Nancy : des étudiants s'engagent pour les sans-abris

Aide alimentaire spontanée, soirées caritatives, associations : certains étudiants nancéiens viennent en aide aux plus démunis. Des initiatives qui ne se cantonnent  pas toujours à la période hivernale.

À l’école d’ingénieurs des Mines, l’engagement étudiant est présent. Au milieu des associations entreprenariat “qui font bien sur le CV”, l’humanitaire est “une valeur importante” pour Imane Hamdi, vice-présidente de l’association HumaMines. Club du bureau des étudiants (BDE) à sa création en 2010, HumaMines a pris son indépendance associative il y a 3 ans. Imane, Julien, Mélanie, Agathe et Asmae ont la vingtaine et chapeautent les différents clubs de l’association (qui possèdent également un bureau propre) : Handi’Mines s’occupe de l’intégration des étudiants handicapés, Burkin’action lève des fonds pour la création d’écoles au Burkina Faso ou encore les concerts rock Le Perno dont les fonds permettent d’offrir des cadeaux aux enfants hospitalisés.

Des étudiants se mobilisent pour les sans-abris

HumaMines s'associe aux Restos du cœur dans diverses actions. Crédit : Corbis

Depuis peu, HumaMines travaille en association avec Les Restos du Cœur. Chaque année, l’école des Mines organise un week-end d’intégration pour les étudiants étrangers. “La participation coûte 5€ et l’intégralité des fonds sont reversés aux Restos, explique Imane Hamdi. L’année dernière, presque 400€ avaient été donnés. Cette collaboration est d’abord une initiative des Restos. “Ils ont très peu de jeunes avec eux, la plupart ont la cinquantaine ou sont en retraite, constate Imane. L’année dernière nous sommes aussi allé les aider à faire leur collecte dans les grandes surfaces pendant plusieurs week-end”. La jeune femme ne se leurre pas non plus, cette collaboration avec les Restos leur est aussi bénéfique. Elle leur permet d’obtenir des subventions pour mener à bien leurs projets : “Ça montre que notre association a une portée qui ne se contente pas du cercle étudiant.” Mais l’association fait face à la difficulté de recruter de nouveaux membres. “L’idée de l’humanitaire plaît mais l’engagement sur le long terme en refroidi beaucoup, souligne l'étudiante. Pourtant, ça en vaut la peine et quand on s’organise bien, c’est tout à fait faisable.”

“Je ne suis pas là pour les juger”

Si HumaMines a un statut associatif officiel, d’autres étudiants agissent de leur propre initiative. Mebeline Godenir, étudiante en psychologie à l'Université de Lorraine, distribue repas et boissons chaudes aux sans-abris chaque hiver. “Ça m’est venu comme ça, après avoir lu un article sur internet, j’ai décidé de me lancer.” Depuis deux ans avec une amie, elle arpente les rues de Nancy durant la période de Noël, et tente de venir en aide aux plus démunis. “Parfois, ils refusent”, déclare-t-elle. D’autres sont agressifs et dénoncent un acte qui sert de “bonne action de l’année”. Mebeline ne se considère pas ainsi. Elle donne régulièrement des vêtements et de la nourriture lors de collectes de dons. “Je ne leur en tiens pas rigueur, je ne suis pas là pour les juger”, assure-t-elle. Des liens se créent même avec certains sans domicile fixe. Elle les croise régulièrement dans la rue et discute avec eux. “La plupart sont super sympas, d’autres sont étrangers, alors on ne peut pas vraiment parler avec eux, avec la barrière de la langue.” Dans quelques semaines, elle recommencera de nouveau sa distribution de vivres.

 Des associations nancéiennes d'aide aux sans-abris

Maya DIAB et Anaïs LECOQ

Author: Anaïs Lecoq

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