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Les Zèbres, espèces en voie d'association ?

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Les Zèbres, espèces en voie d'association ?

Deux enfants sur cent seraient surdoués. La proportion n'est pas importante, mais non-négligeable. De ce constat naît un besoin : accompagner des enfants différents de la "normale" dans un environnement scolaire qui n'est pas toujours adapté. Une association pourrait tout de même voir le jour dans l'agglomération de Nancy.

Jeanne Siaud-Facchin les appelle les zèbres. Cette psychologue clinicienne française, spécialiste des enfants surdoués ne se satisfaisait pas des termes utilisés. Pourquoi cette dénomination ? « Le zèbre, cet animal différent, cet équidé qui est le seul que l'homme ne peut pas apprivoiser, qui se distingue nettement des autres dans la savane tout en utilisant ses rayures pour se dissimuler, […] comme nos empreintes digitales, les rayures des zèbres sont uniques et leur permettent de se reconnaître entre eux. Chaque zèbre est différent. » explicite la psychologue dans un de ses ouvrages. Une appellation curieuse pour nommer les enfants que l’on qualifie de surdoués. La précocité intellectuelle chez l’enfant est un phénomène méconnu. “Et lorsqu’il est connu, il est mal compris” déclare Lysiane Marchal, psychologue clinicienne spécialiste des enfants à haut potentiel intellectuel à Nancy. Génie, rat de bibliothèque à lunettes rondes, parfait prototype du premier de la classe. Le fantasme de l’enfant surdoué en tant qu’élève modèle s’est nourri d’images erronées, véhiculé par le cinéma et la télévision. Dégager un profil type de l’enfant à haut potentiel intellectuel semble difficile tant ils sont différents les uns des autres. “Ils ont une manière de fonctionner différente, mais pas nécessairement supérieure” précise Lysiane Marchal. Et pourtant ils possèdent une qualité de raisonnement, une vitesse d’analyse et une richesse de vocabulaire largement au-dessus de la moyenne. “Chez eux la réponse fuse, ils donnent la solution immédiatement, sans passer par un cheminement logique classique” précise la psychologue. Leur QI est également bien au dessus des standards actuels : 90 à 110 en France pour un enfant normal. Alors que l’enfant précoce atteint au minimum un score de 125, pouvant aller jusque 160. De cette supériorité, peuvent naître des difficultés : une intégration compliqué au groupe, une intelligence sociale en dessous e la moyenne, ainsi que de l’angoisse. D’après Lysiane Marchal “la précocité donne un effet loupe aux symptômes dépressifs”. Avoir un haut potentiel peut donc favoriser l’isolement des enfants face au groupe ainsi qu’un mal-être social.

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Une toute puissance intellectuelle

Dresser le portrait d'un enfant intellectuellement précoce est mission impossible, on remarque cependant qu'ils sont tous dotés d'une hyper sensibilité. Il y a un véritable décalage : "Mon fils, en maths, il trouve la solution, mais pour ce qui est de la démonstration, ça devient plus compliqué" explique Fabienne*,maman d'Oscar, qui a 152 de QI à 13 ans. C'est un fait, les enfants surdoués ne comprennent pas pourquoi il faudrait se donner la peine d'expliquer un résultat puisqu'il est véridique dans tous les cas. Ce comportement peut paraître hautain pour leurs enseignants ou leurs camarades mais ce n'est pas le cas. C'est une logique, voilà tout. Ils se retrouvent alors confrontés à des problèmes relationnels voire conflictuels dans le milieu scolaire. Oscar a 13 ans et, un oxymore, il sait ce que c'est depuis déjà deux ou trois ans. Pour son professeur comme ses camarades cela semble surréaliste. Lorsqu'il raconte ce qu'il a fait le week-end dernier ou la veille aux autres enfants, ces derniers se rendent bien compte qu'il ne consacre que très peu de temps à ses devoirs. Cela entraîne certaines frustrations chez des élèves qui, eux, y ont passé beaucoup de temps. Mais des frustrations, les "précoces" aussi en subissent quotidiennement. Par nature, ils se posent beaucoup de questions dites métaphysiques sur l'existence, la mort, la religion, etc. "Je ne suis pas baptisé, je ne veux pas. Une croyance ne présente aucun intérêt donc je refuse. Leur musique est une plainte : Dieu ça me fait bien rire, on a pas de preuve" a par exemple confié un enfant de 8 ans à sa psychologue. Un élève de 6ème a défini l'ennui à Mme Marchal : "L’ennui évoque une vie sans soi, sans gentillesse, une passion sans passion, un amour sans amour ; l’ennui, c’est ce que l’on fait sans rien faire". Isolés des autres, les zèbres se retrouvent souvent bien seuls face à leurs questions. Très vite, ils peuvent devenir les têtes de turc des autres élèves. Ils se tournent donc vers des adultes capables de leur répondre. "La précocité ne rend pas malade" défend Lysiane Marchal, le pourcentage des enfantssurdoués souffrant de mal-être équivaut à celui des "enfants normaux".

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« On se sent seul »

Comment agir en tant que parents ? Certes, cela a des avantages : les devoirs ne sont pas sujets au conflit. Mais certains enfants précoces sont en réel échec scolaire. "Il y a deux faces", témoigne Fabienne "d'un côté la facilité, mais de l'autre l'ennui perpétuel en classe". Pour elle, le QI élevé de son fils, c'est avant tout un problème quotidien. "On se sent seul en tant que parent", les autres parents ne voient que les bonnes notes de son fils, sans se rendre compte que derrière les notes, il y a un malaise social. Le corps enseignant, pas toujours sensibilisé, est souvent très maladroit. Le milieu scolaire public ne semble pas être la solution à Nancy. Deux enfants sur cent : l’Éducation Nationale a d'autres priorités. Comme équiper les futurs élèves de 5ème d'une tablette numérique ou se pencher sur les rythmes scolaires. Les parents se tournent alors vers des écoles privées qui sont, pour certaines, sensibilisées sur le sujet. Des écoles privées proposent un accompagnement comme Notre Dame de Sigisbert à Nancy. Qui dit privé, dit payant. Tout le monde ne peut malheureusement pas se permettre de payer une école privée, le problème reste donc entier. Il existe à Nice, Paris et d'autres villes, des écoles consacrées aux enfants à haut potentiel intellectuel. Lysiane Marchal, comme d'autres, se montre réticente face à ces écoles qui rassemblent des enfants hypersensibles, ce qui peut engendrer beaucoup de tensions et de compétition. La maman d'Oscar y a réfléchi, elle aussi, mais "ne serait-ce pas les parquer ?" se demande-t-elle. Beaucoup d'interrogations, peu de réponses. Nancy, comme d'autres villes françaises n'offre pas réellement de solutions.

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Et le modèle associatif ?

Les associations semblent alors devenir un soutien précieux. Le problème ? C’est qu’il n’existe pas d’association dans la Cité Ducale qui aident les enfants à haut potentiel. D’après l’aveu de Fabienne “le système scolaire ne peut rien faire pour des enfants qui ont vraiment besoin d’aide”. En effet, en Lorraine, il y a l’ANPEIP (association pour les enfants intellectuellement précoces) qui possède un relais à Thionville. A Pont-à-Mousson, il existe L’EHPI (enfant à haut potentiel intellectuel) mais c’est une petite structure, peu connue dirigée par Nathalie Thiebaut, également enseignante. Le vide associatif qui subsiste à Nancy sur la question des surdoués, ajouté au manque de formations des enseignants de l’éducation Nationale ne rend pas facile la gestion de ces enfants au profil atypique. “J’ai même pensé à monter une association” confie la maman d’Oscar. Lysiane Marchal confie même être en pourparlers avec l’ANPEIP pour monter une antenne à Nancy. Mais cela reste un projet.

* Le prénom a été changé afin de préserver l'anonymat de la personne

Alexandre La Monaca et Elise Bouthemy

Dessins réalisés par CC, Un dessin par jour

 

 

 

Notre 7 janvier 2015

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Notre 7 janvier 2015

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Mercredi 7 janvier 2015. La rédaction du journal satirique Charlie Hebdo est la cible d'un attentat qui coûtera la vie à douze personnes. Hommage.

12h30. Le cours d'anglais bat son plein. Le débat du jour est dédié à la légalisation du cannabis. Une notification push, une deuxième, une troisième... "Charlie Hebdo attaqué à la kalachnikov, il y aurait plusieurs victimes." Surprise et questionnement. "12 morts dont 2 policiers, des blessés dans un état critique." Les chiffres tombent, on prend conscience de la gravité de l'événement. "Cabu est décédé." "Le dessinateur Charb est mort." "Confirmation du décès de Tignous." L'annonce des noms porte le coup de grâce, nous plonge dans une stupeur silencieuse.

Tout fuse. Smartphones, ordinateurs portables en main : nous scrutons la toile à la recherche de la moindre information. Déformation professionnelle ? Elle est moindre face au choc ressenti par l'ensemble de la promo. La professeure d'anglais branche son ordinateur sur CNN afin d'avoir les nouvelles "in English" des médias britanniques et américains. Une chaîne française d'actualité en continu est vite préférée à la page anglaise. Les images défilent et le silence s'installe naturellement. Difficile de se concentrer au cours suivant, pendant lequel nous décidons de rendre hommage, à notre échelle, aux victimes. Une photo accompagnée des affichettes "Je suis Charlie".

Nous sommes arrivés les premiers  à 17h30 place Stanislas afin de manifester notre émotion et d'appuyer notre soutien.

Le maire de Nancy, Laurent Hénart, invite au rassemblement ce jeudi 8 janvier à 18h30 place Stanislas. L'ensemble de la LPJML sera présent.

 

Matthias :

Le 7 janvier 2015 restera à tout jamais gravé dans ma mémoire.  Entre tristesse et dégoût, les émotions ont été diverses mais jamais vaines. Face à cette démonstration de haine et de barbarie, nous devons nous unir, en tant que journaliste mais aussi en tant que citoyen pour montrer que nous ne resterons pas passif face à une telle agression. Cabu, Wolinski, Tignous et Charb avaient fait le choix de la désobéissance et du politiquement incorrect. Leur combat quotidien pour la liberté de la presse ne doit pas s'éteindre avec eux mais, au contraire, prendre de l'importance. Beaucoup de gens se mobilisent à travers le monde pour soutenir cette liberté mais aussi en mémoire de ces douze disparus, pourtant innocents mais tués pour leurs idées ou simplement par pur violence gratuite. Pour leur rendre hommage, c'est un devoir de mémoire qui s'impose à chacun d'entre nous. Et surtout, oui surtout, ne pas plier face aux conséquences de la folie humaine et prouver que nous sommes et resterons, des êtres HUMAINS.

"Mieux vaut rester debout dans la dignité et la liberté que vivre dans la peur et dans le renoncement. Devant la violence et la férocité, nous sommes tous des Charlie Hebdo" - Jean d'Ormesson

Adeline :

La nouvelle m'a bouleversée. Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens face à tant de barbarie. Comment croire que l'on peut encore mourir pour ses idées en 2015 et en France alors qu'il y a eu tant de combats pour s'exprimer librement ?
Parce que cet acte ne doit pas être une victoire, ni même un frein à la liberté d'expression, le journalisme doit poursuivre sa voie. Cet événement me pousse, moi aussi, à lutter pour la survie de la liberté de la presse.

Marine :

Quand j'ai appris la nouvelle, je n'ai pas pu y croire ! c'était  inconcevable...  une rédaction attaquée, des grands noms du journalisme disparus... Puis prise entre dégoût, haine et tristesse j'ai réalisé. En attaquant la rédaction de Charlie Hebdo, ils s'en sont pris à un symbole de liberté. Une liberté durement acquise qui donne envie de continuer le combat vers une presse libre, bien plus forte que la violence et les balles.

Elise :

Charlie Hebdo victime d'un acte terroriste ? Quoi ? Non ? Et bien, si. Des libertés que nous pensions acquises, que je pensais acquises, viennent de saigner. Alors oui je suis attristée, indignée mais avant tout choquée. La liberté de la presse comme la liberté d'expression sont des principes fondamentaux pour un pays démocratique. Parler librement est la meilleure arme qu'il soit. Ils voulaient tuer Charlie Hebdo, c'est toute une profession qu'ils ont réveillé, prête à se battre deux fois plus pour préserver ses libertés. Cet acte ne fait qu'accentuer mon envie d'être journaliste. J'ai une pensée pour toutes les personnes décédées pour notre liberté d'expression à tous : la totalité des victimes de ce 7 janvier 2015 comme d'autres avant eux, malheureusement.

Diane :

Ça faisait longtemps que je n'avais pas été choquée à ce point par un de ces faits divers qui pleuvent par dizaines au quotidien dans les médias. Est-ce en vertu de la loi de proximité, qui nous mène à nous sentir plus affectés par la mort de 12 personnes en France que par celle de 37 au Yémen le même jour ? Ou est-ce parce qu'il s'agit de journalistes, qu'ils incarnent la profession à laquelle je me destine ? Sûrement un peu des deux. Ça s'est passé en France, ce pays que l'on nomme « des lumières » et « des droits de l'homme ». Cette terre peu habituée aux attentats, qui tremble lorsque quelques illuminés se croient plus éclairés que les autres et agissent en conséquence. Les caricaturistes de Charlie Hebdo étaient motivés par la volonté on ne peut plus légitime de les dénoncer, et ne se mettaient aucune barrière dans cette voie. La liberté d'expression au sens le plus fort du terme, c'était eux. Ce droit fondamental, je souhaite pouvoir en jouir le plus possible. Car si je souhaite devenir journaliste, c'est que j'aime écrire, mais surtout : j'aime qu'on me laisse écrire.

Sarah B :

C’est un drame pour la presse et pour l’humanité toute entière. Rien, absolument rien ne peut justifier une telle barbarie et c’est avec une grande tristesse que nous écrivons ces quelques lignes. Il n’y a pas eu que deux tueurs. Toute cette agressivité déferlée sur les réseaux sociaux par quelques détracteurs de la liberté de presse devront également faire face à leurs propos. L’anonymat sur internet comme instrument de haine doit cesser. Les personnes assez faibles pour créer des amalgames et attiser la haine envers d’autres innocents doivent également faire face à leur bêtise. Il est temps pour nous tous, êtres humains, de se rassembler et non de se diviser. Continuons à faire vivre Charlie.
Au-delà de l’étendue nationale de cette tragédie, il est important de rappeler que les victimes sont avant tout des personnes comme vous et moi, mes pensées vont aux familles et amis des disparus.
Charlie vivra.

Alexandre LM :

J’étais là, comme abasourdi par une si lourde attaque. Le temps passait et les détails se faisaient connaître. A ce moment, je ne savais pas à quel point cela allait avoir un impact sur les consciences. Tout le monde était touché, j’étais touché. Jamais un événement médiatique ne m’avait à ce point atteint. Peut être que c'est la proximité, peut être qu’ils sont journalistes. Peut être que l’espace d’un moment, la barbarie jusque là lointaine, est devenue réelle.

Fabien :

Stupeur et tremblement. Pertes et fracas devant cette barbarie bête et méchante. C’est une enfance qui s’envole. Une enfance dont l’esprit critique fut forgé en partie par Fluide Glacial, l’Echo des savanes, et Charlie Hebdo. Une enfance qui s’émerveillait devant de vieux exemplaires d’Hara-Kiri retrouvés empaquetés dans un grenier.

Dégoût également face aux nombreuses réactions surjouées : il suffit de connaître un peu Charlie Hebdo et sa genèse pour savoir que des critiques acerbes comme Charb ou Choron ( lui qui hurlerait certainement quelque chose comme : « Une minute de silence c’est chiant, mais ça permet aux cons de la fermer de temps en temps ! » ) se seraient bien marrés devant les pseudo envolées lyriques sur les réseaux sociaux, et devant le fameux jpg « Je suis Charlie » posté en masse par des moutons de Panurge pour monwtray au yeu du mond leur trisstaysse, leur indignassion et leur umplikassion, et se faire bien voir par ses amis, même si ils n’ont jamais lu un Charlie Hebdo de leur vie. Comme si il suffisait de poster un slogan primaire et débilisant pour s’engager, mettre en avant ses idées, ou dénoncer une violence innommable. Ce n’est pas leur rendre hommage, au contraire, eux qui se battaient et sortaient des sentiers battus pour défendre la réflexion et la critique.

Non vous n’êtes pas Charlie, vous n’avez pas le quart du talent, de la prestance, de la grande gueule, du courage de ces hommes qui continuaient à exercer leurs frappes picturales malgré les menaces constantes et la mise à feu de leurs locaux.

Cabu, Charb, Tignous, Wolinski et les autres dont les médias ne parlent presque pas ont donc tous rejoint Choron, Cavana, et toute la clique de gros culs d’Hara-Kiri au panthéon des dessinateurs. Ils doivent bien se fendre la gueule ensemble, aux côtés d’un dieu s’exclamant avec ironie, entre deux éclats de rire : « Ah, que c’est dur de cohabiter avec des cons ! ».

 

Elisabeth : 

Midi pile, début du cours d’anglais de la Licence Professionnelle dans une des nombreuses salles du Campus Lettres de Nancy. Les tweets défilent, les alertes push fusent,  à l’image de ces balles vomies sur la figure symbolique de Charlie Hebdo.

Et le couperet tombe.  L’indicible. L’inconcevable. L’incroyable. 12 morts, 65 millions de blessés. Parmi eux, quatre des plus grands caricaturistes de ce monde.  Qui se sont battus pour la liberté d’expression, à coups de crayons.  Pas uniquement des journalistes. Ceux qui se trouvaient là, ceux qui ont bien voulu les défendre.

Une France éteinte pour quelques heures. Quelques bougies. Des pancartes. Les foules s’amassent autour des places importantes, les villes se réveillent. Des hommes, des femmes, des étudiants, des p’tits vieux,  toutes confessions, toutes professions confondues se rassemblent.

« Liberté, j’écris ton nom » disait Paul Eluard. « Liberté d’expression, je crie ton nom » scande la terre entière.


Sarah C.
 :

Hallucinant. Inconcevable.
Sans vouloir y croire. J'étais sans voix.
Pourtant, la voix c'est mon outil principal à la radio, le média que je chéris. J'ai pris l'antenne à 19h30, juste après le rassemblement spontané, place Stanislas à Nancy. Gorge nouée.
Comme j'avais écrit mon billet le matin, je l'ai adapté dans la journée. "Je ne devais pas commencer ce billet de cette façon mais [...] en l'honneur de la liberté d'expression reprenons le cours normal des choses..." J'ai donc fait mon billet d'humeur habituel piquant et ironique.
Aujourd'hui plus que hier, je sais ce que je veux faire. Le plus beau métier du monde.

Guillaume :

Il y a des jours comme ça où on a l'impression de vivre un cauchemar éveillé. Le téléphone vibre, la nouvelle se diffuse. Un attentat vient d'avoir lieu au sein d'une rédaction, celle de Charlie Hebdo. En tant que futurs journalistes, nous, les étudiants de la LPJML, sommes choqués, sonnés, KO debout. Habituellement, je suis un personnage rigolo, toujours avec le sourire. Mais pas aujourd'hui. On a tué des journalistes, des dessinateurs, des défenseurs de la liberté d'expression. Parce qu'ils s'amusaient de tout. Les auteurs de cette attaque ont crié dans la rue "On a tué Charlie Hebdo". Ben non les gars, vous l'avez rendu immortel. Et même plus, vous avez réveillé chez certains l'envie de déranger et de dénoncer encore plus. Pour moi également.

Kim :

Aujourd'hui, je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que je ressens. Mes larmes parlent d'elles-mêmes.

Alexandre R :

L'impression d'être dans un cauchemar. Une ambiance surréaliste, horrifiante. Les informations les plus macabres tombent les unes après les autres, l'affolement est général, laissant place à une peine profonde. Rien ne justifie de telles atrocités, et ce ne sont pas seulement quatre journalistes de renom qui ont péri, mais avant tout 17 personnes innocentes. C'est toute la France qui a été touchée en plein cœur. La réaction a été formidable. Espérons que cette solidarité perdure, car, ne l'oublions pas, l'union fait la force. Ce 7 janvier ne doit en tout cas pas être un frein à tout ce que nous, les journalistes, avons toujours défendu avec vigueur : la liberté d'expression. Ces terroristes veulent faire couler le sang. Nous ferons couler l'encre de plus belle.

Caroline :

Comme chaque personne en France, ma première réaction a été la surprise et le choc. Et oui, même en étant un média en France, il est possible que des personnes s'en prennent à votre vie. Comment réagir face à une telle violence gratuite ? Après la prise de conscience que ce sont des faits bien réels, une seule attente, le dénouement. Commence alors le suivi des informations sur les réseaux sociaux. Un mort, puis deux, et trois ... Comment est-ce possible ? La soif de savoir les raisons, la situation, le fil continue de défiler. Montrer notre soutien et notre tristesse, ce sont les seules choses qu'il nous est possible de faire à notre échelle. En tant qu'étudiante en licence professionnelle de journalisme, je réalise. Je pourrais être à la place de ces journalistes qui vont vivre les faits et ceci me motive encore plus à faire partie de ce monde. Transmettre des informations au plus grand nombre, mais également faire perdurer la liberté d'expression, que l'on a essayé de supprimer.

Les jours se suivent et rassemblent. Voir toute la France se réunir pour montrer son unité face à cette cruauté est un moment extrêmement touchant. Se rendre compte que ce drame a pris une ampleur internationale est incroyable. La solidarité existe donc encore et il ne faut pas que celle-ci disparaisse dans les jours et semaines qui viennent.

Réforme territoriale : la future dévitalisation des départements

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Réforme territoriale : la future dévitalisation des départements

Quel avenir pour les départements ?  L'adoption, par l'Assemblée nationale, en deuxième lecture le 25 novembre, du projet de loi de réforme territoriale, redécoupe la France en 13 régions, au lieu de 22 actuellement. Au delà des changements apportés par cette loi, ce sont les départements qui sont les premiers touchés par cette nouvelle répartition des compétences.

http://www.gouvernement.fr/de-22-a-13-regions?55pushSuggestion=Search

Crédit Photo : gouvernement.fr

Une chose est sûre : ils auront moins de responsabilités. Le projet de loi vise à renforcer le pouvoir des conseils régionaux, pour mieux harmoniser les démarches administratives et ainsi faire des économies de temps, mais aussi d'argent, en diminuant le nombre de fonctionnaires territoriaux. Beaucoup de compétences des conseils généraux (collèges, aéroports, routes départementales, développement économique via des aides aux entreprises, transports, aménagement et environnement, ports) doivent être transférées vers les nouveaux conseils régionaux. En revanche, les aides aux populations démunies et aux communes les plus pauvres restent dans les compétences départementales ainsi que l'accès aux différents services publics.

Infographie départements

Crédit Infographie : Matthias Manceaux

Le rôle intercommunal se retrouve, lui aussi, renforcé. Au lieu de 5 000 habitants minimum actuellement pour obtenir un statut d'intercommunalité, la population devra être d'au moins 20 000 habitants. Une décision qui sera lourde en conséquences pour les groupements communaux actuels de moins de 20 000 habitants : ils vont devoir chercher d'autres communes potentielles pouvant rentrer dans ce dispositif. Si cet objectif ne peut être atteint d'ici 2016, alors le texte de loi prévoit un maintien du conseil départemental avec des compétences "clarifiées". Étant donné que la suppression pure et simple des départements peut être déclarée comme étant anticonstitutionnelle par le Conseil constitutionnel, le Premier ministre, Manuel Valls, cherche maintenant à créer un "réseau d'intercommunalité" qui deviendra le nouveau tissu administratif au niveau local. Certaines grandes métropoles, comme celle de Lyon par exemple, sont amenées à devenir des collectivités territoriales et à ne plus avoir le statut d'intercommunalité.

La nouvelle carte territoriale devrait normalement, à long terme, voir le jour d'ici le mois de janvier 2016. Le gouvernement actuel espère ainsi voir, d'ici l'horizon 2020, une disparition totale des départements et des futurs conseils départementaux.

Les Seigneurs du rock

Publié by on 10:41 in BONS PLANS | 0 comments

Les Seigneurs du rock

Au 90 Grande Rue, le rock a un nouveau fief nancéien depuis le 26 juin. Dans le bar, une décoration rouge et noire, des posters de groupes mythiques, un piano et des guitares…

"Les Seigneurs, c’est le côté bon vivant, sans problème, mais c’est aussi la bonne musique, la bonne boisson et la bonne bouffe". Éric Villaume plante rapidement le décor lorsqu’il parle de son nouvel établissement. Accompagné de deux amis, il voulait créer un endroit convivial imprégné de l’esprit  d’antan : c’est chose faite. Autour de tables hautes sur le trottoir, des clients de tout âge discutent ensemble. Les éclats de rire marquent le tempo, les blagues fusent. "Je vais mettre du temps à me lever !" s’exclame un vieil homme en chaise roulante. "C’est le bar qui manquait, c’est calme, chaleureux. Ce ne sont pas des commerçants, ils ne sont pas là pour vendre", poursuit-il. Ici, lorsqu’on commande un verre, on appelle le patron par son prénom et on en profite pour papoter avec. À l’intérieur, l’ancien graphiste désormais barman n’a rien laissé au hasard niveau décoration et atmosphère. L’album Quadrophenia des Who rythme le brouhaha ambiant. Les portraits de Bob Dylan, Jimmy Hendrix, Iggy Pop et de nombreuses icônes ornent les murs rouges et blancs.

Bières, potes et rock’n’roll

Accoudés au comptoir, Benjamin et Nicolas sont tombés sous le charme de ce lieu particulier : "On vient ici parce que c’est calme et moins cher qu’ailleurs. En plus, ils passent de la bonne musique, et aussi pour ça" explique Benjamin en montrant son assiette de charcuterie. Le serveur précise en souriant : "Ça vient de la boucherie artisanale d’en face. On veut de la qualité, d’ailleurs c’est nous qui faisons pousser notre menthe pour les mojitos". Lorsque Nicolas précise qu’il joue dans un groupe, Éric l’interpelle : "Alors va jouer !" en lui montrant l’espace "jam" où trônent un piano et des guitares. L’occasion pour le propriétaire aux airs de vieux rebelle de parler de sa passion : "Je suis musicien depuis longtemps, je joue beaucoup d’instruments et je compose. Tout le monde peut venir jouer ici". Au fond de la salle, c’est tables basses et canapés noirs confortables. De jeunes étudiants discutent autour de quelques bières. Quentin s’exprime : "J’aime bien cette ambiance, c’est stylé et c’est toujours cool avec une bonne bande de potes". Ouvert du mardi au dimanche de 16H à 2H, Les Seigneurs n’accueille pas que les rockeurs.

Fabien Thiry

En passant par la Lorraine avec mon Greeter

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En passant par la Lorraine avec mon Greeter

Venu tout droit de New-York au début des années 1990, le concept de tourisme gratuit offert par un habitant lambda se propage dans la France entière. Ce mouvement à un nom : le Global Greeter Network. À Nancy, il est en place depuis 2012 et ne cesse de se développer.

« La place Stanislas, le parc de la pépinière, la vieille ville » En général, ce sont les noms qui reviennent lorsqu’un touriste parle de Nancy. Mais la ville de Stanislas Leszczynski se définit-elle uniquement par ces trois lieux ? Les Greeters prouvent que l’actuelle meilleure ville étudiante de France et son agglomération regorgent d’endroits fascinants. En fonction de vos centres d’intérêts, des bénévoles, amoureux de la ville, vous proposent des balades d’une ou deux heures au coeur de la cité nancéienne. Art, culture, nature, sport, gastronomie, shopping et même bars de nuit sont au programme, au choix ! Une visite « taillée sur mesure » à faire seul, en couple, entre amis ou en famille et tout ça ne coûte… rien !
D’ailleurs un Greeter se doit de refuser toute forme de rétribution. Mis à part les frais personnels pour les tickets de transport en commun, ou les tickets d’entrée au musée par exemple, la visite est entièrement gratuite. Pour entrer en contact avec un Greeter, il suffit de remplir un formulaire sur le site nancygreeters.fr pour décrire ses goûts et le reste n’est qu’une suite de formalités.

« Une visite taillée sur mesure »

C’est l’office du tourisme de Nancy qui met en place ce service. Elle s’assure que le Greeter soit « un habitant de Nancy et de sa région. Un passionné qui a envie de rencontrer du monde et de partager ses connaissances et ses passions. » Elle veille aussi à ce qu’il soit « majeur, sociable, ouvert sur les autres cultures et disponible au moins 2 ½ journées par mois ».
Sur son site, l’office du tourisme précise qu’un Greeter « n’est pas un guide, il fait découvrir sa région d’une manière unique, authentique et conviviale. Il accompagne les touristes dans la ville, dans l’agglomération, dans des lieux qui peuvent être insolites ou plus classiques, selon les goûts et les envies de chacun. »

De NYC à NCY

Sur la région, Nancy n’est pas seule à bénéficier de ce service de tourisme gratuit. Il existe un pôle régional géré par Meurthe-et-Moselle Tourisme (Greeters Meurthe-et-Moselle). De la ville, aux métiers particuliers en passant par les quartiers, les Greeters de la France entière se mettent à disposition des plus curieux. Paris, Nice, Nantes, Lyon, Marseille ou encore Rennes, pour ne citer qu’elles, font partie des villes qui proposent ce service ludique.
Mais l’offre ne se limite pas qu’aux villes. À l’instar de la région Meurthe-et-Moselle, l’Aisne, le Nord, le Pas-de-Calais, la Bourgogne et les Hauts-de-Seine permettent à tous de dévoiler au monde entier leurs découvertes touristiques.
Fondé à New-York en 1992 par Lynn Brooks dans l’optique de faire découvrir la ville, ses quartiers, sa diversité, ses commerces insolites, le Big Apple Greeter a séduit bien plus que les new-yorkais. Le phénomène s’étend également au monde avec des représentants en Chine, en Belgique, en Australie, au Canada et également en Côte d’Ivoire. Autant dire que les cinq continents ont leurs Greeters et la liste augmente d’année en année. Les derniers à avoir intégré la communauté internationale des Greeters sont les belges de Mons et Namur, les chinois d’Hangzhou et les français de Saint-Germain-en-Laye et de la Vallée de Munster. Une preuve que le système de gratuité du service séduit un grand nombre de personnes à travers le monde entier.


Reportage de BFM TV sur un greeters parisien.

Par Lionel Courchinoux et Guillaume Barbet

Le MEDEF à l’assaut des stéréotypes

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Le MEDEF à l’assaut des stéréotypes

La parité homme-femme dans les entreprises comme dans la vie quotidienne est un débat qui dure depuis longtemps. Le MEDEF a publié un manuel anti-discrimination pour les entreprises. Peut-on l'utiliser dans la vie quotidienne ?

"Ni guide, ni document scientifique, ce manuel [...] cherche à illustrer quelques stéréotypes et à mettre en exergue quelques clés managériales pour les combattre". C'est la description, disponible sur le site du MEDEF, d'un manuel contre les discriminations sexistes en entreprises. Publié en 2013, il doit permettre aux chefs d'entreprises de former leurs troupes. Sujet marronnier dans toute entreprise qui se respecte ainsi que pour chaque gouvernement. Ce petit guide de la vie en collectivité est rempli d'informations utiles, que chaque employé(e) peut consulter afin de connaitre ses droits. Les femmes sont surtout victimes des inégalités en entreprise et dans la fonction publique. Les salaires plus bas à grade identique que leurs collègues masculin, les emplois plus précaires pour cause de possibilité de maternité... Tout cela est l'objet d'une lutte de longue haleine.

De la flexibilité du temps de travail à la gestion du congé maternité, il comporte une visée managériale, ayant pour but d’améliorer l’organisation, et l’image du gérant. Il y a matière à cogiter. Y sont abordés le recrutement paritaire, la répartition des tâches, les niveaux d’études, la progression des carrières… Sans oublier le porte-drapeau : la politique des salaires. L’ensemble résumé en une vingtaine de pages. A noter, la présence de quelques angles de réflexions. Utiles lors d’une réunion ou d’un brainstorming.

Pour autant, les femmes ne sont pas les seules à subir des inégalités… les hommes aussi. Le dernier en date est le congé paternité. En France, il n’a été créé qu’en 2002, sous le gouvernement de Lionel Jospin, par Ségolène Royal. Désormais, le conjoint dispose de 11 jours pour s’occuper de son enfant. Par comparaison en Norvège, premier pays à avoir établi ce type de repos, le délai est de 14 semaines. Une réforme semble cependant en marche dans notre pays, visant à élever cette relâche à 6 mois pour les pères de famille. L’avenir nous dira si cela fonctionne.

Les clichés ont cependant la vie dure. Un manuel et quelques réformes ne suffisent pas à les vaincre au quotidien. Il faut, pour ça, effacer des esprits tout les préjugés et pré acquis. Voici deux points élémentaires pour mieux y arriver :

-Prendre le temps de connaitre ses propres stéréotypes. -Essayer de les déconstruire.

Tout le monde peut ainsi participer à son échelle

Joffrey Mansuy