Sport

L’Équipe ou le sport tout support

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L’Équipe ou le sport tout support

Au détour des années 2000, L’Équipe accentue son monopole sur la presse quotidienne sportive et devient un véritable groupe multimédia en diversifiant ses supports. Histoire(s) d’un journal créé au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, qui a toujours balayé ses rares rivaux assez rapidement. (suite…)

Tennis de table : les messines à l'assaut de l'europe

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Tennis de table : les messines à l'assaut de l'europe

Sport spectaculaire, le tennis de table reste pourtant très peu médiatisé, au grand dam de Philippe Bordes, le président du Metz TT. En progression constante depuis sa remontée en Pro A, le club mosellan s’attaque dorénavant à une montagne : la ligue des champions.  (suite…)

Domenech est dans la Place !

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Domenech est dans la Place !

Souriant, disponible, l'ex-sélectionneur des footballeurs de l'équipe de France a fait une apparition remarquée au Livre sur la Place, le 11 septembre dernier.

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Handisport pour tous à l'université

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Handisport pour tous à l'université

L'université de Lorraine organise son premier festival de rentrée intitulé « Préambule » jusqu'au 1er octobre. L'objectif ? Faire découvrir les richesses de la vie universitaire aux étudiants.
Hier, une activité d'initiation au handisport était organisée sur le campus de lettres, au gymnase Lefebvre.

"Venez essayer le handisport ! Il y a du ping-pong et de la sarbacane !".
Dehors, devant le gymnase de la faculté de lettres, deux jeunes hommes interpellent les étudiants. A leurs côtés, une mini table de jeu. "Allez essayer, n'hésitez pas !" incite l'un d'eux.

A l'intérieur, le terrain de sport est occupé. A gauche, deux tables de tennis de table. Au fond à droite, quatre cibles sur tréteaux. Une quinzaine de personnes s'affairent autour de ces deux ateliers. L'ambiance est calme.
Deux étudiants s'essayent à la sarbacane, d'abord debout puis assis sur un banc. Quatre joueurs se battent en duel autour des tables de ping-pong... assis dans un fauteuil roulant. Pourtant, tous sont valides.

"L'objectif est de sensibiliser le public au handicap", explique Nicole Bernard, chargée du développement du comité départemental du tennis de table. "Certains viennent jouer aujourd'hui et vont en parler autour d'eux ", poursuit-elle.
Pour le référent handicap de l'université, Yves Cardellini, l'objectif est double : mettre les étudiants valides en situation de handicap mais aussi encourager les personnes handicapées à pratiquer une activité sportive. Il s'agit de mixer les publics.

La France à la traîne

Myriam sort du terrain. Étudiante à l'IRTS (Institut régional du travail social), elle venait mettre à jour sa carte étudiante pour le sport. Elle a testé les deux activités. "On se rend vraiment compte des difficultés. J'ai préféré la sarbacane. Il y a moins d'obstacles dans la pratique."

Côté ping-pong, deux étudiants s'affrontent dans un match sans merci. Françoise Lapicque anime l'atelier. Elle joue au club de Velaine-en-Haye et est chargée de l'accueil des étudiants handicapés à l'université. "Le sport leur permet vraiment de trouver une place dans la société. En France, on est en retard. Il y a encore des progrès à faire en matière d'accessibilité !", commente-t-elle.

Jordan et Sacha, deux étudiants en histoire, jouent le jeu jusqu'au bout. Ils ramassent les balles perdues en fauteuil. "C'est super dur mais c'est intéressant de mesurer la difficulté. Et puis les animateurs sont accueillants !", confie Jordan.

Seize heures. Il est temps de ranger le matériel. Françoise Lapicque est ravie : "C'est un succès. En deux heures, une centaine d'étudiants ont été initiés au handisport. C'est un pas en avant !"

Sarah COTTON

Un atelier handisport était proposé lors du festival Préambule de l'université de Lorraine

Un atelier handisport était proposé lors du festival Préambule de l'université de Lorraine

Au rythme de la pagaie

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Au rythme de la pagaie

Le club de canoë-kayak d’Asfeld a organisé un championnat de slalom et un sélectif régional sur la rivière Aisne, le 21 septembre. Une compétition importante en présence de deux performeurs.

De nombreux compétiteurs ont été accueilli par le canoë-kayak d'Asfeld, pour le championnat de slalom et le sélectif régional. Cet événement a remporté un vif succès. Organisé par les adhérents et bénévoles dont Loïc Bourgeois, président du CSNA (Centre des Sports Nautiques d’Asfeld), "il a fallu deux mois de préparations". "Les compétiteurs étaient 134 sur la ligne de départ." D’origines diverses, les kayakistes sont venus de Champagne-Ardenne et aussi des régions voisines et plus éloignées. Deux courses ont eu lieu pour effectuer un classement final. Les performances ont tenu compte du temps pour effectuer le parcours. "C'est une course contre la montre où les concurrents doivent slalomer entre les 22 portes, de couleur rouge ou verte. Le but est de passer dans le sens de la descente pour les vertes et en remontant pour les rouges, sans les toucher. Chaque erreur donne lieu à une pénalité de 2 points en cas de contact et de 50 points si un franchissement est incorrect. Ces sanctions sont ensuite ajoutées au temps réalisé, qui est converti en points (1 point pour 1 seconde)", explique le président. Des juges sont présents sur le parcours pour contrôler.

 

Deux compétiteurs de nationale 1 se sont présentés sur la ligne de départ

"C’est un plaisir d’être à Asfeld"

Tous les clubs inscrits pouvaient concourir. Des minimes aux seniors en passant par les cadets et les juniors, le canoë-kayak est pour tous les âges. Canoë ou kayak monoplace, les familles sont toujours présentes pour apporter leur soutien et les locaux ont aussi fait le déplacement. Pour les plus performants, ce sélectif est aussi un moyen de gagner des points, pour ensuite évoluer dans les classements et passer en national 3. L’objectif ultime est d’atteindre la national 1 (ligue 1 au football), comme les deux locaux présents pour l’occasion. Caroline Bourry, qui évolue dans le club de Vaulx –en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, confie que "c’est un plaisir d’être à Asfeld." Elle faisait partie durant 5 ans du Reims Olympique Canoë Kayak (ROCK) et a terminé à la 9ème place sur 30 kayakistes monoplaces lors de la coupe de France la saison passée. Pour Louison Tanet, du club de Dormans, dans la Marne, le palmarès est plus grand. Il est champion du monde par équipes en 2012 et 6ème en individuel à Bourg-Saint-Maurice. Son déplacement à Asfeld le ravi. "L’accueil du CSNA est vraiment sympa. C’est un super club, avec une bonne organisation."

Marquer les esprits

Tous deux ont descendu la rivière Aisne. Sur l’eau, la tension était importante pour faire le meilleur temps possible. Au bord de l’eau, l’ambiance suivait pour encourager les participants. Les enfants sont évidemment ceux qui font le plus de bruit. Aucune limite pour aider les amis qui se donnent pour la victoire. Pour clore cette journée, la remise des prix à récompenser les meilleurs de chaque catégorie et pour chacun, un tube de dentifrice. Cadeau original, qui a marqué les esprits.

Le basket au féminin

Publié by on 10:06 in SPORTS | 0 comments

Le basket au féminin

Après le titre de champion d’Europe de l’équipe de  France masculine et le joli parcours de leurs homologues féminins, « Les Braqueuses », le basket a occupé l’espace médiatique sans que le nombre de licenciées progresse. Rencontre avec l’équipe de basket amateur du Sluc Nancy et son entraîneur.
La région Lorraine ne bénéficie pas d’engouement particulier pour le basket féminin. « C’est une région pauvre en basket mais riche en diversité dans les autres sports », explique Maxime Laporte, l’entraineur de l’équipe fille de prénationale du Sluc Nancy.  En Lorraine, en tout cas, la multitude du choix permet de pratiquer le sport souhaité. A l’inverse, dans les campagnes, le sport pratiqué dépend de la proximité du lieu, des infrastructures et  surtout…  de la présence d’un club.
Moins spectaculaire que les garçons, le basket féminin-et le sport féminin en général-  nécessite plusieurs adaptations. « L’application est différente, il faut réaliser un effort technique et tactique qui ne se base pas uniquement sur les qualités physiques », selon le coach, qui entraîne aussi une équipe de garçons à Ludres. Cette année, il doit faire face à une difficulté supplémentaire. L’équipe a été complétement modifié et ce n'est pas évident de trouver une cohésion nécessaire pour un sport collectif.

Tout n’est pas rose chez les filles

En début d’année, Maxime Laporte prend l’initiative d’organiser une sortie afin que le groupe de filles fassent connaissance : « Il y a un côté plus psychologique avec les filles ». Tout serait rose chez les filles ? Pas complétement d’après Leila, meneuse et ailière de l’équipe. « Il y a aussi des crêpages de chignon dans le basket féminin », rigole la joueuse de 24 ans. « Quand je joue au basket avec des garçons, ils jouent comme si j’étais un gars ». Pas de traitement de faveur pour celle qui regarde le sport, mais pas particulièrement féminin. Un peu de WNBA (la NBA au féminin) même si la diffusion des matchs à la télévision reste marginale pour le basket féminin…comme masculin.
La différence entre les filles et les garçons est de taille. Avec un panier à 3m05 de hauteur, les filles pouvant dunker (marquer en projetant le ballon dans l'arceau, NDLR) sont rarissimes. La benjamine du groupe, Leila, 15 ans, confesse suivre la NBA pour… les dunks. Comment attirer de nouvelles basketteuses ? Quel est l’avenir du basket féminin ? Réponses le 18 janvier de 14 à 18h à la Maison des Sports, où aura lieu les assises du basket féminin.

Yves Florent Weiss et Joffrey Mansuy

Pas de récompense pour les petits sports

Publié by on 09:10 in SPORTS | 0 comments

Pas de récompense pour les petits sports

D’origine égyptienne, où il est devenu le deuxième sport national, le speedball tente de trouver sa place parmi les sports de raquette en France.

 

Coup droit, revers, seul le mât les oppose et les coups s’enchaînent sur un rythme intense. La vitesse est telle que l’air se fait entendre entre les claquements de raquettes.
1961. Egypte. L’histoire est anodine. Mohammed Lofti s’improvise ramasseur de balle avec son fils tennisman. Rapidement, il imagine un moyen d’éviter cette tâche ingrate. Il décide de relier la balle à un fil, lui-même fixé à un poteau. Un nouveau sport est né.

Cinquante-trois ans plus tard, dans le gymnase Poincaré, à Nancy, Florence, Valérie et Nadine jouent au speedball. Ouvert à tous de 7 à 77 ans, seul, à deux ou à quatre, il est le seul sport de raquette ambidextre (ndlr : utilisation des deux mains). En solo, le but est de réaliser un maximum de frappes dans un temps imparti. En match, anticipation dans les déplacements, endurance, souplesse et réflexes sont les qualités indispensables.

Le SLUC Nancy Speedball ouvert depuis 1985 peine à se développer. En Meurthe-et-Moselle, on dénombre seulement 40 licenciés. «  C’est compliqué de se faire entendre et médiatiser » soupire Christian Marchal, secrétaire du club. La FFEPMM (Fédération française d’enseignement physique du monde moderne) à laquelle le speedball appartient, ne soutient guère son développement. La fédération recense 90 disciplines loisir et le speedball est le seul compétitif du lot. « Nous sommes un peu le canard boiteux de la fédération » se lamente monsieur Marchal. « On a un noyau dur mais on pourrait vite abandonner ».

Une reconnaissance à penser

La manque de médiatisation aboutit au refus de la fédération il y a deux ans, de participer aux championnats du monde. Et ce malgré la présence au sein du club d’une championne du monde en titre ! Sans aucune prétention, le secrétaire affirme que le SLUC est l’un des meilleurs clubs français. Chez les juniors comme chez les vétérans, le club affiche de bons résultats. Des résultats eux-mêmes absents dans bon nombre de départements où aucun club n’existe. Christian Marchal déplore « nous sommes contraint à de longs trajets pour nos confrontations ».


30 heures de speedball pour le Téléthon

Preuve du manque de reconnaissance, le premier titre national de Florence Marchal n’est pas récompensé lors des remises de prix annuelles organisées par l’Est Républicain. « Nous n’allons pas récompenser tous les petits sports » assène-t-on à Christian Marchal « alors même que l’on récompense la pétanque, même si je n’ai rien contre ».
Petit sport, il n’en est rien, si l’on considère l’intérêt d’une psychomotricienne manifesté lors d’une présentation du speedball. Cette dernière y voit un bienfait pour ses patients. Et Christian Marchal d’ajouter « c’est peu coûteux et pas besoin d’appeler un copain pour faire un tennis ». « C’est un sport plein d’avantages mais ça n’est ni le foot, ni le basket » conclut l’ex champion de France.

Jennifer Montigny et Olivier Schneider

L’e-sport : un sport pas comme les autres

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L’e-sport : un sport pas comme les autres

Né  du rapprochement entre les termes « sport » et « électronique », l’e-sport désigne l’ensemble des compétitions entre joueurs, qui comme le sport traditionnel, met en avant des élites pratiquantes la compétition à haut niveau. L’e-sport dépasse la pratique ludique et classique du jeu vidéo pour se concentrer sur l’exacerbation de ses performances.

Si quasiment toutes les pratiques sportives sont représentées en compétitions, ce n’est pas le cas pour les jeux-vidéos, qui doivent réunir plusieurs conditions pour être joués et appréciés du public. En premier lieu le jeu doit être doté d’un aspect multi-joueur, en effet on imagine mal plusieurs personnes s’affronter sur les Sims 3. A l’inverse, seul un petit nombre des jeux multi-joueurs font partis de la sphère e-sport , des plus connus du grand public comme Counter-Strike , Warcraft 3, League of Legend ; aux moins connus, comme Starcraft, DotA 2 ou World of Tanks. Moins connus en raison difficulté à les maitriser (2000h de jeu environ sont nécessaire à une connaissance simple de DotA 2). Bien plus qu’un simple intérêt est nécessaire pour prétendre à la maîtrise de ces derniers, ceux-ci nécessitent de développer des capacités hors-normes : l’une des valeurs mesurables par exemple étant l’Action Par Minute. Sur un jeu de stratégie en temps réel comme Warcraft 3, un joueur lambda atteint au maximum 50 Action Par Minute, contre 200 à 300 pour un joueur professionnel.

La dextérité pure est loin d’être la seule qualité à travailler pour un joueur e-sport, d’autres aspects sont au centre d’une bonne équipe de sport électronique, comme la qualité du « teamplay » (travail d’équipe, permettant de laisser moins de place au hasard) ou une connaissance poussée de la psychologie des joueurs, permettant de mieux anticiper les actions adverses. « Connais ton ennemi » disait Sun Tzu.
N’est pas pro-gamer (professional game master) qui le veut. Ou PGM dans le jargon des intéressés. Au sein d’un même jeu, d’une même communauté, la compétition est rude pour mériter ce titre désignant un joueur aux scores hors-normes. Loin de la pratique dite « casual » (occasionnelle) du jeu vidéo, l’épanouissement numérique du joueur régulier ne se situe plus dans le simple plaisir de jouer, mais dans la spécialisation. Seul ou au sein d’une équipe le but est de repousser les limites de la maîtrise au maximum, à ce niveau le joueur devient chirurgien de son jeu. De longues heures quotidiennes sont nécessaires pour maîtriser plus que nature un jeu, et bien souvent cette complexité ne permet pas la variété : en raison du temps d’apprentissage le PGM ne peux se concentrer que sur un seul jeu, ou un seul genre bien précis.

Une cagnotte de 1 000 000 $

Si le jeu est un plaisir à la base, le pro-gamer le pratique de façon professionnelle, et de grosses rémunérations sont à la clef. Celle-ci se font de deux manières : Soit à la suite d’un tournoi en réseau (lan-party) ; soit suite à un contrat avec un sponsor. Cette dernière solution ne peut se faire évidemment qu’après s’être fait remarqué en lan-party, après acquisition d’une certaine réputation dans le monde du sport électronique. Petites rémunérations au début (permettant de se payer de nouveaux matériels bien souvent), les sommes investies ces dernières années tendent à prendre au sérieux ces joueurs du numérique. En 2005, la Coupe du Monde des Jeux Videos a offert 40 000$ à l’équipe gagnante du tournoi sur Counter-Strike : l’équipe compLexity ; sur un total distribué de 265 000$ pour la compétition dans son intégralité. En 2011 pour le lancement de DotA 2, Valve annonce une cagnotte de 1 000 000 $. Pendant ce temps, leurs concurrents tels que ‘’Riot’’ avec League of Legend déclare n’engager « que » 5 000 000$ au minimum.
Pas de doute, l’e-sport devient désormais un domaine très pris au sérieux, en plus de ces sommes surréalistes, de plus en plus de grosses entreprises se pressent pour sponsoriser les tournois. Des firmes comme Microsoft, AMD ou Nvidia par exemple, comptent bien avoir leur part de l’énorme gâteau que représente le business du sport électronique.

Hugo CAPPELAERE
Arthur VELICITAT

« Je dors, mange et respire rugby »

Publié by on 09:04 in SPORTS | 0 comments

« Je dors, mange et respire rugby »

Féminité et douceur. Voilà ce que dégage Charlène Claudel, vingt-neuf ans, lorsqu’elle raconte sa passion : le rugby. Coïncidence ou non, c’est vêtue de rose et de bleu marine, couleur de son équipe Nancy-Seichamps, que la rugbywoman exprime son avis et son ressenti sur ce sport majoritairement masculin.

D’où vous est venue votre passion pour le rugby ?
C’est un peu particulier. A 15 ans j’ai fait sport études judo au pôle sport à Metz. Ça faisait dix-sept ans que je faisais du judo, j’ai décidé de me lancer dans autre chose, j’avais déjà fait un cycle rugby au lycée, j’ai donc choisi de poursuivre. J’avais déjà essayé plein d’autres sports, mais c’est celui-là qui m’a le plus plu.

En tant que professeur d’éducation physique et sportive en collège SEGPA, qu’est-ce que ce sport vous apporte dans votre vie de tous les jours ?
Je pense que je me défoule vraiment à l’entrainement, donc je suis beaucoup plus calme le reste de la semaine. Le mardi j’ai musculation, le mercredi et vendredi entrainement de rugby et le dimanche j’ai match. C’est comme ça que je lâche tout du boulot !

Finalement, ce sport est-il pratiqué différemment chez les hommes que chez les femmes ?
Les règles sont les mêmes pour nous que pour les hommes. C’est tout de même un jeu différent puisque physiquement on est moins rapide et techniquement moins avancées. De notre côté, c’est plus dans l’évitement que dans l’affrontement. On a moins de puissance et de vitesse mais en soi, c’est semblable.

Et que pense votre entourage de cette passion ?
Mon mari est rugbyman, donc du coup je le laisse tranquille le dimanche, il peut aller à ses matchs et moi au miens ! (rires). Concernant la famille proche, mon papa aime le rugby donc c’est super mais ma maman un peu moins. Elle aurait préféré que je fasse un sport un peu moins violent. Ils me soutiennent à cent pour cent et viennent me voir aux matchs.
J’ai essayé la danse classique mais je n’ai tenu que trois semaines, je n’étais pas destinée à ça !
Je dors, je mange, je respire rugby. Chez moi, la décoration c’est rugby, mon mari et mes amis sont rugby, tout est rugby ! J’aime le sport en général et le rugby c’est bien parti pour durer, c’est ma passion la plus prenante.

Que pensez-vous du fait que le rugby féminin est moins au-devant de la scène que le rugby masculin ?
Ça ne me plait pas, forcément ! J’aimerais qu’on en parle plus, mais c’est comme dans tous les sports féminins. On fait tout pour que ça se développe et qu’on en parle mais ce n’est pas évident, c’est dommage.

Votre équipe et vous avez récemment réalisé un calendrier « sexy » vendu en mille exemplaires. Qu’avez-vous cherché à montrer ?
Est-ce une façon d’affirmer votre féminité ?
Oui effectivement, nous réalisons ce genre de calendrier avec l’équipe féminine depuis 2009. Le premier était mixte et en sous-vêtements, puis nous avons décidé l’année d’après de nous consacrer à un calendrier purement féminin et complètement dénudé avec des thèmes différents. A chaque fois que l’on parle d’une rugbywoman, on s’attend forcément à une femme très masculine d’un mètre soixante, quatre-vingts kilogrammes, rondouillette, cheveux rasés, militaire, rustre. Sans trop de réflexion et lesbienne ! C’est pour cela qu’on a voulu montrer notre part de féminité pour contrer ce stéréotype. Même ma grand-mère de quatre-vingt-douze ans l’achète et l’apprécie !

Malgré tout, avez-vous déjà fait l’objet de critiques concernant votre passion pour le rugby ?
Je suis professeur de sport donc je préviens mes élèves et les parents que je fais du rugby car je reviens de temps en temps marquée. Les élèves ne me croient pas au début mais après ils se disent vite « Oula je crois que c’est vrai, le prof’ fait du rugby ! ».
J’ai rarement eu des réflexions déplaisantes mais les personnes sont souvent étonnées qu’une fille plutôt fine puisse faire du rugby. On a beaucoup plus de remarques positives, nombreux sont ceux qui sont surpris mais ce n’est jamais méchant. Souvent les seuls reproches viennent des anciens joueurs masculins qui ne comprennent pas pourquoi les filles sont arrivées dans ce sport. Ils restent dans ce stéréotype de sport purement masculin.

Ce sport, vous allez le poursuivre encore longtemps ?
J’arrive à trente ans, je suis au poste arrière et il faut courir vite. Je pense que je vais rapidement être sur le déclin mais je jouerai jusqu’à ce que je ne puisse plus. Plus tard, je pense que j’entraînerai bénévolement et si je pouvais entraîner une équipe masculine, ce serait une belle revanche !

Déborah Pierson et Marie Zinck