MÉDIAS À LA LOUPE

Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

Publié by on 17:15 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

Jeux vidéo, publicité, patrimoine culturel, musique... Grâce aux smartphones et tablettes, la réalité augmentée commence, doucement mais sûrement, à trouver sa place dans notre quotidien. Mais aussi dans l'audiovisuel et nos quotidiens... papier.  Et si l'avenir de la presse écrite était... la presse écrite elle-même ? Depuis la création de la Gazette en 1631, la presse hexagonale et le statut de ceux qui la font vivre ont considérablement évolué. Jusqu'à connaître son apogée au début du 20ème siècle. C'était sans compter l'émergence du web au milieu des années 90. Déjà palpable, le déclin du papier s'accélère alors et l'ordinateur, puis le smartphone, le relèguent peu à peu au second plan. Fossoyeur annoncé de la presse, le numérique pourrait pourtant bien être son salut. Un salut qui pourrait notamment venir de la réalité augmentée, technologie permettant d'offrir une expérience interactive à son utilisateur. Ce dernier peut alors voir un objet se matérialiser sous ses yeux ou une image se transformer en vidéo. Mais alors, comment définir le concept de réalité augmentée ? Cela n'est pas si simple. Il s'agit en effet d'un domaine transverse, employant toutes sortes de technologies. Concrètement, celle-ci vise à ajouter des éléments virtuels au monde qui nous entoure, en offrant à l'utilisateur la possibilité d'être immergé dans cet environnement mixte. Et si cette avancée trouve tout son sens dans des domaines comme le marketing, la publicité ou encore les jeux vidéo, la presse commence tout doucement à s'y intéresser. Ouest France, le précurseur Reportage de France 3 Bretagne sur l'application 3D lancée par Ouest France - source : YouTube En France, le premier à se lancer n'est autre que Ouest France,  plus grand quotidien régional de par sa diffusion. Ainsi, le 21 mars 2012, cinq photos prenaient vie sous les yeux des quelques 700 000 lecteurs du journal breton. Lors d'une présentation à Rennes, Daniel Floch, rédacteur en chef adjoint du journal, ne cachait pas son enthousiasme : "La photographie en relief est un processus assez révolutionnaire pour un journal : au-delà du côté ludique et événementiel, il y a un vrai champ d'investigation dans le domaine du business et de la publicité". Bien avant le quotidien rennais, d'autres en Europe, et ailleurs dans le monde, ont cédé aux sirènes de la réalité augmentée. En Allemagne, dès août 2010, le Suddeutsche Zeitung publie un supplément intégrant des illustrations en 3D, des bulles de BD apparaissant sur les photos d'une chanteuse ou encore... la solution des mots croisés. Très visuels, les magazines sont particulièrement adaptés à cette innovation. Ainsi, en 2011, l'allemand Stern se lançait dans l'aventure, tout comme les magazines de mode britanniques Harper's Bazaar, Cosmopolitan ou Company. Entre autres applications, des vidéos de mannequins posant pour des photographes, la vidéo d'une chanteuse ou encore la présentation du magazine par le rédacteur en chef. Au Japon, le journal se partage avec ses enfants - source : YouTube En 2013, le quotidien nippon Tokyo Shimbun privilégie quant à lui une utilisation pour le jeune public, peu familiarisé à la presse papier. But de l'opération ? Rendre l'information accessible à tous en la présentant de manière ludique. Lorsque l'enfant scanne l'article, une mascotte apparait sous ses yeux et le texte, parfois barbare, devient plus limpide. Le tout grâce à une simple application iPhone. "L'ancêtre d'Internet" Si le papier se convertit au numérique, l'industrie audiovisuelle se prend également au jeu. Car...

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La radio augmentée est-elle l'avenir ?

Publié by on 12:41 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

La radio augmentée est-elle l'avenir ?

La radio, comme les autres médias, a vu la révolution numérique débarquer dans les rédactions. Les caméras ont fait leur apparition dans les studios et essayent maintenant de s’adapter à la demande des nouveaux modes de consommation. Si la radio reste encore massivement écoutée sur les supports traditionnels comme le transistor ou l’autoradio, les pratiques évoluent. La proportion des moins de vingt ans écoutant la radio sur les nouveaux supports, smartphones en tête, s’élèvent à presque 30 % (chiffre médiamétrie 2014). Ce chiffre ne devrait aller qu’en augmentant. Pour s’adapter aux modes de consommation, les grandes stations nationales ont décidé d'intégrer de la vidéo à leur média audio. C'est ce que l'on appelle la radio augmentée. Europe 1 a été pionnière en 2012, suivie par RTL en 2013 et enfin France Info en mars 2015. Mais qu’est ce que c'est réellement ? Cyril Destracque, rédacteur en chef adjoint à FranceInfo.fr l’explique simplement : « c’est la radio filmée en direct. La vidéo est enrichie d’un bandeau avec des tweets qui synthétisent l’actualité ». Elle est perçue par les rédactions comme un complément de l’information diffusée pour la rendre plus riche et plus intéressante. Cyril Destracque explique que FranceInfo.fr souhaite aller encore plus loin : « On veut considérablement développer la radio augmentée. On voudrait pouvoir créer des liens sur lesquels les internautes pourrait cliquer et aller directement à la source. C’est un axe où l’on doit progresser pour capter les 15-35 ans".  Pour le rédacteur en chef adjoint à FranceInfo.fr, "la radio augmentée, c'est peut-être l'avenir". Le postulat de départ n'est donc pas que c'est une solution pour s'adapter à la révolution numérique. Pourtant, les grandes radios n'ont d'autres choix que de s'aligner sur l'offre proposée par ces concurrents. A défaut de mieux peut-être. Toutes n'en sont même pas au même niveau de radio augmentée. Sur son site, RTL n’intègre pas directement les tweets et autres infographies directement dans l’image contrairement à Europe1 et France Info. Quelles conséquences ? Au moment du passage sur l'application pour smartphones, il est impossible de voir les tweets. La radio augmentée de RTL est seulement de la radio filmée sans réel intérêt puisqu'il n'y a pas de valeur ajoutée. Europe 1 et France Info restent cohérents sur les deux supports. Cependant seule la chaine publique d'info en continu parvient à avoir une véritable régularité avec vingt-quatre de diffusion contre quatorze pour la station de Lagardère. Les radios ont encore du travail devant elles si elles veulent pouvoir capter un public plus jeune et plus mobile. Seules trois stations nationales s'y sont mises. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation de l’information.   Margaux...

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La radio : contre vents et marées numériques

Publié by on 16:31 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

La radio : contre vents et marées numériques

Les médias traditionnels se meurent. Le numérique, tel l’épée de Damoclès, plane au-dessus de leur tête. Tous ? Non ! La radio et ses ondes résistent encore et toujours à l’envahisseur. Au niveau local, Internet est devenu plus qu’un simple atout. Entre menace et opportunité, il est un moyen d’exister. Dans tous les studios de radio, on ne peut plus y couper. A côté du micro, de la table de mixage, et sous le regard de l’horloge numérique rouge, les ordinateurs ont une place de choix. Leur arrivée n’est pas seulement un gadget supplémentaire : Internet a bouleversé les manières de concevoir, de faire et de consommer la radio. Localement, cette révolution numérique est peut-être encore plus palpable. Pour Tom Braun, l’un des fondateurs de Radio Campus Lorraine (RCL), la fréquence étudiante : "Sans internet, nous n’existerions pas. Quand tu construis une radio en 2012, t’es obligé de passer par la diffusion sur Internet. On est à l’ère du numérique : pour avoir une bande FM, il faut faire ses preuves sur le web".  Un outil devenu indispensable pour les stations : toutes ont leur site sur la toile, et sont actives sur les réseaux sociaux. Médias et Internet : un mariage de raison. Des nouvelles manières de consommer… Si les sites web diffèrent d’une station à l’autre, les contenus sont souvent les mêmes : streaming en direct, podcast, chat. Pour Tom Braun, responsable éditorial d’RCL,  il y a quatre façons d’écouter la radio : "par la FM d'abord : ce sont les auditeurs non fidèles, qui tombent sur la fréquence par hasard, par le streaming en direct où l’auditeur fait la démarche d’aller écouter une émission, par les podcast aussis, c’est-à-dire la réécoute à la demande, et la consommation via article, un contenu multi-support, de supplément aussi". La radio ne s’écoute donc plus seulement sur le bon vieil autoradio et plus question de surveiller l’heure pour ne pas rater les premières minutes des émissions. Parce qu’il revendique sa proximité avec les auditeurs, le support radiophonique a su s’adapter aux évolutions des modes de vie des français. "Ce que permet le web, la FM ne le permettait pas il y a vingt ans. Mais pour ça il faut oser essayer des trucs ! ". Internet est aussi un outil comptable qui permet de visualiser les différents types de consommation : "A RCL, on est à 50 % d'écoute FM et 50 % d’Internet. Mais c’est très variable d’une émission à une autre !". … qui impliquent de nouvelles façons de concevoir la radio RCL s’est imaginée comme une web-radio : "Les radios créées en FM prennent le tournant du numérique, et cela engendre des coûts énormes. Nous, on est d’abord né avec le virage numérique. Notre diffusion principale c’est le web. On s’est construit à l’envers". La radio étudiante revendique cette essence numérique et une création qui est réfléchie à la fois pour le web et pour la FM. Leur objectif : concilier les deux formats différents. "Par exemple, en FM donner l’heure est indispensable, en podcast, l’heure est de toute façon différente" développe Tom. Rien à voir à Fajet ou Radio Caraïb Nancy (RCN), deux radios associatives locales qui font de leur diffusion FM leur priorité. Arielle Christoflau, directrice de RCN : "On privilégie l’antenne à 100 %". Pour la plupart des radios : Internet, c’est un plus. Un outil de communication, pour se faire connaître hors des frontières. Fabienne Marchal, directrice...

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"On ne fait pas que les chiens écrasés !"

Publié by on 20:06 in Les journalismes, Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques, Tout et rien | 0 comments

"On ne fait pas que les chiens écrasés !"

Il cible le « très local » mais se défend de ne faire que ça. « Il », c'est Philippe Jeandel, le fondateur de Vosges-Info, un pure player entièrement gratuit décliné en quatre sites Internet (Gérardmer, Epinal, Saint-Dié, Remiremont) et bientôt cinq (la Plaine des Vosges). Des chiffres en constante hausse (1,3 million de connexions annoncées en janvier 2016 depuis 200 000 postes différents), une santé financière solide... Petit tour d'horizon, avec le principal intéressé, d'une stratégie pas si courante que cela au pays des pure players. Vous êtes un ancien correspondant de La Liberté de l'Est (devenu Vosges Matin). Considérez-vous qu'un pure player comme Vosges-Info, avec sa ligne éditoriale centrée sur l'information micro-locale, est en train de renouveler l'information locale ? "Certains le disent, oui. L'information va vite et je ne crois pas que les gens ont envie d'acheter un journal qui coûte 1 € ou 1,10 € pour avoir une information qui les intéresse de manière partielle. Sur une multitude de papiers, seuls quelques-uns les intéressent. Avec un pure player, l'avantage est que l'information vient directement à eux. Notre stratégie de fragmenter notre site en plusieurs localités permet aux gens de s'y identifier plus facilement. On fait de l'information départementale également mais on garde l'identité du localier qu'on peut retrouver chez les correspondants de la PQR [presse quotidienne régionale]." Finalement, le contenu que vous proposez n'est pas si différent de celui que l'on retrouve dans la presse papier, chez vos confrères de Vosges Matin par exemple... "On retrouve la même chose mais on prend parfois des angles différents. Globalement, on s'intéresse à la vie des associations, des clubs, des municipalités, etc. C'est ce qui plaît aux gens. L'avantage, c'est qu'on est gratuits et qu'on sort l'information immédiatement." Serait-il donc impossible de monétiser le contenu, totalement ou en partie, sur un pure player d'information micro-locale ? "Pas pour l'instant selon moi. Ce qu'on va essayer de faire, en revanche, c'est une levée de fonds. On donnerait la possibilité à nos lecteurs de nous aider en faisant des dons via un onglet que l'on rendrait visible sur notre site Internet. Finalement, on peut considérer qu'on est un service public dans la mesure où on offre aux gens de l'information gratuite. Mais faire payer le contenu, je ne crois pas que ça marcherait. Peut-être que je me trompe..." Finalement, les pure players d'information micro-locale sont assez rares en Lorraine. Pourquoi ? "Il y a bien Tout-Metz mais c'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup. LorActu essaye de le faire mais ils n'ont aucune crédibilité selon moi. Nous, notre politique, c'est le terrain et la proximité avec les lecteurs, les associations, les élus, etc." Le piège, plus que pour des médias nationaux ou traitant l'information sur un terrain plus vaste, n'est-ce pas justement d'être trop proche des gens ? De tomber dans la connivence ? "Pas forcément. En ce moment, je suis sur une grosse affaire à propos de laquelle on m'a demandé de ne pas parler. Ça ne va pas m'empêcher de le faire. Bien sûr, on est dans une proximité qui fait que, parfois, on n'a pas envie de charger la mule. J'ai beau être proche du maire de Gérardmer (Stacy Speissmann), ça ne m'empêchera pas d'en parler si un jour il dérape par exemple. Au niveau national, on peut écrire n'importe quoi sur n'importe qui ou...

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BuzzFeed vs Le Monde.fr, même combat ?

Publié by on 13:21 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

BuzzFeed vs Le Monde.fr, même combat ?

Topito, BuzzFeed, Démotivateur. Les sites d’« infotainment » occupent une place importante sur les réseaux sociaux, et Facebook en particulier. Pour autant, peut-on les considérer à part entière comme journalistiques ? Ces sites sont en tous cas révélateurs d’un mode de consommation différent de l’information sur le web. Ils ont su mêler pureplayers et humour. A coups de "Tops", de photos "irrésistiblement bizarres" ou encore de gifs animés. Internet a modifié les modes d’écritures et de diffusion du journalisme. Des styles différents ont alors éclos, à la manière de ce que proposent Vice, Brain Magazine ou Le Gorafi. Ce genre de sites d’infotainment est apparu aux Etats Unis avec le désormais très célèbre BuzzFeed. Un site construit d’abord grâce à des articles sous forme de listes au fort potentiel viral. Pêle-mêle : "24 moment historiques qu'on n'oubliera jamais", "21 photos qui ne parleront qu’à celles qui étaient ado dans les années 2000" ou encore "18 expressions qui vous feront retomber en enfance". Pour Jonah Peretti, le fondateur du BuzzFeed, le succès de sa start-up s’explique en ces termes : "nous créons des contenus que les gens veulent partager avec leurs amis".   Les réseaux sociaux sont donc arrivés à point nommé : ils représenteraient plus de la majorité du trafic du site en 2013, soit près de 80 %. Par ailleurs, jusqu’en 2011 BuzzFeed n’est qu’un agrégateur de liens. L’accent est alors mis sur la production de contenus. Puis, l’arrivée de Ben Smith, blogueur vedette du site d’information politique Politico, permet à BuzzFeed de développer des contenus plus sérieux. Exemple : le scandale des matchs truqués dans le tennis,  révélé en janvier dernier. Des révélations de la BBC et de BuzzFeed qui ont ébranlé le monde du tennis et qui a fait l’actualité durant plusieurs semaines. En 2012, le site avait obtenu son premier scoop d’envergure, en révélant que l'ancien candidat à la maison blanche, John McCain allait soutenir Mitt Romney dans la course à l’investiture républicaine. Pour justifier la culture du LOL, WTF ou OMG dont BuzzFeed est tout de même le pionnier, le site utilise le terme  "bored-at-work network", c’est-à-dire les gens qui surfent sur internet quand ils s’ennuient au travail. Racoleur, et pas toujours drôle Se servir de l’actualité pour en tirer du contenu divertissant. Voilà le credo de Topito. Un site créé en 2006, et dont la particularité est de faire des listes appelés "tops" .  C’est-à-dire des listes hiérarchisées sur n’importe quel sujet. Laurent Moreau, l’un des deux créateurs de Topito explique dans un article de 20minutes.fr  les grandes lignes du site aux tops : "c’est 50 % de création et 50 % de curation". Il parle également de cette notion d’infotainment, inhérente à son site : "Sur Topito on apprend des choses (des fois). Et d'autres fois pas du tout, mais on y trouve surtout des informations drôles, insolites, et utiles." Démotivateur, lui, a été créé en 2010. Il revendique un partage chaque seconde sur les réseaux sociaux et par "sa façon différente de lire et décrypter l’actualité en surfant sur l’émotion du lecteur" pouvait–on lire dans l’article de 20minutes.fr : "Ces sites d’infotainment ont réussi à tisser leur toile". En réalité, il s’agit d’un site racoleur au possible avec des articles comme : "Voici 11 anecdotes émouvantes qui ne vont pas vous laisser insensibles, la 4 est incroyable !", "Ces 31 photographies du président américain Barack Obama avec sa femme Michelle vont vous faire craquer !" ou...

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Drone : la petite caméra volante qui révolutionna le journalisme

Publié by on 20:09 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

Drone : la petite caméra volante qui révolutionna le journalisme

On connaît déjà le drone de combat et le drone civil. Mais depuis quelques années, un nouvel objet a fait son apparition parmi les pratiques journalistiques : « le drone journalisme ». En 2013, beaucoup de rédactions, les unes après les autres, l'expérimentent. Effet de mode ou vraie révolution, qu'en est-il aujourd'hui ? "Les drones offrent clairement des points de vue inédits jusqu'ici inaccessibles" lance Fred Marvaux, photographe indépendant à Nancy. "Les images sont magnifiées ", surtout quand il s'agit de paysage comme le Mont-Saint-Michel, filmé lors du tour de France 2013 pour France TV sport. "L'objet offre une fluidité de l'image et une qualité plutôt esthétique" s'accorde Grégory Barbier, journaliste à la cellule web de l'Est Républicain. "Et c'est ce critère qui fait que le lecteur-téléspectateur-internaute s’intéresse au sujet". Dernier exemple en date : la dévastation de la ville de Homs, en Syrie, filmée rue par rue, par un drone russe. La prise de vue atypique rend compte différemment de la situation et offre au public une approche peu commune de l'information. Elle attire l’œil, par son niveau de lecture différent d'un reportage en immersion totale, qu'il soit audiovisuel ou écrit. En mars 2013, l'Express est le premier média français à utiliser la petite caméra volante à des fins journalistiques. Conscientes des avantages, les rédactions s'approprient petit à petit le phénomène. Trois mois plus tard, c'est au tour de la chaîne BFMTV de diffuser des images des dégâts causés par la crue dans la ville de Lourdes : "une visibilité inédite sur la ville sinistrée." Les magazines d'information suivent le pas. "À France TV, les images vues du ciel s’intègrent aux plans des reportages du 13h ou dans les longs formats diffusés par Envoyé Spécial", explique Arnaud Salvini, journaliste à France 3 Lorraine- Sud. Vues comme un complément d'information, les images issues d'un drone se répandent "mais en région, nous ne nous rêvons pas encore de drones dans nos reportages d'actualité". Toutefois, l'antenne de France 3 en a fait l'expérience récemment en diffusant via sa page Facebook, une vidéo montrant une collision entre un train et un camion à hauteur de Beuveille (54). Réalisée avec un drone, la vidéo est "un vrai succès, avec près de 400 000 vues" ajoute Jean-Christophe Dupuis-Rémond, responsable de la cellule web de France 3 Lorraine. Une réglementation drastique Maniabilité et accessibilité, les professionnels semblent unanimes quant à l'utilisation du drone. Mais derrière les qualités, se cachent parfois (souvent) des défauts. Début 2014, Hans, lycéen, réalise une vidéo de Nancy vue du ciel à l’aide d’un drone équipé d’une caméra. L'image est remarquable, inédite et des plus réalistes. À l'époque, la vidéo postée sur Youtube comptabilise près de 400 000 vues en l'espace de quelques jours. Mais le jeune homme est vite rattrapé par la direction générale de l’aviation civile (DGAC), puis convoqué par la gendarmerie. En cause : la législation qui encadre l’usage des drones, notamment l’arrêté du 11 avril 2012. Depuis le 1er janvier, la réglementation a évolué. Deux nouveaux arrêtés sont en vigueur.   Un effet de mode Jean-Christophe Panek porte un tout autre regard sur l'objet volant. Journaliste à France 3 Lorraine-Nord, il travaille au quotidien avec des journalistes reporter d'images : "Les drones peuvent devenir un sérieux concurrent pour eux car demain ces engins feront dix fois mieux. Notamment sur des situations de faits divers ou de...

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Les Guignols de l'info : Bolloré tire les ficelles

Publié by on 11:41 in Médias, Société | 0 comments

Les Guignols de l'info : Bolloré tire les ficelles

Depuis 2013, Vincent Bolloré est actionnaire majoritaire de Canal Plus. Son arrivée marque un tournant pour la quatrième chaîne. Le Breton veut remodeler à son image un esprit canal qu'il juge en perte de vitesse. Cela commence par la modification (puis la suppression ?) des Guignols de l'Info, émission phare de la chaîne. Entre déclin et changements demandés par le milliardaire, focus sur la méthode Bolloré. Avril 2002, à 15 minutes de la divulgation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, les équipes de Guignols de l’Info décident de dévoiler que Jean-Marie Le Pen passe au second tour. Bruno Gaccio, auteur emblématique des Guignols voit par là le moyen d’être le premier à donner l’information, alors même qu’il est interdit par la loi de donner les noms des gagnants du premier tour avant 20 heures. Le but est dans un premier temps d’inciter les abstentionnistes à aller voter pour contrer le passage du Front National au second tour. Dans un deuxième temps les auteurs tentent de faire invalider le résultat de ce premier tour en donnant l’information avant d’avoir l’autorisation de le faire. C’est le dernier fait d’arme notable des Guignols de l’info. Ceux-ci n’ont effectivement plus le même impact politique qu’autrefois, ce rôle de poil à gratter étant aujourd'hui davantage assuré par Le Petit Journal de Yann Barthès. Faire le ménage Pour les 30 ans de Canal Plus en novembre 2014, les Guignols sont fêtés en grande pompe. On n’imagine pas qu’à l’été 2015 la survie de cette émission va être en jeu. Comment évoquer le déclin des Guignols de l’Info sans parler de Vincent Bolloré ? Le Breton, 9ème fortune de France et président du directoire de Vivendi est surtout l’actionnaire majoritaire de Canal Plus depuis 2013. En prenant les rênes de la chaîne créée en 1984, Bolloré cherche à faire le ménage. Il exige un remaniement total du Grand Journal, qui passe par les Guignols de l’info. Le milliardaire veut se débarrasser des célèbres marionnettes dont il n’apprécie guère l’humour incisif. "Je trouve que se moquer de soi-même c’est bien. Se moquer des autres, c’est moins bien" déclare le propriétaire de Canal Plus sur France Inter, le 12 Février 2015.   Vincent Bolloré à propos de "l'esprit Canal" , le 12 Février 2015, sur France Inter . Si l’émission satirique reste finalement à l’antenne, de grands changements sont prévus. Exit la programmation à 19h50, les Guignols passeront dorénavant à 20h50. Et en crypté. Ce qui induit donc de modifier le fond et la forme de l’émission. Cette dernière ne sera plus un journal télévisé présenté par PPD (la marionnette de Patrick Poivre D’Arvor) mais suivra l’intérieur d’une rédaction. Dorénavant, plus de place aux peoples, et moins aux politiques. D’ailleurs deux nouvelles marionnettes ont été annoncées, celles de Kim Kardashian et de Justin Bieber. Preuve s’il en faut de la volonté de se tourner vers l’international et vers le monde des célébrités. "Une émission ringarde" Ce qui fait grincer des dents quand on évoque la possible suppression des Guignols, c’est la dimension politique qu’elle implique. Vincent Bolloré est un ami de longue date de Nicolas Sarkozy, qui déteste sa marionnette. De nombreuses rumeurs ont ainsi vu le jour sur l’implication de l’ancien président de la République dans le possible arrêt des Guignols. Le président des Républicains qualifierait en interne le programme de Canal...

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Le minitel et les médias, une expérimentation

Publié by on 11:33 in C'était hier, Médias, Tout et rien | 0 comments

Le minitel et les médias, une expérimentation

La révolution numérique commence au début des années 80 avec le Minitel, l'ancêtre d'internet. Les organes de presse investissent rapidement le secteur de la télématique. Entre monopole et concurrence, entre information et diversification des services : l'adaptation est difficile. Le Minitel est le fruit d’une époque nouvelle. Celle des télécommunications qui s’articulent avec l’information. Bernard Lamizet définit ce lien comme « l’organisation d’un espace social, fondé sur des usages marchands, structuré en fonction des potentialités économiques ». C’est la naissance d’une culture de l’information inédite, propice à l’apparition de la télématique. L’État français porte cette vision et installe gratuitement le Minitel dans les foyers dès 1981. Ce nouveau paradigme entre technologie et économie effraie d’abord les organes de presse. La mort du papier est présumée. On craint une libéralisation sauvage de l’information : la concurrence déloyale de nouveaux éditeurs de presse. Yannick Estienne l’affirme : « Ces phénomènes apparaissent immanquablement à chaque nouveau media ». Or, Laurence Corroy et Emilie Roche soulignent une volonté de diversification des activités, au sein d’un mouvement de concentration dans la presse. Crainte ou main basse ? Le monopole à la minute Le kiosque est instauré en février 1984, il définit le système tarifaire du Minitel : « Le paiement forfaitaire à la durée de tous les services, collecté par France Télécom au travers de la facture téléphonique, avec reversement à l’éditeur ». Ce système est une concession de la Direction Générale des Télécommunications aux éditeurs de presse. En effet, ceux-ci obtiennent l’exclusivité de la création de services sur télématique. Leurs avantages concurrentiels renforcent ce monopole. Ils dominent par leurs capitaux et leurs capacité de promotion, leur fond informationnel et leurs liens avec les lecteurs. Pour les éditeurs indépendants, l’entrée dans la télématique a un coût trop élevé. La question qui se pose alors est celle des contenus proposés sur le Minitel. La presse doit-elle transposer son format papier ou créer des contenus alternatifs ? Au début, la télématique sert à créer un double du journal. De nouvelles équipes, dotées de rédacteurs en chef, sont créées. Jean-Marie Charon constate que c’est un échec total. Les flashs actualisés en direct et les banques de données ne fonctionnent pas. Il apparaît que le public ne ressent pas le besoin d’être connecté sans intervalles pour s’informer : le Minitel n’est pas rentable. Dès 1985, les médias lancent en parallèle des services multifonctions pour un investissement moindre : messageries, jeux, annuaires, transactions, réservation, informations pratiques. Surtout, les messageries roses qui gonfleront les chiffres d’affaire ! A 0.46 Francs la minute reversée aux seuls éditeurs, la stratégie est lucrative. Ceux qui s’opposent à ces pratiques se marginalisent ou dépérissent. Les fonds alloués à la télématique sont réorientés. Le groupe Sud-Ouest se défait de la plupart des journalistes alloués à cette branche. Si des journaux, tels Libération et Le Parisien, maintiennent des services importants d’information, le videotext est perçu majoritairement comme un mal nécessaire. Une machine à sous qui permet de réinvestir les recettes conséquentes dans le format papier plutôt que dans la télématique. Car les directions des journaux méprisent majoritairement ce format. Cette stratégie leur porte préjudice quand le Minitel s’ouvre à la concurrence. Des pertes et des déceptions En 1987, Il y a plus de 5 millions de postes en France. Le système de kiosque multi-palier est mis en place. Il permet à de nouveaux intervenants d’avoir accès à des services moins couteux...

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Chirac doit-il l'Elysée aux Guignols ?

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Chirac doit-il l'Elysée aux Guignols ?

Si les Guignols de l’Info restent une émis­sion satirique, il n’en reste pas moins qu’elle traite d’actualité, de politique, de sujets sérieux. Ce double aspects, lui confère une influence relative sur l’échiquier politique. La marionnette de Jacques Chirac met en relief l’influence qu’a pu avoir l’émission sur des élections présidentielles de 95. Singeant l’actualité avec la caricature comme arme, les Guignols De l’Info ont été pour beaucoup une pre­mière approche, sinon la seule, de la politique. Une émission, qui, à l’instar du Petit Journal aujourd’hui, remplit une fonction sociale par son pouvoir de socialisation politique. Elle offre un regard décalé sur ce que beaucoup considèrent comme fastidieux, et obscur. Les Guignols De l’Info avaient le mérite de détourner les traits de caractère des principaux acteurs politiques pour en faire de véritables marionnettes comiques. N’hésitant parfois à tomber dans l’excès. Mais la singerie s’arrête là où la réalité commence. Fort de ses audiences, Les Guignols sont devenu un objet média­tique à part entière et à ce titre, ont eu un impact particulier sur les téléspectateurs. « Mangez des pommes » La force d’influence de l’émission réside dans le fait qu’elle s’inspire de faits réels pour les détourner. Dès lors, la fron­tière entre information et satire peut être floue et entrainer une confusion. Cette confusion peut aller dans les deux sens. Elle peut rendre un personnage politique plus grossier, plus incompé­tent qu’il ne l’est réellement, ou à l’inverse, plus sympathique, moins manichéen, dans l’esprit des électeurs. Ce dernier cas de figure est observable avec la marionnette de Jacques Chirac.   Découvrez Jacques Chirac, présenté en victime dans un des journaux des Guignols de l'info :   Dans la campagne pour les élections présidentielles de 95, il est, dans un premier temps, opposé à Edouard Balladur (RPR aussi), le favori initial. Si la marionnette de Balladur, joue sur le caractère peu expressif de l’ancien ministre. On retrouve un Balladur en­nuyeux, aristocratique, déconnecté de la réalité. A l‘inverse son adversaire à droite, l’avatar de Chirac est présenté comme un bon vivant, sympathique et proche du peuple. Simple et vulgaire. Balladur est notamment insulté par son adversaire de « couille molle ». Ce scénario, qui a partici­pé à la mise hors-jeu de Balladur, se reproduit lors de la dernière ligne droite. Chirac est alors opposé à Jospin. S’il est l’ami du peuple, Jospin est présenté comme un politique sérieux, voire taciturne. Peu charismatique en soi. « la frisouille » comme le nomme la marionnette de Chirac.   Autre élément fondamental dans sa réussite, l’ubiquité de la marionnette de Chirac en 1995. Déjà présent depuis 90, arri­vé à la tête de la mairie de Paris, il bénéficie d’une certaine notoriété. Il est déjà installé. Les mimiques sont déjà connues du public. Fatalement, il devient au cours des années la marionnette préféré des Français. La plus connue, la plus caractéristique, la plus caricaturale par ses mimiques et ses tics verbaux. Elle est sympathique et le Président bénéficie de cette aura. Il parait évident que les élections présidentielles de 95 ne se sont pas jouées uniquement sur le plateau des Guignols de l’Infos, mais aussi sur le terrain. Il faut donc nuancer son influence. Pour Henry Bergson, le philosophe, (1859-1941) il est facile de réécrire l’histoire. Quand on la connaît déjà. « La possibilité d’une chose n’étant jamais que le mirage dans le passé indéfini...

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Prix Bayeux-Calvados : Trois questions à Laurence Geai, photoreporter

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Prix Bayeux-Calvados : Trois questions à Laurence Geai, photoreporter

Samedi 10 octobre, après le vote du public, Laurence Geai, photographe indépendante, échange avec les participants. De ces débuts en Centre Afrique, à ces passages en Syrie ou à Gaza, elle parle de tout. Son expérience encore toute récente donne un regard neuf sur la profession de journaliste photographe de guerre. Sous ses airs de « modèle », se cache un caractère fort.

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