Canal+ : innover pour mieux régner

 A l'occasion des trente ans de Canal+ fêtés cette année, retour sur l'innovation qu'a instauré la chaîne.

Canal+, à son lancement, dit d’elle-même qu’elle est une "chaîne pas comme les autres", où cinéma et sport ont une place prépondérante. S’instaure alors un système de multidiffusion des films récents du cinéma international, comme l’indique le journal Les Echos. La chaîne est la première à investir dans le cinéma. D’ailleurs, en 1987, la "4" a créé une filiale de coproduction de film cinématographique : Canal+ productions, qui deviendra par la suite Le studio Canal. S’ajoute à cela l’apparition du premier film pornographique à la télévision, Exhibitions 1, en août 1985. D’ailleurs, il y avait des films X le premier samedi soir de chaque mois. On ne voyait cela sur aucune autre chaîne. Cela sortait donc de l’ordinaire pour le PAF. Canal+ le disait lors de sa promotion, beaucoup de personnes se sont abonnées pour cette raison. La chaîne a révolutionné la retransmission sportive à la télévision par sa multitude de couvertures mais aussi par sa nouvelle manière de présenter le sport. Cinq caméras étaient présentes lors du premier match de football sur les écrans, qui opposait Nantes à Monaco, le 9 novembre 1984. Dans cette lancée, le golf fait lui aussi son apparition, dès le 13 avril 1986, avec le Masters de Golf et le Trophée Lancôme. Canal+ ne s’arrête pas là. Il était possible de voir du basket, du handball, de la boxe, de la voile et des courses automobiles entre autres. La "4" a d’ailleurs obtenu en exclusivité, les droits de diffusion du championnat du Monde de Formule 1 le 14 Février 2013. Le fait que la chaîne sponsorise des sports, permet aux téléspectateurs d’avoir accès au direct des rencontres sportives à la télévision.

 

La première du "7/9", animé par Michel Denisot.

La première du 7/9, émission animée par Michel Denisot.

Un ton nouveau
Parallèlement s’est mis en place "l’Esprit Canal", un souffle nouveau sur l’humour à la télévision. Les Nuls, Antoine de Caunes, Coluche ou encore Les Guignols de l’Info y sont pour quelque chose. Les Guignols de l’Info en sont l’exemple le plus frappant. Initialement appelée L’Arène de l’Info, l’émission parodie un journal télévisé en égratignant tous les responsables politiques et les célébrités. On se souvient tous de la célèbre "Boîte à coucou" de Johnny Halliday ou le slogan "Mangez des pommes" de Jacques Chirac. L’impact est tel que certains spécialistes écrivent que la victoire de Chirac en 1995 est due en partie à l’image diffusée par les Guignols. De nombreuses émissions imposent un ton nouveau, comme Rapido d’Antoine de Caunes. Avec un phrasé ultra-rapide et des reportages façon "anglo-saxonne", de nombreux téléspectateurs s’identifient à l’esprit de la chaîne.

 

Créativité
Concernant le domaine musical, les téléspectateurs ont pu découvrir, par le biais de l’émission Top 50, les clips vidéo des 45 tours les plus vendus en France, grande nouveauté pour le PAF. La "4" innove également côté jeux. Entre nouveautés et idées loufoques, l’appât du gain est le plus souvent la finalité de ces programmes. Preuve en est avec Les affaires sont les affaires, se déroulant dans un supermarché où les candidats doivent répondre à des quizz pour de l’argent, ou encore Tout s’achète, dont le but est d’accoster les gens dans la rue afin de leur acheter n’importe quoi, peu importe le prix. Quant aux talk shows, ils sont très présents sur la chaîne. L’histoire retiendra 7/9, première émission matinale à la télévision, mais aussi  Direct centrée sur l’actualité, Zenith sur la variété, ou encore Nulle Part Ailleurs.

L’innovation de la chaîne tient surtout à sa créativité. "Au risque de perdre des abonnés, nous avons accepté d’ouvrir des plages horaires en clair, pour désarmer les critiques d’une partie de la gauche contre cette télévision payante. Là se sont installées des émissions comme "Objectif nul" ou les "Guignols de l’Info". Les téléspectateurs ont aimé ce ton nouveau, cette manière personnelle et impertinente de parler de l’actualité, qui, encore aujourd’hui, résiste à l’usure du temps", raconte André Rousselet, ancien directeur de Canal+.

Guillaume Béars, Adeline Divoux et Kim Minet

Author: Adeline Divoux

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