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Canal+ : la première chaîne à péage en France

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Canal+ : la première chaîne à péage en France

Canal+ fête cette année ses trente années d’existence. Première chaîne de télévision privée et payante arrivée dans l’hexagone, « la 4 » a bousculé le Paysage Audiovisuel Français. Batailles politiques, défi technologique et innovations dans les programmes ont révolutionné les médias et les téléspectateurs. Nous sommes en 1984. Le 4 novembre plus précisément. Michel Denisot, sur le plateau de la matinale "le 7/9", annonce fièrement : "Bienvenue à toutes et à tous sur la première émission du matin de la première chaîne privée en France". Avant que cette phrase ne soit prononcée, de grandes manoeuvres politiques et un défi technologique ont été mis en oeuvre pour que le Paysage Audiovisuel Français (PAF) se dote d’une nouvelle chaîne de télévision. L’idée d’une quatrième chaîne naît dans la tête d’un homme d’affaire, Jean Frydman. En 1980, il fait part de son projet à Valéry Giscard d’Estaing (VGE), alors président de la République. Ce dernier, plutôt favorable à la création d’une chaîne payante, lui demande d’attendre la fin de la campagne présidentielle de 1981 pour présenter le projet aux Français. VGE était certain de faire un second mandat, mais François Mitterrand et la gauche accèdent à l’Elysée. Le dossier de la quatrième chaîne part donc aux oubliettes. Un problème d’impression Il faut attendre la fin du chantier de la libération des ondes et la légalisation des radios libres pour que le gouvernement s’attaque au renouveau de la télévision. Le président Mitterrand annonce lui-même en 1982 la création d’une nouvelle chaîne de télévision. Cependant, il impose certaines conditions : cette chaîne ne doit pas vivre de la publicité pour ne pas gêner les trois autres (TF1, Antenne 2 et FR3), ni empiéter sur la redevance payée par le contribuable. Le projet initial, élaboré par Jean Frydman, se retrouve sur le bureau du groupe Havas. Cette entreprise de médias s’entoure de collaborateurs comme Antoine Lefébure, Jacques Driencourt ou encore Léo Scheer. Ce qui va faire peser la balance en faveur d’Havas, ce sont les relations entre la direction et le gouvernement. Et pour cause, André Rousselet, président du groupe à l’époque, était l’ancien chef de cabinet de François Mitterrand. Les deux se côtoient depuis de nombreuses années. André Rousselet n’aura pas de mal à convaincre le président de la République de retenir le projet "Canal 4" à l’époque. La petite histoire veut que lors de l’impression des affiches promouvant la nouvelle chaîne "Canal 4", il y ait eu un problème. L’inscription s’était transformée en "Canal+". Pour autant, Antoine Lefébure raconte que ce sont des sondages qui ont déterminés le choix du nom. Une centaine d’idées était proposée aux sondés. Parmi eux : "Canal Festival", "Télé Cinéma", "Télé Fête" ou encore "Télé Star". Mais c’est "Canal Plus" qui plu au président Rousselet. Il fallait réfléchir à la contrainte technique imposée par François Mitterrand. Sylvain Anichini, jeune ingénieur surdoué, se porte candidat pour assurer le défi. Il lance l’idée à André Rousselet de la « télévision à péage », calquée sur certaines chaînes américaines. Il consulte les recherches effectuées par TéléDiffusion France (TDF). Il tombe sur une technologie dévoloppée grâce à un décodeur "discret". Tout en diffusant sur le réseau hertzien, Canal+ a la possibilité de "brouiller" certaines plages horaires. 120 Francs par mois Il faut maintenant créer les célèbres boîtiers. Plus de 600.000 décodeurs sont fabriqués à l’usine Radiotechnique du Mans. Les...

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Les médias locaux de demain

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Les médias locaux de demain

Le renouveau de la presse 2.0 est en cours. Les nouveaux « joujoux » sont la data-visualisation, le traitement des données, les algorithmes, le robot-journalisme, les contenus éphémères, les vidéos 360° et les applications mobiles. Les nouveaux boss sont Facebook, Google et Amazon. Comment les médias lorrains s’adaptent et intègrent ces nouvelles formes de journalisme ?  Sur Internet, la nécessité d’être les premiers sur l’info, la presse régionale ne l’a pas. Et pourtant, il existe aujourd’hui des logiciels pour optimiser les performances, pour analyser des données, pour mieux anticiper les demandes des lecteurs. Avec un mot clé en tête : uni-for-miser. Data-journalisme, robot-journalisme, applications mobiles… les médias sont devenus friands de ces nouvelles écritures journalistiques. Comprenez des nouveaux moyens de faire du journalisme. Le but : anticiper, prévoir, répondre à des questions sans véritablement comprendre le comment du pourquoi. Se référer aux algorithmes pour améliorer le référencement, retravailler un titre ou mieux cibler les lecteurs. Voila les nouveaux enjeux des rédactions. Mais sont-ils les mêmes en presse régionale ? Repenser la presse écrite Pour Arnaud Mercier, professeur à l'Université Paris 2, la presse quotidienne régionale (PQR ndlr) a un "grand intérêt" à se renouveler et intégrer ces nouvelles formes journalistiques. "Le format de la PQR n’est pas attractif. Le lectorat vieillit et leur enjeu principal sera de réussir à capter un nouveau public plus jeune et plus connecté" résume le spécialiste des médias. Exit les marronniers sur la fête des mères, pour être à la page, il faut s’orienter vers le data-journalisme, créer des contenus mobiles et tester ces nouveaux outils numériques. Un avis partagé par Céline Lutz, journaliste à l’hebdomadaire La Semaine à Nancy. Il y a encore quelques années, on lui disait qu’Internet allait tuer le papier. Aujourd’hui, elle regrette ce côté réactionnaire qui met en péril la presse écrite. "Si rien ne change, la presse écrite régionale n’aura plus raison d’être. Il faut se poser les bonnes questions et ne pas aller à la facilité". Les deux sont unanimes : la survie de la PQR passera par une évolution des pratiques journalistiques. L’idée générale : repenser le journal papier et a fortiori, le fonctionnement de la PQR. "Et si on arrêtait de faire des sujets marronniers", balance la souriante journaliste. "Même si derrière, il y a la réalité économique, avec notamment les annonceurs et la publicité qui nous permettent d’avoir un salaire, il va falloir repenser la PQR, le format et le contenu des articles. Mais bon, on n'en est pas là encore !" conclut-elle. S’inspirer des nouveautés 2007. La première étape du renouveau de la presse s’est déroulée par l’arrivée des pure players. Sur un modèle payant (Mediapart, Les Jours ) ou gratuit (Ijsberg, Slate…), ces sites se démarquent par leurs formes, leurs contenus et leurs lignes éditoriales. Le but : se créer un style, fidéliser un lectorat et s’inspirer des nouveautés. Dans les Vosges, Philippe Jeandel a bien senti le coup. Il crée le groupe Vosges-Info et cible le très local. Ses sites d’infos sont assez basiques mais vont à "l’essentiel" raconte-t-il.  "Les gens veulent de l’info brut et gratuite. C’est ce qu’on leur offre." Par contre, ne lui parlez pas de logiciels, d’algorithmes ou de data-journalisme. Même s’il ne réfute pas l’hypothèse de l’arrivée de ces outils dans le quotidien des journalistes, l'ancienne plume de la Liberté de l'Est reste dubitatif : "Pour être franc, j’ai du...

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Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

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Médias : du mauvais rêve à la réalité...augmentée

Jeux vidéo, publicité, patrimoine culturel, musique... Grâce aux smartphones et tablettes, la réalité augmentée commence, doucement mais sûrement, à trouver sa place dans notre quotidien. Mais aussi dans l'audiovisuel et nos quotidiens... papier.  Et si l'avenir de la presse écrite était... la presse écrite elle-même ? Depuis la création de la Gazette en 1631, la presse hexagonale et le statut de ceux qui la font vivre ont considérablement évolué. Jusqu'à connaître son apogée au début du 20ème siècle. C'était sans compter l'émergence du web au milieu des années 90. Déjà palpable, le déclin du papier s'accélère alors et l'ordinateur, puis le smartphone, le relèguent peu à peu au second plan. Fossoyeur annoncé de la presse, le numérique pourrait pourtant bien être son salut. Un salut qui pourrait notamment venir de la réalité augmentée, technologie permettant d'offrir une expérience interactive à son utilisateur. Ce dernier peut alors voir un objet se matérialiser sous ses yeux ou une image se transformer en vidéo. Mais alors, comment définir le concept de réalité augmentée ? Cela n'est pas si simple. Il s'agit en effet d'un domaine transverse, employant toutes sortes de technologies. Concrètement, celle-ci vise à ajouter des éléments virtuels au monde qui nous entoure, en offrant à l'utilisateur la possibilité d'être immergé dans cet environnement mixte. Et si cette avancée trouve tout son sens dans des domaines comme le marketing, la publicité ou encore les jeux vidéo, la presse commence tout doucement à s'y intéresser. Ouest France, le précurseur Reportage de France 3 Bretagne sur l'application 3D lancée par Ouest France - source : YouTube En France, le premier à se lancer n'est autre que Ouest France,  plus grand quotidien régional de par sa diffusion. Ainsi, le 21 mars 2012, cinq photos prenaient vie sous les yeux des quelques 700 000 lecteurs du journal breton. Lors d'une présentation à Rennes, Daniel Floch, rédacteur en chef adjoint du journal, ne cachait pas son enthousiasme : "La photographie en relief est un processus assez révolutionnaire pour un journal : au-delà du côté ludique et événementiel, il y a un vrai champ d'investigation dans le domaine du business et de la publicité". Bien avant le quotidien rennais, d'autres en Europe, et ailleurs dans le monde, ont cédé aux sirènes de la réalité augmentée. En Allemagne, dès août 2010, le Suddeutsche Zeitung publie un supplément intégrant des illustrations en 3D, des bulles de BD apparaissant sur les photos d'une chanteuse ou encore... la solution des mots croisés. Très visuels, les magazines sont particulièrement adaptés à cette innovation. Ainsi, en 2011, l'allemand Stern se lançait dans l'aventure, tout comme les magazines de mode britanniques Harper's Bazaar, Cosmopolitan ou Company. Entre autres applications, des vidéos de mannequins posant pour des photographes, la vidéo d'une chanteuse ou encore la présentation du magazine par le rédacteur en chef. Au Japon, le journal se partage avec ses enfants - source : YouTube En 2013, le quotidien nippon Tokyo Shimbun privilégie quant à lui une utilisation pour le jeune public, peu familiarisé à la presse papier. But de l'opération ? Rendre l'information accessible à tous en la présentant de manière ludique. Lorsque l'enfant scanne l'article, une mascotte apparait sous ses yeux et le texte, parfois barbare, devient plus limpide. Le tout grâce à une simple application iPhone. "L'ancêtre d'Internet" Si le papier se convertit au numérique, l'industrie audiovisuelle se prend également au jeu. Car...

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La radio augmentée est-elle l'avenir ?

Publié by on 12:41 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

La radio augmentée est-elle l'avenir ?

La radio, comme les autres médias, a vu la révolution numérique débarquer dans les rédactions. Les caméras ont fait leur apparition dans les studios et essayent maintenant de s’adapter à la demande des nouveaux modes de consommation. Si la radio reste encore massivement écoutée sur les supports traditionnels comme le transistor ou l’autoradio, les pratiques évoluent. La proportion des moins de vingt ans écoutant la radio sur les nouveaux supports, smartphones en tête, s’élèvent à presque 30 % (chiffre médiamétrie 2014). Ce chiffre ne devrait aller qu’en augmentant. Pour s’adapter aux modes de consommation, les grandes stations nationales ont décidé d'intégrer de la vidéo à leur média audio. C'est ce que l'on appelle la radio augmentée. Europe 1 a été pionnière en 2012, suivie par RTL en 2013 et enfin France Info en mars 2015. Mais qu’est ce que c'est réellement ? Cyril Destracque, rédacteur en chef adjoint à FranceInfo.fr l’explique simplement : « c’est la radio filmée en direct. La vidéo est enrichie d’un bandeau avec des tweets qui synthétisent l’actualité ». Elle est perçue par les rédactions comme un complément de l’information diffusée pour la rendre plus riche et plus intéressante. Cyril Destracque explique que FranceInfo.fr souhaite aller encore plus loin : « On veut considérablement développer la radio augmentée. On voudrait pouvoir créer des liens sur lesquels les internautes pourrait cliquer et aller directement à la source. C’est un axe où l’on doit progresser pour capter les 15-35 ans".  Pour le rédacteur en chef adjoint à FranceInfo.fr, "la radio augmentée, c'est peut-être l'avenir". Le postulat de départ n'est donc pas que c'est une solution pour s'adapter à la révolution numérique. Pourtant, les grandes radios n'ont d'autres choix que de s'aligner sur l'offre proposée par ces concurrents. A défaut de mieux peut-être. Toutes n'en sont même pas au même niveau de radio augmentée. Sur son site, RTL n’intègre pas directement les tweets et autres infographies directement dans l’image contrairement à Europe1 et France Info. Quelles conséquences ? Au moment du passage sur l'application pour smartphones, il est impossible de voir les tweets. La radio augmentée de RTL est seulement de la radio filmée sans réel intérêt puisqu'il n'y a pas de valeur ajoutée. Europe 1 et France Info restent cohérents sur les deux supports. Cependant seule la chaine publique d'info en continu parvient à avoir une véritable régularité avec vingt-quatre de diffusion contre quatorze pour la station de Lagardère. Les radios ont encore du travail devant elles si elles veulent pouvoir capter un public plus jeune et plus mobile. Seules trois stations nationales s'y sont mises. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation de l’information.   Margaux...

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La radio : contre vents et marées numériques

Publié by on 16:31 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

La radio : contre vents et marées numériques

Les médias traditionnels se meurent. Le numérique, tel l’épée de Damoclès, plane au-dessus de leur tête. Tous ? Non ! La radio et ses ondes résistent encore et toujours à l’envahisseur. Au niveau local, Internet est devenu plus qu’un simple atout. Entre menace et opportunité, il est un moyen d’exister. Dans tous les studios de radio, on ne peut plus y couper. A côté du micro, de la table de mixage, et sous le regard de l’horloge numérique rouge, les ordinateurs ont une place de choix. Leur arrivée n’est pas seulement un gadget supplémentaire : Internet a bouleversé les manières de concevoir, de faire et de consommer la radio. Localement, cette révolution numérique est peut-être encore plus palpable. Pour Tom Braun, l’un des fondateurs de Radio Campus Lorraine (RCL), la fréquence étudiante : "Sans internet, nous n’existerions pas. Quand tu construis une radio en 2012, t’es obligé de passer par la diffusion sur Internet. On est à l’ère du numérique : pour avoir une bande FM, il faut faire ses preuves sur le web".  Un outil devenu indispensable pour les stations : toutes ont leur site sur la toile, et sont actives sur les réseaux sociaux. Médias et Internet : un mariage de raison. Des nouvelles manières de consommer… Si les sites web diffèrent d’une station à l’autre, les contenus sont souvent les mêmes : streaming en direct, podcast, chat. Pour Tom Braun, responsable éditorial d’RCL,  il y a quatre façons d’écouter la radio : "par la FM d'abord : ce sont les auditeurs non fidèles, qui tombent sur la fréquence par hasard, par le streaming en direct où l’auditeur fait la démarche d’aller écouter une émission, par les podcast aussis, c’est-à-dire la réécoute à la demande, et la consommation via article, un contenu multi-support, de supplément aussi". La radio ne s’écoute donc plus seulement sur le bon vieil autoradio et plus question de surveiller l’heure pour ne pas rater les premières minutes des émissions. Parce qu’il revendique sa proximité avec les auditeurs, le support radiophonique a su s’adapter aux évolutions des modes de vie des français. "Ce que permet le web, la FM ne le permettait pas il y a vingt ans. Mais pour ça il faut oser essayer des trucs ! ". Internet est aussi un outil comptable qui permet de visualiser les différents types de consommation : "A RCL, on est à 50 % d'écoute FM et 50 % d’Internet. Mais c’est très variable d’une émission à une autre !". … qui impliquent de nouvelles façons de concevoir la radio RCL s’est imaginée comme une web-radio : "Les radios créées en FM prennent le tournant du numérique, et cela engendre des coûts énormes. Nous, on est d’abord né avec le virage numérique. Notre diffusion principale c’est le web. On s’est construit à l’envers". La radio étudiante revendique cette essence numérique et une création qui est réfléchie à la fois pour le web et pour la FM. Leur objectif : concilier les deux formats différents. "Par exemple, en FM donner l’heure est indispensable, en podcast, l’heure est de toute façon différente" développe Tom. Rien à voir à Fajet ou Radio Caraïb Nancy (RCN), deux radios associatives locales qui font de leur diffusion FM leur priorité. Arielle Christoflau, directrice de RCN : "On privilégie l’antenne à 100 %". Pour la plupart des radios : Internet, c’est un plus. Un outil de communication, pour se faire connaître hors des frontières. Fabienne Marchal, directrice...

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Le robot à l'assaut du journalisme

Publié by on 09:40 in Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

Le robot à l'assaut du journalisme

Avec l’essor du numérique, le robot commence, doucement mais sûrement, à se faire une place dans certaines rédactions. Un temps annoncé comme le futur du journalisme, il émerge plus comme un coopérateur de luxe. Quoique.

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"On ne fait pas que les chiens écrasés !"

Publié by on 20:06 in Les journalismes, Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques, Tout et rien | 0 comments

"On ne fait pas que les chiens écrasés !"

Il cible le « très local » mais se défend de ne faire que ça. « Il », c'est Philippe Jeandel, le fondateur de Vosges-Info, un pure player entièrement gratuit décliné en quatre sites Internet (Gérardmer, Epinal, Saint-Dié, Remiremont) et bientôt cinq (la Plaine des Vosges). Des chiffres en constante hausse (1,3 million de connexions annoncées en janvier 2016 depuis 200 000 postes différents), une santé financière solide... Petit tour d'horizon, avec le principal intéressé, d'une stratégie pas si courante que cela au pays des pure players. Vous êtes un ancien correspondant de La Liberté de l'Est (devenu Vosges Matin). Considérez-vous qu'un pure player comme Vosges-Info, avec sa ligne éditoriale centrée sur l'information micro-locale, est en train de renouveler l'information locale ? "Certains le disent, oui. L'information va vite et je ne crois pas que les gens ont envie d'acheter un journal qui coûte 1 € ou 1,10 € pour avoir une information qui les intéresse de manière partielle. Sur une multitude de papiers, seuls quelques-uns les intéressent. Avec un pure player, l'avantage est que l'information vient directement à eux. Notre stratégie de fragmenter notre site en plusieurs localités permet aux gens de s'y identifier plus facilement. On fait de l'information départementale également mais on garde l'identité du localier qu'on peut retrouver chez les correspondants de la PQR [presse quotidienne régionale]." Finalement, le contenu que vous proposez n'est pas si différent de celui que l'on retrouve dans la presse papier, chez vos confrères de Vosges Matin par exemple... "On retrouve la même chose mais on prend parfois des angles différents. Globalement, on s'intéresse à la vie des associations, des clubs, des municipalités, etc. C'est ce qui plaît aux gens. L'avantage, c'est qu'on est gratuits et qu'on sort l'information immédiatement." Serait-il donc impossible de monétiser le contenu, totalement ou en partie, sur un pure player d'information micro-locale ? "Pas pour l'instant selon moi. Ce qu'on va essayer de faire, en revanche, c'est une levée de fonds. On donnerait la possibilité à nos lecteurs de nous aider en faisant des dons via un onglet que l'on rendrait visible sur notre site Internet. Finalement, on peut considérer qu'on est un service public dans la mesure où on offre aux gens de l'information gratuite. Mais faire payer le contenu, je ne crois pas que ça marcherait. Peut-être que je me trompe..." Finalement, les pure players d'information micro-locale sont assez rares en Lorraine. Pourquoi ? "Il y a bien Tout-Metz mais c'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup. LorActu essaye de le faire mais ils n'ont aucune crédibilité selon moi. Nous, notre politique, c'est le terrain et la proximité avec les lecteurs, les associations, les élus, etc." Le piège, plus que pour des médias nationaux ou traitant l'information sur un terrain plus vaste, n'est-ce pas justement d'être trop proche des gens ? De tomber dans la connivence ? "Pas forcément. En ce moment, je suis sur une grosse affaire à propos de laquelle on m'a demandé de ne pas parler. Ça ne va pas m'empêcher de le faire. Bien sûr, on est dans une proximité qui fait que, parfois, on n'a pas envie de charger la mule. J'ai beau être proche du maire de Gérardmer (Stacy Speissmann), ça ne m'empêchera pas d'en parler si un jour il dérape par exemple. Au niveau national, on peut écrire n'importe quoi sur n'importe qui ou...

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BuzzFeed vs Le Monde.fr, même combat ?

Publié by on 13:21 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

BuzzFeed vs Le Monde.fr, même combat ?

Topito, BuzzFeed, Démotivateur. Les sites d’« infotainment » occupent une place importante sur les réseaux sociaux, et Facebook en particulier. Pour autant, peut-on les considérer à part entière comme journalistiques ? Ces sites sont en tous cas révélateurs d’un mode de consommation différent de l’information sur le web. Ils ont su mêler pureplayers et humour. A coups de "Tops", de photos "irrésistiblement bizarres" ou encore de gifs animés. Internet a modifié les modes d’écritures et de diffusion du journalisme. Des styles différents ont alors éclos, à la manière de ce que proposent Vice, Brain Magazine ou Le Gorafi. Ce genre de sites d’infotainment est apparu aux Etats Unis avec le désormais très célèbre BuzzFeed. Un site construit d’abord grâce à des articles sous forme de listes au fort potentiel viral. Pêle-mêle : "24 moment historiques qu'on n'oubliera jamais", "21 photos qui ne parleront qu’à celles qui étaient ado dans les années 2000" ou encore "18 expressions qui vous feront retomber en enfance". Pour Jonah Peretti, le fondateur du BuzzFeed, le succès de sa start-up s’explique en ces termes : "nous créons des contenus que les gens veulent partager avec leurs amis".   Les réseaux sociaux sont donc arrivés à point nommé : ils représenteraient plus de la majorité du trafic du site en 2013, soit près de 80 %. Par ailleurs, jusqu’en 2011 BuzzFeed n’est qu’un agrégateur de liens. L’accent est alors mis sur la production de contenus. Puis, l’arrivée de Ben Smith, blogueur vedette du site d’information politique Politico, permet à BuzzFeed de développer des contenus plus sérieux. Exemple : le scandale des matchs truqués dans le tennis,  révélé en janvier dernier. Des révélations de la BBC et de BuzzFeed qui ont ébranlé le monde du tennis et qui a fait l’actualité durant plusieurs semaines. En 2012, le site avait obtenu son premier scoop d’envergure, en révélant que l'ancien candidat à la maison blanche, John McCain allait soutenir Mitt Romney dans la course à l’investiture républicaine. Pour justifier la culture du LOL, WTF ou OMG dont BuzzFeed est tout de même le pionnier, le site utilise le terme  "bored-at-work network", c’est-à-dire les gens qui surfent sur internet quand ils s’ennuient au travail. Racoleur, et pas toujours drôle Se servir de l’actualité pour en tirer du contenu divertissant. Voilà le credo de Topito. Un site créé en 2006, et dont la particularité est de faire des listes appelés "tops" .  C’est-à-dire des listes hiérarchisées sur n’importe quel sujet. Laurent Moreau, l’un des deux créateurs de Topito explique dans un article de 20minutes.fr  les grandes lignes du site aux tops : "c’est 50 % de création et 50 % de curation". Il parle également de cette notion d’infotainment, inhérente à son site : "Sur Topito on apprend des choses (des fois). Et d'autres fois pas du tout, mais on y trouve surtout des informations drôles, insolites, et utiles." Démotivateur, lui, a été créé en 2010. Il revendique un partage chaque seconde sur les réseaux sociaux et par "sa façon différente de lire et décrypter l’actualité en surfant sur l’émotion du lecteur" pouvait–on lire dans l’article de 20minutes.fr : "Ces sites d’infotainment ont réussi à tisser leur toile". En réalité, il s’agit d’un site racoleur au possible avec des articles comme : "Voici 11 anecdotes émouvantes qui ne vont pas vous laisser insensibles, la 4 est incroyable !", "Ces 31 photographies du président américain Barack Obama avec sa femme Michelle vont vous faire craquer !" ou...

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Drone : la petite caméra volante qui révolutionna le journalisme

Publié by on 20:09 in Médias, Médias à la loupe, Nouvelles pratiques | 0 comments

Drone : la petite caméra volante qui révolutionna le journalisme

On connaît déjà le drone de combat et le drone civil. Mais depuis quelques années, un nouvel objet a fait son apparition parmi les pratiques journalistiques : « le drone journalisme ». En 2013, beaucoup de rédactions, les unes après les autres, l'expérimentent. Effet de mode ou vraie révolution, qu'en est-il aujourd'hui ? "Les drones offrent clairement des points de vue inédits jusqu'ici inaccessibles" lance Fred Marvaux, photographe indépendant à Nancy. "Les images sont magnifiées ", surtout quand il s'agit de paysage comme le Mont-Saint-Michel, filmé lors du tour de France 2013 pour France TV sport. "L'objet offre une fluidité de l'image et une qualité plutôt esthétique" s'accorde Grégory Barbier, journaliste à la cellule web de l'Est Républicain. "Et c'est ce critère qui fait que le lecteur-téléspectateur-internaute s’intéresse au sujet". Dernier exemple en date : la dévastation de la ville de Homs, en Syrie, filmée rue par rue, par un drone russe. La prise de vue atypique rend compte différemment de la situation et offre au public une approche peu commune de l'information. Elle attire l’œil, par son niveau de lecture différent d'un reportage en immersion totale, qu'il soit audiovisuel ou écrit. En mars 2013, l'Express est le premier média français à utiliser la petite caméra volante à des fins journalistiques. Conscientes des avantages, les rédactions s'approprient petit à petit le phénomène. Trois mois plus tard, c'est au tour de la chaîne BFMTV de diffuser des images des dégâts causés par la crue dans la ville de Lourdes : "une visibilité inédite sur la ville sinistrée." Les magazines d'information suivent le pas. "À France TV, les images vues du ciel s’intègrent aux plans des reportages du 13h ou dans les longs formats diffusés par Envoyé Spécial", explique Arnaud Salvini, journaliste à France 3 Lorraine- Sud. Vues comme un complément d'information, les images issues d'un drone se répandent "mais en région, nous ne nous rêvons pas encore de drones dans nos reportages d'actualité". Toutefois, l'antenne de France 3 en a fait l'expérience récemment en diffusant via sa page Facebook, une vidéo montrant une collision entre un train et un camion à hauteur de Beuveille (54). Réalisée avec un drone, la vidéo est "un vrai succès, avec près de 400 000 vues" ajoute Jean-Christophe Dupuis-Rémond, responsable de la cellule web de France 3 Lorraine. Une réglementation drastique Maniabilité et accessibilité, les professionnels semblent unanimes quant à l'utilisation du drone. Mais derrière les qualités, se cachent parfois (souvent) des défauts. Début 2014, Hans, lycéen, réalise une vidéo de Nancy vue du ciel à l’aide d’un drone équipé d’une caméra. L'image est remarquable, inédite et des plus réalistes. À l'époque, la vidéo postée sur Youtube comptabilise près de 400 000 vues en l'espace de quelques jours. Mais le jeune homme est vite rattrapé par la direction générale de l’aviation civile (DGAC), puis convoqué par la gendarmerie. En cause : la législation qui encadre l’usage des drones, notamment l’arrêté du 11 avril 2012. Depuis le 1er janvier, la réglementation a évolué. Deux nouveaux arrêtés sont en vigueur.   Un effet de mode Jean-Christophe Panek porte un tout autre regard sur l'objet volant. Journaliste à France 3 Lorraine-Nord, il travaille au quotidien avec des journalistes reporter d'images : "Les drones peuvent devenir un sérieux concurrent pour eux car demain ces engins feront dix fois mieux. Notamment sur des situations de faits divers ou de...

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"Redonner vie aux murs"

Publié by on 22:58 in CULTURE, Ici et là | 0 comments

"Redonner vie aux murs"

Redessiner Nancy à coups de bombes et de couleurs ! Cette année, les graffeurs ont envahi murs, sols et rues. Un moyen de donner à cet art de rue ses lettres de noblesse : de l’illégalité à une reconnaissance artistique, ou comment l’art permet de se réapproprier l’espace urbain. Au placard les sweats à capuche et l’image du vandale ! Longtemps considéré comme un signe de dégradation, le street art connaît aujourd’hui une reconnaissance nationale. Ce mouvement artistique contemporain se manifeste de manière éphémère dans la rue ou les lieux publics. Cette reconnaissance se lit aussi dans les rues de Nancy, où l’été 2015 a été placé sous le signe du "street art". Le but : solliciter des artistes locaux et internationaux pour mettre en valeur la ville. L’intérêt ? Susciter des échanges avec les passants. "On a donné au street art une dimension qu’il n’avait pas." confie Raphaël Vuitton, conseiller municipal délégué à la culture et à l’art à Nancy. L’initiative est le résultat d’une convergence d’intérêts, ceux de la ville, des associations culturelles, artistes, riverains et commerçants. Le choix s’est porté sur l’urbain car il correspondait au programme politique du maire de Nancy, Laurent Hénart. "On s’est dit : on y va, on se lâche !" continue le conseiller municipal. "Le but était de trouver un projet cohérent pour la ville, et de faire quelque chose qui ne se faisait pas".   De la rue des Ponts à la "rue des lignes"   Première réalisation : la fresque de David Walker, représentant un visage de femme. Elle a été suivie par le Big Jam, rassemblement éphémère de 40 artistes sur les anciens sites Alstom. Et, à la rentrée de septembre, c’est au tour de la rue des Ponts : "C’était une demande des commerçants. Le but était de redonner à la rue sa vocation piétonne. Le street art, ce n’est pas simplement de l’esthétique" poursuit Raphaël Vuitton. "Les gens avaient du mal à se projeter à cause du bitume classique" ajoute Camille Tourneux, professeur à l’Ecole d’Architecture de Nancy. Les artistes ont investi l’espace pendant quelques jours. Le professeur a travaillé avec 6 élèves sur ce projet : "Les lignes donnent un aspect graphique à la rue qui est très intéressant." Pour le gérant du restaurant Le Merle Blanc : "Ça donne une identité à la rue que les autres n’ont pas. Quand on parle de ‘la rue des lignes’, on la visualise tout de suite." Il explique qu’ "il y a eu une réunion préalable. La rue avait beaucoup de potentiel artistiquement parlant." Pas de clients, ni de chiffres d’affaires en plus, mais un véritable "coup de gaieté".   Trois questions à… Clémence Diedrich, étudiante en L3 à l’Ecole d’Architecture de Nancy qui a participé au street painting rue des Ponts : 1. Qu’est-ce que ça t’a fait de participer à l’élaboration d’une oeuvre artistique dans la rue ? "Quand on te propose de bosser avec des artistes reconnus et de mettre la main à la pâte... Tu n'hésites pas ! À l'école, nous sommes vraiment sensibilisés à l'art dans la ville pour beaucoup de raisons. En troisième année, on travaille tout un semestre sur un projet urbain. Le street painting répondait à toutes les questions que ça implique." 2. Qu’as-tu pensé du travail final ? "J'ai beaucoup aimé ! Au début, je pensais que nous allions davantage investir les lieux. Un peu déçue de voir qu'on faisait...

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Non, tous les jeunes n’ont pas voté FN !

Publié by on 11:43 in Billet | 0 comments

C'est indéniable, le FN a réalisé un score historique. À la lumière d’une étude réalisée juste avant le premier tour des élections régionales, l’institut de sondage Ipsos-Sopra Steria avait vu juste. À quelques chiffres près derrière la virgule. Une étude assez fiable qui prévoyait un score de 27,2 % pour le Front national et qui, après décompte est de 27.73 %. Parmi ces électeurs : une part importante de jeunes. Ils ont entre 18 et 24 ans et sont près de 35 % d’entre eux à avoir voté pour le Front national ce dimanche. C’est un fait, mais ce n’est aussi qu’un chiffre. Un chiffre qui provoque les réactions et soulève les avis. La génération Y, celle qui prône la liberté d’expression, la création, l’innovation, l’invention, la solidarité à travers les réseaux sociaux, serait finalement, dans les actes, en contradiction avec ce qu’elle pense ? Stop aux généralités, ne mettons pas tout le monde dans le même sac. Enfin, ne le négligeons pas : ils sont aussi 66 % à s’être abstenus. Oui, l'abstention aussi élevée parmi cette génération permet de nuancer les chiffres. Bien heureusement. En sachant que les 18 - 24 ans représentent 15 % du corps électoral, on compte à peu près 6,8 millions d'inscrits soit 4,5 millions de jeunes abstentionnistes. Alors, si on calcule bien, sur les 2,3 millions de jeunes restant, 805 000 personnes ont plébiscité le Front National. On est bien loin du « un jeune sur trois ». Les 35 % ne représentent qu’une minorité face au 66 % d’absents. Et après tout, l’abstention n’est-elle pas aussi une forme...

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