Journalistes et étudiants : conseils et réflexions sur la profession

Journalistes et étudiants ont échangé sur le métier ce jeudi 16 octobre aux Assises du journalisme 2014. Dans la salle Saint-Pierre aux Nonnains, de nombreux conseils ont été délivrés à la nouvelle génération : attitudes à adopter et qualités requises. Dans un second temps, les professionnels ont dressé le constat d’une précarité qui persiste et d’une féminisation qui progresse.

Les journalistes et les étudiants réunis pour une table ronde

Les journalistes ont rencontré les étudiants lors d'un débat aux Assises 2014 (Crédit photo : Alexandre La Monaca)

Curieux, engagé, polyvalent, voilà le profil du candidat idéal dressé par les intervenants. Mais cela ne rime pas avec uniformité. "Montrer son envie et avoir une culture régionale et internationale importante est aussi essentiel", rappelle Alain Dusart, rédacteur en chef adjoint de l’Est Républicain. "La force et la volonté de s’en sortir séduisent les recruteurs. Une implication, de la rigueur valent mieux que d’importants diplômes sans professionnalisme", poursuit le journaliste du quotidien régional. D’autres qualités sont mises en avant : l’orthographe, bien sûr, l’esprit d’équipe et la capacité d’adaptation à la ligne éditoriale du journal. "Dans la presse locale, montrer une passion pour les rencontres et les événements locaux a son importance. Il sera plus facile de partager une expérience avec le lecteur et de capter son attention", souligne Bruno Hocquart de Turtot, directeur du syndicat de la presse hebdomadaire régionale. Enfin, le dernier conseil est donné par Stéphane Bijoux, directeur délégué en charge de la représentation de la diversité de France Télévisions. Maîtriser l’anglais et d’autres langues est recommandé, notamment pour ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale.

Formation reconnue obligatoire ?

Il existe actuellement 14 écoles de journalisme, dites "reconnues" par la profession. Ces formations restent une voie privilégiée pour entrer sur le marché de l’emploi, grâce notamment à la qualité des enseignements et des partenariats avec différents médias. Mais certains professionnels préfèrent se concentrer sur le parcours et la personnalité du candidat. "L’évasion et les voyages vers l’inconnu sont un atout" pour Pierre-Yves Le Priol, secrétaire général de la rédaction La Croix. En cas de profils similaires pour un même poste, le diplôme reconnu peut faire la différence. Le service public fait partie des secteurs qui apprécient le plus le passage par l’une de ces 14 formations.

Incertitude

Ecole ou pas, il est difficile pour les nouveaux entrants d’échapper à ce fléau qui touche le journalisme : la précarité. Piges pour commencer, CDD en permanence renouvelés pour combler les surplus d’activité : décrocher un CDI semble aujourd’hui utopique à la sortie des études. Et tous les secteurs sont touchés : presse écrite, radio et même la télévision. Les départs en retraite devraient ouvrir de nouvelles portes aux jeunes, mais les restrictions budgétaires les referment aussi vite. Certains misent alors sur les contrats de générations qui permettent de les lier aux anciens. Le web semble néanmoins être le support le moins affecté. La nouvelle génération doit innover, réinventer de nouvelles formes de journalisme. Les plus audacieux se démarqueront. Il existe un gouffre entre les anciens journalistes et ceux qui arrivent sur le marché du travail. Les nouveaux diplômés échangent leurs connaissances et les enrichissent.

Féminisation

Au sein des rédactions, les femmes sont de plus en plus nombreuses et occupent des postes à responsabilité. A France Télévisions, 80 % des rédacteurs en chef sont des hommes. Le groupe tente de respecter davantage la parité en recrutant aujourd’hui 60 % de femmes. Cela répond à ce que Stéphane Bijoux décrit comme "la mise en place d’un processus de détection des potentiels féminins".

Author: Caroline Puissant

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