Etienne Petitjean : "Mon handicap n'a jamais été un frein"

Étienne Petitjean est atteint d'une forme rare de myopathie. Une maladie génétique qui ne l'a pas empêché de réaliser sa passion. Aujourd'hui, il est responsable informatique du laboratoire de l'ATILF (analyse et traitement informatique de la langue française) à Nancy et vit comme "Monsieur tout le monde".

étienne Petitjean

À 44 ans, Étienne Petitjean valorise ses compétences et fait oublier son handicap. (Crédit photo : Marine Prodhon)

 

"Je n'ai pas pu partir aux USA, travailler dans la Silicon Valley", remarque avec le sourire, Etienne Petitjean. Un de ses rêves d'adolescent, un peu insouciant. Le quadragénaire n'aura pas laissé tomber sa passion pour autant. Après un baccalauréat B (économique et social), passionné d'informatique il crée sa propre entreprise avec une bande d'amis ! Une société consacrée à la conception de jeux vidéo, qui résistera six ans avant de tomber sous le poids économique. "Désormais je ne les confectionne plus, mais j'aime encore y jouer" souligne Etienne Petitjean.

Suite à cette expérience, il  travaille un an dans un laboratoire de recherche public en informatique et se réoriente en DUT informatique. En complément, il prend des cours du soir au conservatoire national des arts et métiers (CNAM), avec lesquels il  obtient le Graal : son diplôme d'ingénieur.

Un parcours impressionnant ! D'autant plus, lorsque l'on sait que ce même homme souffre d'une maladie génétique de dégénérescence musculaire. Un handicap qui ne lui a jamais porté préjudice dans son travail. "Mon handicap n'a jamais été un frein dans ma vie professionnelle" explique-t-il. Pour lui, il induit pourtant de s'adapter quotidiennement aux évolutions et d'anticiper les choses. Un problème s'est d'ailleurs posé lors de son recrutement sur concours pour son poste actuel. En 2003, le bâtiment ne disposait pas d'ascenseur, le CNRS en a donc fait installer un et a anticipé dans un même temps la loi sur l'accessibilité (2005).
Étienne Petitjean dispose de sa propre voiture qu'il utilise pour les loisirs. La semaine, il se rend au travail  avec le service de transport GIHP (groupement pour l'insertion des personnes handicapées), du réseau STAN, une manière pour lui de se sentir "comme monsieur tout le monde".

Loisirs et accompagnement

Étienne Petitjean compte d'autres passions que l'informatique.  C'est un fervent consommateurs de sport, collectif surtout (football, basketball, …) classique ou handisport. Il aime écouter de la musique à ses heures perdues, mais regrette de ne pouvoir en jouer du fait de son handicap. "Si j'avais pu jouer d'un instrument, j'aurais sûrement choisi la guitare électrique" affirme-t-il.

Ce responsable donne de son temps, dès qu'il le peut à un foyer d'hébergement pour travailleurs handicapés.  Il en est l'administrateur et le trésorier. Une vingtaine de personnes (soignants plus l'équipe de direction) est employée dans l'établissement. Ce système facilite la vie des étudiants en situation de handicap car ils bénéficient notamment d'accompagnement pendant les cours. "J'ai utilisé moi-même ce service quand j'étais étudiant en IUT, je pense que c'est bien de redonner du temps à quelque chose dont on a pu bénéficier" s'explique Étienne Petitjean.
À ses étudiants, craignant pour leur avenir vu le taux de chômage deux fois plus important qui touche les personnes handicapées, Etienne Petitjean a envie de dire : "Qui ne tente rien n'a rien, soyez meilleurs que les autres, montrez que la compétence professionnelle dépasse le handicap, soyez volontaire et ayez la niaque, c'est plus important que jamais".

Author: Marine Prodhon

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