Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

Jeux vidéo, publicité, patrimoine culturel, musique... Grâce aux smartphones et tablettes, la réalité augmentée commence, doucement mais sûrement, à trouver sa place dans notre quotidien. Mais aussi dans l'audiovisuel et nos quotidiens... papier. 

Et si l'avenir de la presse écrite était... la presse écrite elle-même ? Depuis la création de la Gazette en 1631, la presse hexagonale et le statut de ceux qui la font vivre ont considérablement évolué. Jusqu'à connaître son apogée au début du 20ème siècle. C'était sans compter l'émergence du web au milieu des années 90. Déjà palpable, le déclin du papier s'accélère alors et l'ordinateur, puis le smartphone, le relèguent peu à peu au second plan.

Fossoyeur annoncé de la presse, le numérique pourrait pourtant bien être son salut. Un salut qui pourrait notamment venir de la réalité augmentée, technologie permettant d'offrir une expérience interactive à son utilisateur. Ce dernier peut alors voir un objet se matérialiser sous ses yeux ou une image se transformer en vidéo.

Mais alors, comment définir le concept de réalité augmentée ? Cela n'est pas si simple. Il s'agit en effet d'un domaine transverse, employant toutes sortes de technologies. Concrètement, celle-ci vise à ajouter des éléments virtuels au monde qui nous entoure, en offrant à l'utilisateur la possibilité d'être immergé dans cet environnement mixte. Et si cette avancée trouve tout son sens dans des domaines comme le marketing, la publicité ou encore les jeux vidéo, la presse commence tout doucement à s'y intéresser.

Ouest France, le précurseur

Reportage de France 3 Bretagne sur l'application 3D lancée par Ouest France - source : YouTube

En France, le premier à se lancer n'est autre que Ouest France,  plus grand quotidien régional de par sa diffusion. Ainsi, le 21 mars 2012, cinq photos prenaient vie sous les yeux des quelques 700 000 lecteurs du journal breton. Lors d'une présentation à Rennes, Daniel Floch, rédacteur en chef adjoint du journal, ne cachait pas son enthousiasme :

"La photographie en relief est un processus assez révolutionnaire pour un journal : au-delà du côté ludique et événementiel, il y a un vrai champ d'investigation dans le domaine du business et de la publicité".

Bien avant le quotidien rennais, d'autres en Europe, et ailleurs dans le monde, ont cédé aux sirènes de la réalité augmentée. En Allemagne, dès août 2010, le Suddeutsche Zeitung publie un supplément intégrant des illustrations en 3D, des bulles de BD apparaissant sur les photos d'une chanteuse ou encore... la solution des mots croisés.

Très visuels, les magazines sont particulièrement adaptés à cette innovation. Ainsi, en 2011, l'allemand Stern se lançait dans l'aventure, tout comme les magazines de mode britanniques Harper's Bazaar, Cosmopolitan ou Company. Entre autres applications, des vidéos de mannequins posant pour des photographes, la vidéo d'une chanteuse ou encore la présentation du magazine par le rédacteur en chef.

Au Japon, le journal se partage avec ses enfants - source : YouTube

En 2013, le quotidien nippon Tokyo Shimbun privilégie quant à lui une utilisation pour le jeune public, peu familiarisé à la presse papier. But de l'opération ? Rendre l'information accessible à tous en la présentant de manière ludique. Lorsque l'enfant scanne l'article, une mascotte apparait sous ses yeux et le texte, parfois barbare, devient plus limpide. Le tout grâce à une simple application iPhone.

"L'ancêtre d'Internet"

fr.pinterest.com

Crée en collaboration avec l'INRIA, le StudioLab préfigure peut-être le plateau télé de demain. Source : Pinterest

Si le papier se convertit au numérique, l'industrie audiovisuelle se prend également au jeu. Car si elle reste très regardée, la télé (notamment historique) souffre de l'arrivée des chaînes de la TNT et des nouvelles pratiques de visionnage comme le replay ou la vidéo à la demande. Désignée comme "l'ancêtre d'Internet" par PPD en ouverture des Guignols de l'Info, le média doit se réinventer, au risque de sombrer.

En France, une entreprise travaille sur le futur de l'audiovisuel. Il s'agit d'Artefacto, société rennaise ayant crée une plateforme audiovisuelle basée entièrement sur les réalités virtuelle et augmentée.

Baptisé StudioLab, l'outil est situé à l'espace des sciences de Rennes et sert, entre autres, à tourner des vidéos pour des expositions ainsi qu'à réaliser des MOOC. Christine Deschaseaux, responsable communication et marketing  précise :

"Nous ne sommes que fournisseur de la plateforme. C'est l'espace des sciences qui s'occupe de la louer, notamment à des agences de communication."

La commercialisation est certainement le point noir de l'outil. Car le procédé, de prime abord peu révolutionnaire, s'avère néanmoins onéreux pour les potentiels acquéreurs.

"Nous avons déjà envisagé la revente mais c'est difficile car très coûteux. Pour que ce soit rentable, soit on vend le studio complet à quelqu'un qui l'utilise intensivement, soit on choisit l'option d'un studio portable, pour des événements ponctuels comme les congrès."

Début septembre, M6 a adopté un nouveau plateau, entièrement virtuel, pour son 19:45 - source : puremedias
 

Depuis la rentrée, une chaîne française s'est d'ores et déjà mise au diapason. A savoir M6, dont le journal du soir fait la part belle à la réalité augmentée. Du générique de lancement aux infographies 3D en passant par des écrans virtuels où apparaissent les correspondants de la chaîne, tout est calibré et scénarisé avec le plus grand soin. De quoi donner des idées à la concurrence ?

Pierre Estadieu

Author: PIERRE.E

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