Culture

Place aux jeunes !

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Place aux jeunes !

Ce week-end, à Nancy, le Livre sur la Place a permis à Camille, Clément, Léo ou encore Ismaël, élèves au collège Jacques-Callot de Vandœuvre, de présenter leur œuvre : un recueil de poésies rédigées suite aux attentats de janvier dernier.

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Le Livre sur la Place derrière la caméra

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Le Livre sur la Place derrière la caméra

Le Livre sur la Place est la première manifestation littéraire de la rentrée et prend place dans la cité ducale. Pendant trois jours, du 11 au 13 septembre, ce sont 180.000 personnes qui ont arpenté les allées du salon. Parmi eux, des écrivains, des férus de littérature, des enfants, mais aussi quelques journalistes.

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Les auto-éditeurs au-dessus de la cohue

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Les auto-éditeurs au-dessus de la cohue

Le Livre sur la place attire près de 150 000 visiteurs sur les trois jours, une foule qui rend parfois désagréable le simple fait de se balader. A travers cette frénésie, un îlot semble résisté : les auto-éditeurs.

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Speedy Ortiz – Foil Deer

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Speedy Ortiz – Foil Deer

On pouvait déjà s’en douter dès 2012 et son prometteur EP Sports, suivi du surprenant Major Arcana en 2013, un premier album majestueux, foudroyant et intense qui propulsait le groupe sur le devant de la scène indépendante. Speedy Ortiz peut désormais se revendiquer comme le meilleur groupe de Boston grâce à son nouvel opus, Foil Deer , sorti le 20 avril dernier.

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Mettre du coeur à l'ouvrage

Publié by on 12:44 in CULTURE, Rencontres | 0 comments

Mettre du coeur à l'ouvrage

Maxime Coeur a 24 ans. Il a entrepris il y a 3 ans un projet. Monter sa marque. Le concept ? Récupérer de vieilles planches de skate et en faire des créations originales. Depuis, le projet a grandi, Maxime n’officie plus dans un garage, comme à ses débuts, mais dans un véritable atelier, au coeur de l’ancien entrepôt de bus des TCRM (transports en commun de la région messine, devenu METTIS) à Metz-Blida

 

 Qu’est ce qui t’a poussé à entreprendre un tel projet ?

“ Après un CAP en menuiserie je me suis retrouvé pendant 2 ans au chômage. Et depuis longtemps j’avais envie de créer quelque chose, seulement je ne savais pas exactement quoi. Alors j’ai réfléchi. J’étais un passionné de skateboard -je le suis encore d’ailleurs -et d’art. La protection de l’environnement et le recyclage étaient des sujets importants à mes yeux également. Au début, je voulais créer une marque de skate et à ce moment j’avais seulement en tête le côté marketing. Je me suis alors dit que je savais travailler le bois, et selon moi c’était dommage de passer à côté de ça. Alors j’ai allié mes 3 passions qui sont le skate, l’art et l’écologie en une seule. De plus, pendant mes années de chômage, j’ai beaucoup voyagé, essentiellement pour skater mais aussi pour m’inspirer et prendre des idées, à droite à gauche.

Justement, quel a été le vrai déclic pour toi ?

Le déclic a certainement était le moment où j’ai découvert Haroshi, un artiste japonais qui réutilisait déjà, à l’époque, de vieilles planches pour en faire des sculptures. Moi, je suis plutôt un artisan. Mais c’est vrai qu’il m’a beaucoup inspiré. Au début je faisais des "cruiser" (tout premiers skateboard datant des 70’s) puis j’ai poussé le concept en récupérant des "board" cassées pour créer des porte-clés, des lunettes. Maintenant j’en fais aussi des coques pour smartphones. Et ça a plu aux gens, j’ai gagné des concours, collaboré avec des festivals au Luxembourg sur l’art urbain. On peut dire que c’est le Luxembourg qui m’a fait connaitre, du moins en parti.

Vidéo de présentation de la marque "Organ Skateboard" par FenschToast

Comment as-tu appris ce métier ?

On ne peut pas vraiment dire que j’ai appris ce que je fais aujourd’hui. En tout cas, ça n’est pas l’école qui me l’a enseigné. Je suis ce qu’on appelle un autodidacte. Je pense que l’on n’apprend pas à créer. J’ai vraiment appris au fur et à mesure des rencontres que je faisais. J’ai rencontré des infographistes et des designers qui m’ont bien aidés. Après avoir gagné des concours comme “Envie d’agir” l’AFP (Agence France Presse) s’est intéressé à moi. Il y aujourd’hui à peu près 300 articles dans le monde entier qui parlent de ce que je fais. Et puis avec les festivals, j’ai approché des artistes avec qui j’ai collaboré par la suite. A ce moment là j’avais déjà mon noyau dur, c’est à dire le skate, l’écologie et le bois. Maintenant, mon projet s’exporte à l’étranger, aux Etats-Unis, en Australie, en Europe…

Est-ce que tu avais imaginé ça, quand tu étais dans ton garage au tout début ?

 Non pas du tout. J’ai vraiment laissé les choses se faire, c’est venu comme ça. Je n’avais rien imaginé. Je faisais les choses comme je les sentais en fait ! Je ne pensais pas que ça allait prendre une telle ampleur, ni que les gens adhèreraient si rapidement. J’ai remarqué qu’en réalité chaque personne t’amène à une autre. Aujourd’hui, des élus viennent me voir, alors qu’avant ils se fichaient du skate ! Des magasins achètent même mes créations. Au départ, c’était vraiment pas calculé, et c’est d’autant plus valorisant. Au début je n’avais vraiment rien, même pas d’argent de côté sur mon compte. J’ai commencé dans un garage qu’un retraité a bien voulu me prêter. C’est pourquoi il faut être motivé et croire en soi.

 Qu’est ce qui te plait le plus dans ce que tu fais ?

Créer, pouvoir évoluer et grandir avec mon projet. J’aimerais sensibiliser les jeunes à l’écologie et au recyclage aussi. Pouvoir faire parti du monde de l’art me plait également. Quand on m’a appelé pour participer à un projet au centre Georges Pompidou (à Metz) j’ai halluciné ! L’aspect commercial m’intéresse, mais attention je ne coure pas après l’argent. C’est juste un défi, on ne s’improvise pas chef d’entreprise comme ça.. je suis conscient de ce qui m'arrive.  Passer de rien à tout. Du chômage, à bosser de 8h à 22h c'est ça le plus excitant !

Comment tu envisages la suite ?

Je me vois encore créer, encore produire, rencontrer des gens, enchainer les projets, bosser avec des associations. On ne devient pas comptable, communiquant ou patron du jour au lendemain. Il faut être aidé, ne pas faire d’erreur. J’ai toujours pris des précautions, toujours réfléchi. Bien sur j’ai pris des risques mais je pense aux éventualités maintenant, si c’est possible. Après, je skaterai toujours, ça c’est sur. Ca reste un plaisir, avant tout.”

La communication muséale à Nancy : tout un art !

Publié by on 16:22 in CULTURE | 0 comments

La communication muséale à Nancy : tout un art !

L’exposition consacrée aux cinquante ans de l’École de Nancy illustre la volonté de la ville d’être visible dans le secteur culturel. Une mission parfois compliquée, d’autant plus que l’intérêt des habitants reste modéré. Mais d’importants moyens sont mis en œuvre pour y parvenir.

L'exposition propose des photographies d'époque du musée.

L'exposition propose des photographies d'époque du musée.

"L’art nouveau est présent partout à Nancy, c’est pour cette raison que j’ai voulu découvrir le musée de l’École de Nancy. J’ai vraiment apprécié visiter une maison avec un jardin, plutôt qu’un musée avec un cadre froid comme les Beaux-Arts", raconte Laurent, ingénieur originaire de Perpignan. L’espace fête cette année ses cinquante ans. Du 20 septembre 2014 au 4 janvier 2015, une exposition-dossier y était dédiée : "Petite et grande histoire du musée de l’École de Nancy". Elle a permis de revivre les moments-clé de l’histoire du lieu, depuis sa fondation jusqu’aux années 2000, à travers des visites guidées, des conférences ou encore des ateliers. En parallèle, l’association des Amis du Musée de l’École de Nancy (AAMEN), qui cherche également à améliorer son attractivité, a lancé une souscription pour l’acquisition et la restauration du lustre "Les Algues", créé par Louis Majorelle et Jacques Gruber.
La couleur verte des deux salles d’exposition temporaire la distinguait des collections permanentes. Sans parler des affiches situées juste devant le bâtiment. Les musées communiquent et se renouvellent, mais rencontrent encore des difficultés à attirer un public à la fois nombreux et régulier.

Un public dubitatif

Un fait étonnant au regard de certains chiffres. Sur environ trois cents Nancéiens interrogés, 88 % déclarent être intéressés par l’art et la culture. 83 % ont même déjà visité au moins un musée de la ville ou de son agglomération. Et 92 % d’entre eux ont apprécié leur visite dans l’un ou plusieurs de ces musées. Mais ce genre de sortie reste occasionnel pour beaucoup. La moitié déclare s’y rendre au minimum une fois par an mais moins d’une fois par mois. Un chiffre qui pourrait être amélioré. Mais les Nancéiens se montrent sceptiques et certaines opinions reviennent souvent pour justifier cette faible fréquence : manque de temps, autres activités, tarifs onéreux ou encore mauvaise information.

Un tiers des sondés avoue ne pas s'informer du tout sur l'actualité des musées.

Un tiers des sondés avoue ne pas s'informer du tout sur l'actualité des musées.

Les témoignages vont dans ce sens. S’il est vrai que toutes les informations relatives aux musées sont facilement trouvables, quelques sondés désapprouvent ou déclarent ne pas trouver la communication attractive : "Je n’ai pas entendu parler des cinquante ans du musée de l’École de Nancy. Je n’ai pas vu d’affiches dans les rues, ni entendu quoi que ce soit à la radio. Je trouve que les musées de Nancy manquent de communication. C’est dommage car cela pourrait être intéressant", raconte Pauline, étudiante en master Information-Communication. Plusieurs jeunes issus d’autres régions reconnaissent même ne pas savoir quels sont les musées de la ville, ni où ils se trouvent. Les horaires d'ouverture posent aussi problème : les musées fermant en général leurs portes à 18h, tous les publics ne peuvent s’y rendre. Un autre étudiant ajoute même qu' "il serait bien que les musées de Nancy, ville qui se veut dynamique pour les jeunes, se mettent à proposer un tarif attractif, si ce n'est gratuit à ses étudiants ! La gratuité du mercredi après-midi est une illusion : la plupart des étudiants a cours à ce moment-là de la semaine !".

Une programmation complète

Les moyens de médiation et de communication sont pourtant importants. Véronique Branchut-Gendron, responsable du service des publics des musées de la ville de Nancy (Beaux-Arts, Musée Lorrain, École de Nancy), explique que la médiation se décline dans deux domaines : les outils (audioguides, dossiers pédagogiques) et les actions (visites guidées, conférences, etc.). Les supports de communication sont classiques mais complets. Les affiches et brochures sont évidemment utilisées mais le meilleur moyen de s’informer sur l’offre est probablement l’agenda des musées. La visibilité est donc une mission prise avec un maximum de sérieux, y compris au niveau numérique. Lucile Guittienne, chargée de communication du Museum Aquarium (affilié au Grand Nancy, à l’instar du Jardin Botanique et du musée de l’Histoire du fer), confirme : "Notre fréquentation a augmenté en partie car nous avons modifié notre façon de communiquer. Nous sommes plus présents sur les réseaux sociaux et nous nous modernisons. Un site internet doit être renouvelé tous les deux ou trois ans. Nous nous adaptons aussi en fonction de l’âge. Nous avons par exemple créé un Tumblr qui est davantage à destination des jeunes adultes. Le web est donc important, mais il faut faire attention à ne pas délaisser le reste".

Véronique Branchut-Gendron est responsable du service des musées depuis 2013.

Véronique Branchut-Gendron est responsable du service des musées depuis 2013. Photo : Adeline Divoux

Le succès d’un musée ne se construit pas uniquement à partir d’un catalogue alléchant. Pour le service de médiation, il est essentiel de répondre aux attentes du public et de diversifier la fréquentation, en plus de l’augmenter. "Nous avons pour but de viser le plus de personnes possible, la priorité étant tout de même de s’adresser aux habitants de la collectivité", admet Véronique Branchut-Gendron. Aujourd’hui, la tranche d’âge majoritaire des visiteurs est supérieure à 55 ans. Des stratégies envers les plus jeunes sont donc mises en place. "On propose une offre spécialisée pour les scolaires, en fonction de leur niveau. Par exemple, les maternelles auront des programmes qui leur seront exclusivement destinés" ajoute la responsable. Une initiative gratuite à la fois pour les écoles primaires, les collèges et les lycées. Lucile Guittienne insiste sur l’importance de fidéliser son public : "Nous avons réalisé une étude de public dont les résultats seront bientôt publiés. Il s’agit également de le faire participer via les réseaux sociaux et lui donner envie de revenir. Pour cela, on réalise des annonces sur les prochaines programmations, par exemple des teasers".

Au niveau des chiffres, quelques variations s’observent : entre 2011 et 2012, la fréquentation du Musée lorrain a augmenté d’un peu plus de 22 % mais a diminué d’environ 14 % en 2013 ; le musée des Beaux-Arts a augmenté ses visites de 34 % en 2013 après de fortes baisses les deux années précédentes pour cause de travaux ; l’École de Nancy a chuté d’environ 32 % en deux ans ; enfin, le Museum-Aquarium a vu sa fréquentation augmenter depuis 2011.
Un nombre de visiteurs plutôt irrégulier et qui peut encore s’accroître. Pour cela, les expositions temporaires sont efficaces. L’année passée, l’événement "Renaissance" aurait eu un impact considérable sur la fréquentation des espaces culturels. Mais elles peuvent être difficilement quantifiables et ne doivent pas être les seuls vecteurs de succès. Les prochaines nocturnes étudiantes auxquelles participent les musées symbolisent en tout cas ce souhait d’attirer un public qui, pour le coup, aura de quoi être intéressé.

Le cas particulier du Musée de l'histoire du Fer

Situé à Jarville et donc moins facilement accessible que les musées du centre de Nancy, cet espace est consacré à un sujet pour le moins inhabituel : le fer, son histoire et son exploitation. L’attractivité peut paraître plus compliquée à instaurer. Pourtant, le travail de visibilité est sérieusement mené. Louise Champigneulle, la directrice adjointe, explique que la communication se met en place avec le Grand Nancy, qui gère également le Museum-Aquarium et le Jardin Botanique de Vandœuvre. Les liens avec les journalistes sont réguliers, des agendas trimestriels sont conçus et des offres culturelles sont proposées, à destination des scolaires par exemple (environ 4000 visites dans ce cadre cette année). La principale faiblesse réside dans l’absence d’un site internet, outil indispensable aujourd’hui. Actuellement, seule la page de la Communauté Urbaine et Facebook informent sur le musée. "Nous travaillons actuellement sur un site internet. Nous aimerions que ce projet soit fini pour 2015. Il sera probablement calqué sur le modèle des sites du Museum-Aquarium et du Jardin Botanique" ajoute la directrice. Une opportunité d’accroître encore le nombre de visiteurs, déjà en hausse cette année avec 22 408 entrées.

Adeline Divoux et Alexandre Rol

Nancy, ville tremplin pour ses artistes ?

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Passer de l'anonymat à la célébrité n'est pas chose facile pour les groupes nancéiens. Cela risque d'être plus difficile encore avec la fermeture du Totem, une des scènes locales les plus emblématiques.
L'heure est aux stratégies pour les artistes. Associations et structures viennent les épauler dans cette quête de notoriété.

Une ombre plane sur le T.O.T.E.M. (Territoire Organisé Temporairement en Espace Merveilleux). Nul ne sait ce que va devenir ce lieu qualifié de « déjanté ». Occupé par la compagnie Materia Prima, il était destiné à la création artistique et permettait aux groupes, clef en mains, d'enregistrer leurs maquettes, tourner leur clip et organiser des shootings, le tout gratuitement. Assignée en redressement judiciaire en juillet 2013, la compagnie a été mise en liquidation l’été dernier.
« La fermeture du Totem serait un gros vide. » se désole Alexandre Carel, ancien membre de l’administration de la compagnie. S’il ferme, c’est une opportunité de visibilité en moins pour les musiciens. Mais les groupes peuvent s’appuyer sur d’autres salles qui comptent d’autres atouts.

Le T.O.T.E.M. a accueilli beaucoup de groupes musicaux

Le T.O.T.E.M. a accueilli beaucoup de groupes musicaux. Crédit photo : Marine Prodhon

Autres scènes, autres ambiances

Pour les groupes débutants, le lieu le plus accessible reste le bar. Une scène – qui n’en est pas une – mais qui permet une première approche du public. Depuis quelques années, certains ont renoncé à accueillir ces artistes, en raison d’une intolérance grandissante des citadins.
« Avant, les gens qui vivaient en ville savaient qu’il y avait du bruit, » explique Rodger du groupe Dead Stereo Boots, « maintenant les habitants sont plus égoïstes : ils veulent vivre en ville dans la tranquillité de la campagne ».
Pourtant, quelques bars continuent d’accueillir les artistes. Le Quai’son par exemple, programme 75 % d’artistes locaux. Pour Alexandre Carel, en charge de la planification, « c’est avant tout un lieu de location qui privilégie les groupes de découverte locaux mais aussi nationaux et internationaux ». L’initiative est rentable économiquement pour les bars, culturellement pour les groupes et les spectateurs.
Malgré ces opportunités, jouer dans les bars reste difficile sans réseau.

Associations, la solution ?

« Au début, quand j’ai voulu faire des concerts, j’ai envoyé des mails mais j’ai eu peu de réponses », raconte Tiphaine Wary, chanteuse-compositrice. Pour elle, la clef du succès reste le réseau.
« Pour se faire connaître, il faut rencontrer des gens. Je connaissais John Efka [chanteur-compositeur, ndrl], grâce à lui j’ai rencontré Anne-Laure [Gavoille] aujourd’hui mon attachée de presse. »
Anne-Laure Gavoille est présidente de l’association La Masse Hystérique. Son objectif ? Promouvoir les artistes locaux. Elle met à disposition des musiciens, ses contacts comme l’atteste Typhaine Warry « Depuis que je la connais, j’ai des concerts toutes les semaines ».
Au-delà du réseau, les associations servent la visibilité des artistes. Elles mettent en place divers événements leur permettant de se produire tout au long de l’année. Le tremplin, par exemple, est un concours qui voit s’affronter plusieurs formations, souvent de styles musicaux différents. Le public est invité à voter à l’issue du concert pour son groupe préféré offrant ainsi la possibilité au gagnant de jouer sur une nouvelle scène.
Par ailleurs, les festivals sont nombreux dans la région nancéienne (Nancy Jazz Pulsation, le Jardin Du Michel...).
Le festival de la Masse Hystérique prépare sa quatrième édition. Initialement basé sur des artistes lorrains, l’association participe au projet Multipistes, organisé par la grande région et mené par les salles de musiques actuelles telles que L’Autre Canal. « Ce projet sélectionne des artistes, ce qui permet à mon association de recevoir d’autres groupes à moitié prix, c’est une aide à la diffusion », détaille Anne-Laure Gavoille. « Ils font vivre le territoire donc c’est normal qu’ils jouent chez nous » conclut la présidente.
Dans un autre genre, le Nancy is Burning réunit depuis trois ans, une dizaine de groupes issus de la grande région. Le but ? Ne pas se prendre au sérieux ! Tranber, organisateur du Nancy’s Burning aime le qualifier de « plus gros festival de reprises déjanté de Lorraine. », « L’objectif est de mettre le plus de monde devant les groupes locaux ». Une réussite car si le premier festival a réuni 600 spectateurs, la dernière édition en comptait plus de 1 000.

Des artistes stratèges

Si les associations offrent un vrai coup de pouce aux artistes, ils doivent aussi travailler eux-mêmes leur feuille de route pour élargir leur public. Un investissement pas toujours instinctif et facile à manier pour les groupes. « Tu ne peux pas annoncer la publication de ton clip pour le soir, alors que le montage n’est pas achevé » explique Rodger, chanteur du groupe Dead Stereo Boots.
Créé il y a trois ans « DSB » a fait ses armes dans les bars avant de sortir un trois titres « fait maison », « cela nous a permis de démarcher des lieux de représentation et d’enregistrer un EP - de 4 titres - dans un studio professionnel » se souvient Rodger. Suite à cette expérience, les musiciens se sont entourés de coachs professionnels pour améliorer leur son. En 2013, le groupe a pu entamé une tournée de 60 dates. « Cette année, on s’est dit qu’il fallait passer à autre chose, nous avons décidé d’accepter uniquement les concerts en dehors de la région ».
Même s'il est difficile d'être sur tous les fronts, pour Rodger, la meilleure stratégie reste l'organisation professionnelle : être cohérent dans les agendas, communiquer, programmer des concerts, etc. Dead Stereo Boots s’est donc entouré de soutien afin de se concentrer sur leur projet initial : la musique. Une ténacité qui leur permet aujourd’hui d’être pré-sélectionnés au festival des Inouïs du Printemps de Bourges qui pourrait leur permettre de jouer à Paris.

L'Autre Canal est la plus scène sur laquelle les artistes locaux peuvent se produire en première partie d'une tête d'affiche ou lors d'un festival. Crédit photo : Marine Prodhon

L'Autre Canal est la plus scène sur laquelle les artistes locaux peuvent se produire en première partie d'une tête d'affiche ou lors d'un festival. Crédit photo : Marine Prodhon

Les pré-sélections se dérouleront à l’Autre Canal, la plus grande scène accessible aux artistes locaux.
Cet établissement public est une scène de musiques actuelles (SMAC), qui a pour mission le soutien à la création locale. « On ne peut pas produire un groupe qui n’est pas prêt » souligne Alain Brohard, programmateur à L’Autre Canal. Si tous les musiciens sont accueillis et conseillés, seuls les plus « matures artistiquement » sont programmés pour des premières parties de concerts. « Après un diagnostic du groupe, s’il est jugé capable d’assurer des shows, nous lui proposons des journées de travail scénique adaptées à ses besoins » détaille Alain Brohard.

Au final, Nancy offre un panel de groupes diversifié mais manque d’établissements adaptés pour les produire et assurer leur visibilité. « Le problème de Nancy, c’est qu’un groupe amateur a de quoi débuter une carrière, mais ne peut faire évoluer son projet faute de structures professionnelles » explique Alexandre Carel, programmateur du Quai’son et par ailleurs musicien du groupe Moko. Autre problème : le public n’est pas toujours au rendez-vous.

Sarah Cotton
Marine Prodhon

Un nouveau chapitre pour Bar-le-Duc

Publié by on 10:21 in CULTURE | 0 comments

Un nouveau chapitre pour Bar-le-Duc

Sans librairie depuis des mois, les habitants de Bar-le-Duc ne sont pas restés les bras croisés. Focus sur cette mobilisation qui a donné vie à La Fabrique cet automne.

"Bar-le-Duc était pour nous la ville qui présentait le plus gros potentiel pour ouvrir une librairie" racontent Aurore et Rémi Grandidier. A 25 ans, le couple de libraires a ouvert les portes de La Fabrique le 12 novembre dernier. La préparation n’a cependant pas été de tout repos. Pour Aurore Grandidier, "c’est compliqué d’ouvrir un magasin, il faut bien connaître les lois et c’est un peu le parcours du combattant, surtout au niveau technique. Mais financièrement cela a été plus simple puisque les banques nous ont aidé plus facilement, notamment grâce à la mobilisation". Une mobilisation qui s’est mise en marche dès la fermeture de l’ancienne librairie. Dans un premier temps avec l’initiative d’un barisien, Julien Vidal, qui a créé la page Facebook Une librairie pour BarleDuc, aujourd’hui suivie par 3744 personnes. Un mois plus tard, le 21 mars 2014, c’est l’association Les Z’amis du Livre qui a vu le jour, présidée par Philippe Guering. "Tout ce qui pourra faire vivre la librairie à Bar-le-Duc, on le fera et dans son intérêt" déclare le chirurgien-dentiste. D’ailleurs, depuis l’ouverture de la boutique, l’association a déjà organisé quatre conférences avec des auteurs locaux.

Aurore et Remi Grandidier

Aurore et Rémi Grandidier sont originaires de Nancy.

Une grossesse symbolique

Julien Vidal lui aussi met la main à la pâte. En plus de rendre régulièrement visite au couple, il relaye des informations sur la page Facebook et continue à les accompagner. "Pour moi, l’essentiel est que tout se passe bien" ajoute-t-il. Il s’est passé 9 mois entre la fermeture de l’ancienne librairie et l’ouverture de la nouvelle. "C’est un peu une grossesse symbolique. Cela montre qu’en se mobilisant on aboutit à quelque chose", glisse le quadragénaire. Et ce, pour le plus grand plaisir des lecteurs ! Françoise, retraitée de 67 ans, s’est précipitée dans la boutique dès le premier jour. Elle se réjouit même : "la lecture est pour moi une source d’évasion extraordinaire ! Je n’ai ni voiture, ni les moyens financiers de voyager donc je parcours le monde grâce à cela". Romain, militaire de 24 ans, trouve quant à lui que La Fabrique met un peu de vie dans la commune. D’autant plus que Bar-le-Duc a également perdu d’autres établissements culturels et notamment le magasin de musique, comme le rappelle Claire, professeure de français. "J’ai adhéré à l’association Les Z’amis du livre. Je trouve cela bien et rassurant que les gens se soient mobilisés" poursuit-elle. L'association avait en effet le projet de créer une coopérative s'il n'y avait pas eu de repreneur. Julien Vidal, en désaccord avec Les Z'amis du livre, avait pour sa part un autre programme. Finalement, la proposition du couple nancéien a mis tout le monde d'accord. "Ce qui comptait pour nous, c’était qu’il y ait une librairie", raconte Bernard, lui aussi membre de l'association.

La Fabrique a accueilli de nombreux visiteurs depuis son ouverture. Aurore et Rémi Grandidier espèrent que la fréquentation va poursuivre sur sa lancée.

 

Adeline Divoux

Nancy, do mi si la do ré

Publié by on 09:12 in CULTURE | 0 comments

Nancy, do mi si la do ré

Nancy attire les jeunes, au point d'avoir été classée ville préférée des étudiants par Le Parisien en juin 2013. Et pour cause, la ville meurthe-et-mosellane à su s'adapter à la demande étudiante en proposant une multitude d'endroits sympathiques. Entre la Music Academy International, les nombreuses salles de concerts et les bars qui en bordent les rues, la capitale du duché de Lorraine est un réel berceau de création musicale. Les endroits pour écouter de la musique en live ne manquent pas. Mais où aller lorsque l'on s’intéresse au rock et à la scène alternative ? Un petit guide s'impose.

Les salles de concert : 

Le Totem, un espace artistique d'une superficie de 6000 m² qui accueille de nombreux festivals tout au long de l'année. Au sein de ses fresques taguées, on peut régulièrement apprécier de l'art de rue, des manifestations burlesques ou des groupes aux sonorités surprenantes. Cet endroit hors du commun est situé rue des Brasseries, à Maxéville.

L'Autre Canal est une salle de concert nancéienne on ne peut plus classique. Aspect intéressant : l'infrastructure accueille des artistes renommés dans sa grande salle, mais aussi des musiciens moins connus dans un espace plus petit. Pour profiter de son vaste programme, il faudra se rendre 45 boulevard d'Austrasie, à Nancy.

Le Hublot, une scène étroite, mais adaptée aux étudiants. La programmation est encore une fois variée. C'est un lieu convivial qui permet de découvrir des artistes à des prix convenables. Proche du campus de lettres et sciences humaines de Nancy, la salle se situe 138 avenue de la Libération.

Le Zénith est la principale salle nancéienne, pouvant accueillir jusqu'à 17 000 spectateurs en plein air. Malheureusement, l'immense bâtiment est excentré, et il faut compter sur les transports en commun ou les navettes pour se rendre rue du Zénith, à Maxéville.

 

 

Les bars : 

Le Brooklyn Boogie Café est un bar rock accueillant quelquefois des petits groupes nancéiens. Si les concerts ne sont pas réguliers, des classiques du rock 'n' roll sont diffusés en permanence. Rachid, le patron, saura vous accueillir avec joie et hospitalité dans son antre souterrain du 3 rue Gilbert, à Nancy.

Le Quai'Son propose une programmation régulière et variée tout au long de l'année. Les groupes de la région et les improvisations y sont à l'honneur. La scène est petite, mais une large palette de matériel de qualité est mise à la disposition des musiciens au 4 quai Claude-le-Lorrain, à Nancy.

La Taverne de l'Irlandais n'est pas en reste en ce qui concerne la pluralité des genres : bals folk ou soirées punk, il y en a pour tous les goûts dans cet immense pub irlandais situé 8 rue Mazagran, à Nancy.

Le Bon Temps se veut convivial, et pour cause : entre les concerts programmés, des musiciens viennent régulièrement jouer au 13 avenue Foch, à Nancy, accompagnés de leurs instruments acoustiques.

Les Seigneurs a l'originalité de proposer un espace "jam" permanent en dehors des concerts. Les musiciens peuvent venir s'y exprimer à une seule condition : il faut savoir jouer. Un fief situé au 90 Grande Rue, à Nancy.

 

 

Festivals et centres culturels : 

Le Nancy Jazz Pulsations se déroule chaque année au début du mois d'octobre. En plus de proposer des concerts dans de nombreuses salles, ce festival occupe un chapiteau au milieu du parc de la Pépinière. Depuis quelques éditions, de nombreux bars accueillent des groupes des alentours peu avant son inauguration, dans le cadre du Nancy Jazz Pursuit.

La MJC Lillebonne est un centre culturel organisant diverses manifestations artistiques, 14 rue du Cheval Blanc, à Nancy.

Le Caveau du Grand Sauvoy accueille régulièrement des soirées associatives rock, punk ou metal. Une ambiance underground à découvrir au 17 avenue de Metz, à Maxéville.

Les Nocturnes Étudiantes ont lieu à chaque rentrée universitaire. Différents dispositifs y sont mis en place pour permettre la découverte de la ville : entrée des musées gratuite, ou installation d'une scène place de la Carrière animée par plusieurs musiciens nancéiens.

 

 

La Saint Nicolas fait son cirque

Publié by on 23:00 in CULTURE | 0 comments

La Saint Nicolas fait son cirque

Une fois n'est pas coutume,  Nancy enfile son manteau d'hiver. La ville accueille "Le village de Saint Nicolas". Parler de "Marché de Noël" n'est donc plus d'actualité. Nouveau souffle pour cet événement,  dû  également à l'entrée des arts de la rue dans la programmation.

"Le marché est, cette année, concentré place Charles III" précise Laurent Hénart, le maire de la ville. Le choix du "Village de Saint Nicolas" n'est pas sans raison. Le but est de se différencier de toutes les manifestations qui font fureur dans l'Est de la France.  "C'est une fête populaire par nature" souligne le conseiller municipal Laurent Villeroy de Galhau. Les foules se bousculent dans les rues à cette période de l'année, une raison de plus pour les animer à outrance. Les rues nancéiennes vivront donc sous le thème du cirque durant le weekend des 6 et 7 décembre prochains. Pourquoi ? Quel rapport avec Saint Nicolas ? Aucun, il faut l'avouer. Mais ce thème est "enfantin, facile" comme l'avance le conseiller. Originalité, fantaisie et créativité sont les critères recherchés . La moitié du budget, s'élevant à 500 000 euros pour la totalité du weekend, est consacré au domaine artistique, explique Emilie François, responsable du service des grands événements à la mairie.

Des troupes d'ici et d'ailleurs.

Le "Chamôh" - Cie Paris Benares

Le "Chamôh" de la compagnie Paris Benares plaît aux petits comme aux grands - Crédit photo : Caroline Puissant

Parmi elles, la compagnie Paris Benares.  Créée en 2008 à Nantes, elle présente deux marionnettes géantes de 2 et 1,3 tonnes. "On essaie de leur donner vie, comme si c'était de vrais animaux. Il y a une vraie volonté de coller à la réalité", explique Patrice Verquère, le directeur de la compagnie. Les enfants pourront découvrir "le Chamôh" et "l'Oisôh" dans les rues de Nancy, lors du défilé précédant Saint Nicolas. "L'avantage avec le spectacle de rue, c'est qu'il est accessible à tout le monde. C'est une façon de donner accès à la culture à ceux qui ne se rendent pas en salle, explique t-il, il y a ce regard d'enfant dans les yeux de tous, des plus petits aux plus grands, des plus riches aux plus pauvres".
Une accessibilité qui plaît aussi à Barbara Migny, artiste de la compagnie Lala. Depuis 2001, elle propose toutes sortes de spectacles de rue : de simples déambulations à la pyrotechnie en passant par les échasses, la musique, la danse ou encore le burlesque. Déjà présente l'année dernière à Nancy, la troupe revient cette année participer aux festivités. "C'était vraiment très bien ! Les gens étaient très nombreux, ils jouent vraiment le jeu. C'était extrêmement chaleureux et le final sur la place Stanislas était somptueux, vraiment magique !", se rappelle Barbara Migny. Pourquoi les arts de rue ? "A cause de la notion d'improvisation. Dans la rue, c'est impossible de tout gérer, il y a des choses et des gens que l'on ne maîtrise pas. On peut proposer une écriture globale mais elle doit laisser une place à l'interaction et à l'improvisation sinon ça ne fonctionne pas", argumente l'artiste.
Un avis qu'elle partage avec Benoît Tréhard, le directeur artistique de la compagnie Cirque en kit. Si elle existe depuis vingt ans, la troupe a choisi de quitter "le format lourd et écrasant du chapiteau" pour la rue. "C'est un lieu qui permet une grande opportunité de liberté artistique. On adapte l'écriture et on utilise un espace donné", confie Benoît Tréhard.
Mais quand on leur demande si ils connaissent Saint Nicolas, les réponses sont surprenantes. "C'est votre vrai père Noël, non ?"
Non, pas tout à fait.

Elise Bouthemy, Sarah Cotton