Germain-Hervé Mbia Yebega : des frontières à effacer

Administrateur de l'Alliance francophone et chercheur à l'Observatoire politique et stratégique de l’Afrique de l'Université de la Sorbonne à Paris, Germain-Hervé Mbia Yebega est un témoin privilégié des relations inter-médias entre l'Afrique et la France. Il plaide pour des liens renforcés à la fois entre les médias d'Afrique et avec la presse française.

(Crédit Photo : Matthias Manceaux)

Germain-Hervé Mbia Yebega, membre du conseil d'administration d'Alliance Francophone. Crédit Photo : Matthias Manceaux

En quoi consiste votre travail d'administrateur de l'Alliance francophone ?

L'alliance francophone est une association, un groupement de personnes qui consiste à promouvoir les valeurs humanistes francophones de progrès, de démocratie, des droits de l'homme, des droits de la femme… Je fais partie de son conseil d'administration et je suis conseiller spécial de son président, Jean Guion.

Les médias français peuvent-ils s'implanter durablement en Afrique ?

C'est toute la question ! Notre opérateur historique est RFI (Radio France Internationale) mais deux opérateurs français veulent s'installer : Le Monde et France Culture. Ils ont déjà exprimé leurs projets pour l'Afrique. Même si France Culture a un point d'ancrage plus important, la presse française a du mal à déterminer une politique éditoriale en Afrique. Aucun de ces deux médias ne sont en mesure de dire qu'ils connaissent le terrain africain.

Le projet d'une version africaine du journal Le Monde vous apparaît-il comme une bonne ou une mauvaise chose pour la presse quotidienne d'Afrique ?

Tout va dépendre du contenu et de l'accessibilité de l'information ! C'est ce même contenu qui va déterminer la place qu'aura ce média dans la presse. Mais pour l'instant, ce n'est qu'un projet, il n'y a rien de définitif.

Croyez-vous, comme Jean Guion l'évoquait lors de la conférence, à une expansion mondiale de la langue française grâce à une coopération transcontinentale ?

La question est de savoir quel projet nous allons avoir et comment nous allons mobiliser nos ressources. Si on veut que la langue française se développe, il faut que tout le monde se donne les moyens de développer la langue française en Afrique. L'Afrique est et sera l'aire géographique qui comprendra le plus de francophones dans le monde. Si la langue française est amenée à évoluer, on ne pourra pas ignorer le continent africain ! Pour cela, tous les moyens doivent être pris. On a le cas au Burkina Faso et au Niger où les propriétaires des médias de ces pays sont déjà en interaction. C'est justement ce type de mobilisation des moyens qui permettra une meilleure coopération entre les différents pays africains.

Les centres de production des programmes télévisuels destinés à l'Afrique sont en général basés dans des pays anglophones. Quelle stratégie adopter pour les productions francophones ?

L'URTNA (l'Union des Radios et Télévisions Nationales d'Afrique) a été créée dans cette optique. C'est une association qui regroupe des médias francophones et africains ayant des projets communs. On fonde beaucoup d'espoirs sur cette organisation pour que cette coopération fonctionne mieux.

Author: Matthias Manceaux

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