Les doux tortionnaires de la démocratie

Loin de tétaniser Valls, les attentats de janvier, et a fortiori, ceux du 13 novembre, l’ont électrifié. Dans sa fougue si caractéristique, le chevalier blanc a enfourché le thème du tout sécuritaire. A bride abattue, l’Assemblé et le Sénat ont voté une nouvelle loi sur le renseignement. Encore une. Un Patriot Act à la française, là où les Américains, plus de dix ans après, sont revenu dessus. Déçus par l’efficience de la collecte massive des données de leurs citoyens.
Dans un sentiment de peur primaire, les Français ont fermé les yeux, refusant de voir une vérité en face. Nous avons détourné le regard, moins par complaisance que par passivité. Embourbés dans une torpeur post-attentats. Mollesse vicieuse et confortable. Nous avons autorisé tacitement  notre propre surveillance de masse, par des boites noires, notamment. Quel joli nom d’ailleurs pour un trou noir qui engloutit toutes vos données.  Les plus naïfs argueront que cela est contrôlé par des magistrats. La vérité est toute autre. Un courrier sur le bureau du premier Ministre suffit. Dans le cas des IMISI catcher, qui siphonnent toutes les conversations alentour, il suffit juste de prouver qu’il y a un soupçon « d’atteinte à la sécurité National ».
Journalistes, avocats, médecins, citoyens, tous nous sommes concernés. Il n’y a plus de garde-fous. Les fous, au pouvoir, eux peuvent trifouiller cette machine et, en tortionnaire de la démocratie  lui feront dire : « c’est pour votre sécurité ».

Author: BLAN

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