour mieux anticiper les demandes des lecteurs. Avec un mot clé en tête : uni-for-miser. Data-journalisme, robot-journalisme, applications mobiles… les médias sont devenus friands de ces nouvelles écritures journalistiques. Comprenez des nouveaux moyens de faire du journalisme. Le but : anticiper, prévoir, répondre à des questions sans véritablement comprendre le comment du pourquoi. Se référer aux algorithmes pour améliorer le référencement, retravailler un titre ou mieux cibler les lecteurs. Voila les nouveaux enjeux des rédactions. Mais sont-ils les mêmes en presse régionale ?

Repenser la presse écrite

Pour Arnaud Mercier, professeur à l'Université Paris 2, la presse quotidienne régionale (PQR ndlr) a un "grand intérêt" à se renouveler et intégrer ces nouvelles formes journalistiques. "Le format de la PQR n’est pas attractif. Le lectorat vieillit et leur enjeu principal sera de réussir à capter un nouveau public plus jeune et plus connecté" résume le spécialiste des médias. Exit les marronniers sur la fête des mères, pour être à la page, il faut s’orienter vers le data-journalisme, créer des contenus mobiles et tester ces nouveaux outils numériques. Un avis partagé par Céline Lutz, journaliste à l’hebdomadaire La Semaine à Nancy. Il y a encore quelques années, on lui disait qu’Internet allait tuer le papier. Aujourd’hui, elle regrette ce côté réactionnaire qui met en péril la presse écrite. "Si rien ne change, la presse écrite régionale n’aura plus raison d’être. Il faut se poser les bonnes questions et ne pas aller à la facilité". Les deux sont unanimes : la survie de la PQR passera par une évolution des pratiques journalistiques. L’idée générale : repenser le journal papier et a fortiori, le fonctionnement de la PQR. "Et si on arrêtait de faire des sujets marronniers", balance la souriante journaliste. "Même si derrière, il y a la réalité économique, avec notamment les annonceurs et la publicité qui nous permettent d’avoir un salaire, il va falloir repenser la PQR, le format et le contenu des articles. Mais bon, on n'en est pas là encore !" conclut-elle.

S’inspirer des nouveautés

2007. La première étape du renouveau de la presse s’est déroulée par l’arrivée des pure players. Sur un modèle payant (Mediapart, Les Jours ) ou gratuit (Ijsberg, Slate…), ces sites se démarquent par leurs formes, leurs contenus et leurs lignes éditoriales. Le but : se créer un style, fidéliser un lectorat et s’inspirer des nouveautés. Dans les Vosges, Philippe Jeandel a bien senti le coup. Il crée le groupe Vosges-Info et cible le très local. Ses sites d’infos sont assez basiques mais vont à "l’essentiel" raconte-t-il.  "Les gens veulent de l’info brut et gratuite. C’est ce qu’on leur offre." Par contre, ne lui parlez pas de logiciels, d’algorithmes ou de data-journalisme. Même s’il ne réfute pas l’hypothèse de l’arrivée de ces outils dans le quotidien des journalistes, l'ancienne plume de la Liberté de l'Est reste dubitatif : "Pour être franc, j’ai du mal à m’imaginer en avoir besoin pour faire de l'info locale. De plus, on a pas assez de recul sur le sujet. Après, la technologie avance extrêmement vite donc on en reparlera dans quelques années." ajoute-t-il. Pour l'Est Républicain, la cellule web est composée de "deskeurs". En d'autres termes, des journalistes qui s'occupent d'animer les réseaux sociaux et d'actualiser le site web du journal. Jusqu'à aujourd'hui, leurs compétences se limites à retravailler les titres pour un meilleur référencement, prendre une photo sur un évènement pour les réseaux sociaux et, parfois, publier une vidéo rapidement sur une actualité chaude. En somme, une utilisation assez réduite comparé aux possibilités qu'offrent les nouvelles technologies.

Une nouvelle télévision

"L’adaptation aux smartphones est primordiale", constate Arnaud Mercier. Un virage pris par France 3. La chaine a récemment lancé un nouveau site, FranceTvZoom, adapté aux téléphones et aux tablettes. Design épuré, couleurs tape-à-l’œil et vidéos courtes, il est façonné pour plaire aux plus jeunes. Cependant, les locales de la chaines sont un peu à la traine. Le site de France 3 Lorraine se contente de publier les reportages sur leur site et leur page Facebook. Même son de cloche chez Vosges TV et Mirabelle TVPrésent sur vine, snapchat et sur periscope à titre expérimental, France 3 Lorraine se doit néanmoins de rester en alerte sur toutes les nouvelles formes de diffusion de l’information. Mais contrairement à certaines télévisions locales telles que Léman Bleu TV, qui expérimentent d'autres formes de reportages comme des JT réalisés à l'Iphone, la place laissée aux innovations dans les écrans Lorrains est limitée. Preuve de ce contexte : Chez France 3 Lorraine, deux journalistes contre vingt travaillent pour le web. 

Les acteurs locaux, à la traine sur le plan des innovations, semblent se tourner petit à petit vers ces nouvelles écritures journalistiques. Encore en expérimentation au sein des grands médias nationaux, ces nouveaux mécanismes ne sont pas (encore) la priorité des médias locaux Lorrains. Pourtant, la machine est en route et il ne faudra pas rater le train. L’avenir du journalisme passe par là.

Robin Ecoeur

Encadré robot-journalisme :

Ces programmes d’intelligence artificielle, plus communément appelés robots-journalistes, sont des algorithmes programmés pour produire du textes à partir d’informations recherchées sur Internet ou provenant de bases de données.

Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

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Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

Jeux vidéo, publicité, patrimoine culturel, musique... Grâce aux smartphones et tablettes, la réalité augmentée commence, doucement mais sûrement, à trouver sa place dans notre quotidien. Mais aussi dans l'audiovisuel et nos quotidiens... papier.  (suite…)

La radio augmentée est-elle l'avenir ?

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La radio augmentée est-elle l'avenir ?

La radio, comme les autres médias, a vu la révolution numérique débarquer dans les rédactions. Les caméras ont fait leur apparition dans les studios et essayent maintenant de s’adapter à la demande des nouveaux modes de consommation. (suite…)

La radio : contre vents et marées numériques

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La radio : contre vents et marées numériques

Les médias traditionnels se meurent. Le numérique, tel l’épée de Damoclès, plane au-dessus de leur tête. Tous ? Non ! La radio et ses ondes résistent encore et toujours à l’envahisseur. Au niveau local, Internet est devenu plus qu’un simple atout. Entre menace et opportunité, il est un moyen d’exister. (suite…)

Le robot à l'assaut du journalisme

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Le robot à l'assaut du journalisme

Avec l’essor du numérique, le robot commence, doucement mais sûrement, à se faire une place dans certaines rédactions. Un temps annoncé comme le futur du journalisme, il émerge plus comme un coopérateur de luxe. Quoique.
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"On ne fait pas que les chiens écrasés !"

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"On ne fait pas que les chiens écrasés !"

Il cible le « très local » mais se défend de ne faire que ça. « Il », c'est Philippe Jeandel, le fondateur de Vosges-Info, un pure player entièrement gratuit décliné en quatre sites Internet (Gérardmer, Epinal, Saint-Dié, Remiremont) et bientôt cinq (la Plaine des Vosges). Des chiffres en constante hausse (1,3 million de connexions annoncées en janvier 2016 depuis 200 000 postes différents), une santé financière solide... Petit tour d'horizon, avec le principal intéressé, d'une stratégie pas si courante que cela au pays des pure players.

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BuzzFeed vs Le Monde.fr, même combat ?

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BuzzFeed vs Le Monde.fr, même combat ?

Topito, BuzzFeed, Démotivateur. Les sites d’« infotainment » occupent une place importante sur les réseaux sociaux, et Facebook en particulier. Pour autant, peut-on les considérer à part entière comme journalistiques ? Ces sites sont en tous cas révélateurs d’un mode de consommation différent de l’information sur le web.

Ils ont su mêler pureplayers et humour. A coups de "Tops", de photos "irrésistiblement bizarres" ou encore de gifs animés. Internet a modifié les modes d’écritures et de diffusion du journalisme. Des styles différents ont alors éclos, à la manière de ce que proposent Vice, Brain Magazine ou Le Gorafi.
Ce genre de sites d’infotainment est apparu aux Etats Unis avec le désormais très célèbre BuzzFeed. Un site construit d’abord grâce à des articles sous forme de listes au fort potentiel viral. Pêle-mêle : "24 moment historiques qu'on n'oubliera jamais", "21 photos qui ne parleront qu’à celles qui étaient ado dans les années 2000" ou encore "18 expressions qui vous feront retomber en enfance". Pour Jonah Peretti, le fondateur du BuzzFeed, le succès de sa start-up s’explique en ces termes : "nous créons des contenus que les gens veulent partager avec leurs amis".   Les réseaux sociaux sont donc arrivés à point nommé : ils représenteraient plus de la majorité du trafic du site en 2013, soit près de 80 %.

BuzzFeed à ouvert une cellule investigation et s'est bien ancré à l'étranger.

BuzzFeed à ouvert une cellule investigation et s'est bien ancré à l'étranger.

Par ailleurs, jusqu’en 2011 BuzzFeed n’est qu’un agrégateur de liens. L’accent est alors mis sur la production de contenus. Puis, l’arrivée de Ben Smith, blogueur vedette du site d’information politique Politico, permet à BuzzFeed de développer des contenus plus sérieux. Exemple : le scandale des matchs truqués dans le tennis,  révélé en janvier dernier. Des révélations de la BBC et de BuzzFeed qui ont ébranlé le monde du tennis et qui a fait l’actualité durant plusieurs semaines. En 2012, le site avait obtenu son premier scoop d’envergure, en révélant que l'ancien candidat à la maison blanche, John McCain allait soutenir Mitt Romney dans la course à l’investiture républicaine.
Pour justifier la culture du LOL, WTF ou OMG dont BuzzFeed est tout de même le pionnier, le site utilise le terme  "bored-at-work network", c’est-à-dire les gens qui surfent sur internet quand ils s’ennuient au travail.

Racoleur, et pas toujours drôle

Se servir de l’actualité pour en tirer du contenu divertissant. Voilà le credo de Topito. Un site créé en 2006, et dont la particularité est de faire des listes appelés "tops" .  C’est-à-dire des listes hiérarchisées sur n’importe quel sujet. Laurent Moreau, l’un des deux créateurs de Topito explique dans un article de 20minutes.fr  les grandes lignes du site aux tops : "c’est 50 % de création et 50 % de curation". Il parle également de cette notion d’infotainment, inhérente à son site : "Sur Topito on apprend des choses (des fois). Et d'autres fois pas du tout, mais on y trouve surtout des informations drôles, insolites, et utiles."

Topito est la référence en matière d'humour lié à l'actualité sur les réseaux sociaux.

Topito est la référence en matière d'humour lié à l'actualité sur les réseaux sociaux.

Démotivateur, lui, a été créé en 2010. Il revendique un partage chaque seconde sur les réseaux sociaux et par "sa façon différente de lire et décrypter l’actualité en surfant sur l’émotion du lecteur" pouvait–on lire dans l’article de 20minutes.fr : "Ces sites d’infotainment ont réussi à tisser leur toile". En réalité, il s’agit d’un site racoleur au possible avec des articles comme : "Voici 11 anecdotes émouvantes qui ne vont pas vous laisser insensibles, la 4 est incroyable !", "Ces 31 photographies du président américain Barack Obama avec sa femme Michelle vont vous faire craquer !" ou encore "19 choses qui vous rappellent que malgré votre vingtaine, vous êtes un vieux !".  Des titres pour attirer les clics, qui cachent des articles qui ne font pas apprendre grand-chose et qui ne sont pas vraiment drôles…

Un Prix Pulitzer chez BuzzFeed

Si les sites comme Topito ou Démotivateur n’ont pas une vocation journalistique, ils permettent aux internautes de trouver ce qu’ils recherchent. De l’information transformée par le divertissement. Même si c’est bien ce dernier point qui est privilégié.
C’est justement ce qu’a reproché Pierre Haski à Ben Smith, venu présenter la version française de BuzzFeed à Sciences Po en novembre 2013, rapporte Le Monde.fr dans son article "Buzzfeed France se lance à Sciences Po : le choc des cultures". Le journaliste de Rue89 reprochait en effet au rédacteur en chef de BuzzFeed l’absence d’articles sur la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux envoyés spéciaux de RFI au Mali : "Vous avez des choses à dire sur les chats, mais pas sur les journalistes tués."
Si tous ces sites sont populaires sur les réseaux sociaux, ils ne sont néanmoins pas des références. Mais cette tendance est peut-être en train de changer grâce à la version "news" de BuzzFeed, celle qui a dévoilé quelques scandales. Par ailleurs, c’est un lauréat du Prix Pulitzer, Mark Schoofs, qui a mis sur pied cette cellule consacrée à l’investigation. Et si BuzzFeed n’est pas vraiment pris au sérieux, les chiffres qu’il produit peuvent faire saliver l’industrie de la presse, qui se meurt depuis des années. Près de 50 millions de dollars levés depuis sa création. 80 millions de visiteurs uniques par mois. Rien que ça.
Cela pose une autre question. L’infotainment est-il quelque chose d’éphémère apprécié du public actuel mais qui finira par s’en lasser ? Ou va-t-il rester consommé largement par ce même public ?

Thomas VICHARD

Drone : la petite caméra volante qui révolutionna le journalisme

Publié by on 20:09 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

Drone : la petite caméra volante qui révolutionna le journalisme

On connaît déjà le drone de combat et le drone civil. Mais depuis quelques années, un nouvel objet a fait son apparition parmi les pratiques journalistiques : « le drone journalisme ». En 2013, beaucoup de rédactions, les unes après les autres, l'expérimentent. Effet de mode ou vraie révolution, qu'en est-il aujourd'hui ?

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Le minitel et les médias, une expérimentation

Publié by on 11:33 in C'était hier, Médias, Tout et rien | 0 comments

Le minitel et les médias, une expérimentation

La révolution numérique commence au début des années 80 avec le Minitel, l'ancêtre d'internet. Les organes de presse investissent rapidement le secteur de la télématique. Entre monopole et concurrence, entre information et diversification des services : l'adaptation est difficile.
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Financer la presse web, problématique moderne

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Financer la presse web, problématique moderne

En marge des modèles du freemium et du paywall qui dominent la presse web, un autre modèle de financement se développe et se démocratise : monétiser son lectorat. Ce choix économique devient de facto un choix éditorial : le journal reste indépendant des pressions extérieures et des choix des actionnaires en ne se finançant que par l'abonnement de ses lecteurs, qui ne demandent qu'une seule chose en retour : la Vérité.

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